Dodge Data & Analytics met à disposition un rapport sur les tendances mondiales de la construction et du développement durable 2018

Tendances mondiales de la construction et de la construction écologique 2018

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore lu, Dodge Analytics met à disposition un rapport SmartMarket intéressant qui est le quatrième d’une série examinant les tendances de la construction écologique à l’échelle mondiale, y compris des données uniques de 19 pays. Il comprend de nouvelles données sur la construction durable, des articles de fond sur le développement durable et une section spéciale sur les technologies vertes. Certains exemples mettent par ailleurs en avant l’utilisation du processus BIM pour faciliter les calculs et la conception d’architecture performantes et efficaces d’un point de vue énergétique.

Autodesk, très impliquée dans le développement durable depuis de nombreuses années a soutenu le développement de ce rapport passionnant.

Les points mis en avant comprennent :

  • Niveaux d’activité de la construction durable, ainsi que les moteurs et les obstacles afférents, à l’échelle mondiale et sur les marchés locaux
  • Données transversales sur les avantages commerciaux de la construction écologique
  • Nouvelles données sur les avantages de la certification et les produits et systèmes les plus utilisés dans les projets green

Le chapitre sur les technologies green présente des informations approfondies de 10 experts sur les tendances actuelles et futures des technologies de construction durables. Deux études de cas mettant en évidence l’utilisation de technologies avancées et de processus de type BIM pour améliorer les performances des bâtiments écologiques et un article de fond sur les villes existantes qui deviennent des villes intelligentes.

Dodge Analytics a en outre créé des rapports régionaux pour neuf zones mondiales distinctes. Ces courts rapports, tirés des données publiées dans le rapport SmartMarket World Green Building Trends 2018, se concentrent sur les conclusions de 19 pays et peuvent être téléchargés ici.

  • Les données de quatre pays sont analysées séparément, dont l’Australie, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud
  • Les données de 15 pays sont analysées dans cinq rapports régionaux, dont l’Europe, le Moyen-Orient / Afrique du Nord, l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et les Caraïbes et l’Asie du Sud-Est
  • Chaque rapport comprend des conclusions sur l’activité de construction verte et les secteurs pour la croissance future, les facteurs d’influence et les avantages.

Découvrez le rapport global en cliquant ici.

Découvrez le rapport pour l’Europe en cliquant ici.

Autodesk impliquée dans le développement durable partenaire d’EnerJMeeting 2019 – A l’affiche, Eiffage, GSE et No Man’s Land Architecture viendront nous présenter des projets durables, beaux et vertueux

La Société Autodesk est très impliquée dans la réduction de l’empreinte carbone et le développement de solutions permettant de concevoir des bâtiments durables depuis sa création. Fidèle à ce rendez-vous de l’efficacité énergétique, Autodesk sera partenaire de ce bel évènement pour la troisième année consécutive. Venez rencontrer les Experts d’Autodesk le 6 février 2020 à EnerJmeeting 2020, Journée de l’Efficacité Energétique et Environnementale du bâtiment !

Dédié à la prescription, il se deroulera en plein cœur de Paris dans le lieu mythique du Palais Brongniart (ancienne Bourse de Paris).

Cette journée attend plus de 2 150 décideurs de la maîtrise d’ouvrage et de la maîtrise d’œuvre du bâtiment, avec une édition qui comprend 3 salles de conférences animées par plus de 50 conférenciers référents. Vous pourrez faire le point sur la réglementation et les tendances pour 2020, rencontrer les instances de l’Etat, les maîtres d’ouvrage et décideurs clés du bâtiment et échanger avec les responsables prescription des exposants dont Autodesk fait partie.

Autodesk partenaire de l’évènement aura la chance d’animer une conférence d’1H15 à partir de 12H00 au RDC de l’Espace Sud, où vous pourrez venir écouter trois beaux témoignages :

No Man’s Land Architecture dont la fondatrice laurence Bonnevie est la Présidente de la Fondation Maison Passive et qui est une experte de la conception de maisons passives. Elle parlera de l’un de ses projets conçu en BIM avec Revit.

La Société GSE, plus grand contractant général de France et filiale du leader allemand de la préfabrication Goldbeck nous parlera du projet « CECODIA PIPER » labellisé Bepos Energie 2017, situé à Avignon dont l’architecte est la société Apside.

Enfin, Eiffage Construction et Eiffage Immobilier présenteront le beau projet Hypérion, plus haute tour de logements en bois de France conçue par l’agence d’Architecture VIGUIER et lauréat de plusieurs prix dont le BIM d’or 2019. Il y sera entre autre question de suivi de l’ADN des arbres utilisés pour le projet dans la maquette BIM et beaucoup d’autres points positifs relatifs au développement durable dont la certification E+ C- rendus possibles grâce au BIM.

Projet Hypérion : MOA : Eiffage Immobilier I Entreprise : Eiffage Construction I Architecte : VIGUIER

Inscriptions réservées aux maîtres d’ouvrage et aux maîtres d’œuvre sur www.EnerJ-meeting.com

Découvrez le programme complet au format PDF en cliquant ici.

Avec cette 4ème édition, EnerJ-meeting reste fidèle à sa vocation de rassembler chaque année les acteurs clés du bâtiment pour faire le point sur les tendances énergétiques et environnementales en construction et rénovation, avec au rendez-vous, des rencontres, échanges et retours d’expériences concrets !

Pour cette édition 2020, il s’agira de sortir de sa zone de confort pour construire et rénover le « bâtiment 2020 Ready 2050″ : tel est le thème de cette édition exceptionnelle qui vous attend le 6 février prochain.Au plaisir de vous y retrouver ! »

Site officiel d’EnerJmeeting ici.

Inscription gratuite et payante selon conditions en cliquant ici.

Dans son rapport 2019, l’EFCA nous parle des futures tendances dans le secteur de l’Ingénierie

Préparer les pratiques du futur dans l’ingénierie

Pour réussir à l’heure actuelle, on ne peut plus se permettre de continuer à travailler à l’ancienne. Il est primordial d’innover et de concentrer ses efforts sur ce que nos concurrents ne font pas encore afin de toujours avoir au minimum une longueur d’avance. Dans ce deuxième livret annuel sur les tendances futures publié par l’EFCA, les nouvelles approches qui perturbent le secteur mondial de l’AEC sont explorées avec attention.

A propos de l’EFCA

L’EFCA, Fédération européenne des associations de conseil en ingénierie est la seule fédération à représenter l’industrie du conseil en ingénierie en Europe. Fondée en 1992, l’EFCA compte des associations membres dans 28 pays européens dont la Fédération CINOV pour la France, représentant plus de 10 000 entreprises et plus d’un million de collaborateurs en ingénierie et services associés.

Préserver les métiers et savoir-faire, mais encourager l’innovation

Une Fédération telle que l’EFCA, embrasse et encourage ces tendances, car elles sont inévitables pour l’avenir et la survie, voire l’évolution de ces métiers. La seule constante reste le changement mais la vitesse de ce changement augmente de façon incontrôlable depuis quelques temps. L’objectif du livret mis à disposition par l’EFCA est d’informer les professionnels de l’AEC européens sur les possibilités et les opportunités de cette disruption et aux conséquences possibles si on l’ignore.
Des nouvelles formes de structure organisationnelle devront être mises en place. Ces évolutions ne peuvent réussir qu’avec la préservation des principes éthiques fondamentaux qui sont au cœur des professions de l’ingénierie.
L’EFCA défie l’industrie de l’ingénierie d’avoir le courage de se transformer, d’abandonner les schémas préconçus, d’adopter de nouveaux modèles et d’essayer de nouvelles expériences qui leur permettront d’évoluer véritablement en tant qu’industrie et société.

En 2018, l’étude se concentrait sur l’IA (intelligence artificielle), la robotique et les nouvelles technologies. En 2019, elle s’est essentiellement intéressée à la collaboration avec entre autres la façon de travailler sur de nouveaux sujets tels que le big data, les tableaux de bord ou encore la technologie virtuelle pour travailler en interne mais aussi avec des clients.

Transformation, la clé de demain

La transformation ne sera évidemment pas aisée. Il y aura de nombreux défis et obstacles liés à ces tendances futures. Ils doivent être conciliés avec le cadre juridique, réglementaire et les précédents de responsabilité qui ont à la fois contraint et protégé pendant de nombreuses années le secteur. Le BIM est fortement abordé dans ce document, avec de nombreux conseils et bonnes pratiques.

Briser le statu quo est toujours un défi de taille mais il est nécessaire pour ne pas risquer la mort des métiers de l’ingénierie.

Découvrez ce rapport passionnant de l’EFCA en cliquant ici.

Autodesk partenaire de la 5ème édition du Concours étudiant BIM’SE 2020 qui devient national. Inscrivez-vous !

Trois jours de concours autour d’un sujet en relation avec la ville de Saint-Etienne en utilisant la méthode de travail du BIM. 

L’association BIM’SE a été fondée en 2015 par un groupe d’étudiants stéphanois accompagnés par le référent informatique de l’école d’architecture de Saint-Etienne Lionel Ray pour une première édition du concours qui s’est déroulée en 2016. Autodesk France est partenaire depuis les premières éditions de ce concours de renom pour les étudiants. Il se déroulera en 2020 les 17, 18, 19 et 20 mars.

De nombreuses écoles impliquées

Devant l’émergence du BIM en France et son impact sur tout le secteur de la construction, il fallait un moyen pour sensibiliser les étudiants à cette méthode. L’idée d’un concours BIM était née et BIM’SE fut créé. Face à la pluridisciplinarité des acteurs dans la conception d’un bâtiment, l’événement s’est efforcé de refléter cette diversité. Des liens se sont alors établis et ont été renforcés entre différentes Ecoles Supérieures de Saint Etienne tel que l’Ecole des Mines, l’ENISE, le CFA…

Une mixité des disciplines

Le résultat de cette collaboration : des équipes concours mixtes professionnellement permettant aux différents participants d’expérimenter le travail de groupe entre différents domaines d’étude. Ces équipes vont travailler pendant trois jours consécutifs autour d’un projet ancré sur le territoire stéphanois, défini en collaboration étroite avec la mairie de Saint Etienne selon des problématiques actuelles.

Des technologies BIM avancées

Les vainqueurs des précédentes éditions ont principalement Autodesk Revit, ainsi que d’autres technologies Autodesk et d’autres éditeurs pour les solutions tierces, ce qui dénote à nouveau l’excellence de cette solution BIM qui permet des échanges en openBIM au standard IFC optimaux.

Des tables rondes et des débats riches

Pour alimenter la réflexion des étudiants dans l’élaboration de leur projet et pour élargir la culture de tous ceux qui le souhaiteraient une table ronde et une conférence  sont organisées en parallèle. En lien avec le thème et le sujet du concours elles se déroulent le mardi et le mercredi soir de la semaine de l’événement. L’année dernière le sujet était un théâtre pour le quartier de Beaulieu dont l’élaboration du programme a été faite de manière participative avec les habitants du quartier. La table ronde s’est tenue autour de la conception participative dans laquelle sont intervenus différents acteurs de ce type de procédés.

Revoir le trailer de l’année 2019 :

Une dimension nationale

Face à la réussite de l’édition de 2019, l’association BIM’SE a décidé de donner une dimension nationale à ce concours local. Tout en gardant un noyau de 5 équipes stéphanoises, l’ENSASE accueillera pour le concours jusqu’à 5 équipes venues d’outre-loire.

Le calendrier a d’ores et déjà été établi !

17 mars
Visite du site
Table ronde

18 mars
Début du concours
Conférence

19 mars
Journée du concours

20 mars
Fin du concours
Jury final

Toutes les informations et inscriptions ici

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Interview BIM Managers – Episode #24 Pierre Maréchal, Groupe COLAS

Les interviews BIM Managers reprennent en cet hiver 2019 et nous avons le plaisir de recevoir le BIM Manager d’un grand nom des travaux publics, le groupe Colas, Leader mondial de la construction et de l’entretien des infrastructures de transport, et son Expert reconnu principal Pierre Maréchal.

Bonjour Pierre, pourrais-tu stp te présenter en quelques mots et nous parler de ton parcours et ta formation ? Tu es atypique dans ce monde des TP car tu as une double formation qui a contribué à ta richesse et tes compétences pointues.

J’ai 39 ans, de formation ESTP, j’ai poursuivi mes études par une école d’architecture. J’ai donc connu les lames de rasoir et l’aquarelle. J’ai ensuite surtout travaillé sur les chantiers, en conduite de travaux à la Réunion, puis dans la 3D et enfin dans le BIM depuis 4 ans.

Quand t’es venue cette passion pour la 3D et aussi la visualisation qui est l’une de tes forces cachées ? Lors de tes études ou un peu plus tard ?

J’ai toujours été un peu gamer et geek, donc la 3D, ça remonte aux consoles 16 bits des années 90… J’ai surtout eu l’occasion de travailler aux début des années 2000 sur des logiciels CAO connus, avant de passer à 3ds Max puis à Revit.

Peux-tu nous présenter Colas en quelques mots car beaucoup de personnes pensent à tort que c’est uniquement une société spécialisée dans les travaux publics ?

Colas, qui vient de fêter ses 90 ans est un leader mondial de la construction, de l’entretien et de la maintenance des infrastructures de transport. Implanté dans plus de cinquante pays, il réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires à l’international.
La Route représente 69% de l’activité du Groupe en 2018 mais le reste du chiffre d’affaires provient des matériaux de construction, des travaux ferroviaires, des réseaux…

Vous dépendez du Groupe Bouygues. Coordonnez-vous vos efforts aves les autres filiales Construction et TP ?

Nous sommes en effet en relation régulière avec nos homologues des diverses filiales du groupe Bouygues au travers de groupes de travail, d’évènements, de projets ou même de manière plus informelle.

Tu fais partie de la structure BIM by Co, mais qu’est-ce donc, combien êtes-vous et comment êtes-vous organisés ?

La cellule BIMbyCO, créée en 2016 par Maud Guizol, est en charge du déploiement du BIM pour toutes les filiales et métiers du groupe Colas. BIMbyCO est composé, pour le volet pilotage, de cinq personnes mais gère un réseau de plus de trente BIM référents, qui sont nos relais répartis dans le monde. Nous suivons via la formation et nos divers groupes de travail un sous-réseau BIM de plus de 1000 collaborateurs. Nos missions consistent tout d’abord à gérer le volet gouvernance du BIM avec la partie stratégie BIM, déploiement BIM, définition de nos processus et outils, et l’animation du réseau. Nous avons aussi un volet formation, comme la mise en place de MOOCs, une partie innovation avec l’ensemble des nouvelles technologies pluggables à un processus BIM.

Puis, côté projet, nous assurons un service d’assistance technique pour toutes nos filiales : une sorte de SOS BIM ou SAV BIM, selon les besoins. Nous sommes aussi amenés à produire en BIM de la modélisation au BIM Management. Enfin, notre valeur ajoutée est le volet Intégration de Solutions, c’est-à-dire l’ingénierie du BIM, comme nous avons pû l’appliquer sur le projet de dépollution et déconstruction de la raffinerie de Dunkerque.

Tu as commencé chez GTOI, filiale de Colas à la Réunion. Peut-on dire que le « BIM by Colas » est né à la Réunion et que vous étiez des pionniers ?

Le BIM chez Colas est né naturellement à la Réunion car notre filiale GTOI permet à tout l’écosystème du BTP de se côtoyer dans un même bâtiment : commerciaux, métreurs, chiffreurs, méthodes, ingénieurs structure, conducteurs de travaux et chefs de chantier. Et ce, dans l’ensemble des secteurs du BTP : bâtiment gros œuvre, corps d’états divers, routes, VRD, industrie, génie civil et grand projets.

Le BIM à la Réunion, c’était comment ?

La Réunion est un territoire géographiquement isolé mais connecté. La fédération FRBTP s’intéresse évidemment au sujet du BIM et les BET locaux font le déplacement à BIM World tous les ans.

Qui a impulsé le BIM chez Colas et pour quelles raisons et quels objectifs ?

Le BIM est né sous l’impulsion de la Direction Technique de Colas sur des sujets d’ingénierie structure menés par Maud Guizol. Tout le monde s’est rapidement rendu compte du spectre bien plus large que représente le BIM et des enjeux pour un grand groupe comme le nôtre. C’est ensuite tout le travail de Maud qui a su convaincre et fédérer pour créer cette structure transversale et essentielle dans un groupe décentralisé comme Colas.

Maud Guizol, COLAS

Vous êtes des Experts du BIM pour les infrastructures. En quoi est-ce radicalement différent du BIM Bâtiment ?

Le BIM pour les infrastructures mélange des ouvrages ponctuels (gare, pont…) dont les logiciels raisonnent en mode objet, et des ouvrages linéaires (routes, rails…), dont les logiciels raisonnent en axe (avec des profils et sections type). Ce sont donc des métiers très différents tout autant que la façon de modéliser.

L’interopérabilité et l’openBIM jouent un rôle d’autant plus important pour vous. Peux-tu nous expliquer pourquoi et comment ?

Pour les raisons précédentes et la multiplicité des logiciels, leur interopérabilité est indispensable pour mener un projet complet et s’assurer de la cohérence entre les intervenants. Aujourd’hui l’openBIM est la seule solution capable de nous faire tous communiquer.
Nous soutenons buildingSMART France et le projet MINnd et sommes donc très impatients d’avoir ces IFC 5 qui intégreront cette notion d’axe et l’ensemble des projets linéaires (ifcBridge, ifcRoad et ifcRail).

Vous avez aussi un rôle fédérateur et vous entrainez la filière toute entière au travers de formations et de COOC, ce qui est très positif et généreux. Comment est-ce organisé et déployé ?

Pour les COOC, nous avons été accompagnés par Factory Santelli, une agence de communication et nous avons profité de studios de tournage chez Bouygues. Nous avons 4 saisons de maturité croissante avec 7 épisodes chacune. A la fin de chaque maturité, il est nécessaire de valider ses acquis par un quiz. Ils sont accessibles à l’ensemble du Groupe en français et en anglais, sur la plateforme digitale de formation en ligne Colas Campus. Pour les autres formations, nous accompagnons les filiales au cas par cas.

Quel est ton rôle au quotidien ? As-tu une équipe ?

Notre cellule est composée de peu de personnes, donc en plus d’avoir chacun un background métier (chantier, BE…), nous sommes tous un peu couteau suisse du BIM. Mon rôle est ainsi assez varié : en charge du déploiement sur certaines zones ou encore de l’innovation liée au BIM, je travaille par ailleurs sur de l’assistance technique aux projets, du BIM management ou encore de la production de maquettes. Je participe également à divers groupes de travail interne et à MINnd.

Vous êtes les vainqueurs d’un BIM d’argent et d’un BIM d’or déjà. Quelle reconnaissance ! Peux-tu nous parler de ces deux grands succès et nous dire ce que cela a changé pour vous ?

Le BIM d’argent dans la catégorie bâtiment supérieurs à 40000 m² a été décerné au Pôle Sanitaire de l’Ouest à la Réunion, sur lequel notamment l’avancement des coulages béton a été suivi de manière hebdomadaire grâce à la maquette BIM. Cela est très utile pour commander le béton sur des grandes dalles avec forme de pente. Cela a été très certainement une victoire interne qui nous a permis de convaincre les équipes d’exploitation qui peuvent être assez réfractaires au changement.

Le BIM d’or a primé un projet très particulier sur la déconstruction et dépollution d’une raffinerie à Dunkerque. Ce projet nous a confortés sur l’approche que nous devons avoir par rapport au BIM : apporter de la transparence à nos projets. Ces deux prix ont été très importants pour toute notre équipe car au-delà de la reconnaissance de nos métiers, cela nous permet d’accélérer la transformation digitale liée au BIM au sein de Colas.

Le BIM d’or pour la dépollution du site de Dunkerque est notamment exemplaire et impressionnant. Peux-tu nous le présenter en quelques mots ?

C’est un projet unique (malheureusement pour l’instant) : l’équivalent en tonnage d’acier de 4 tours Eiffel à déconstruire et un site de 95 hectares à dépolluer en moins de 4 ans. Nous avons donc eu un gros travail de sélection de vieux plans, de modélisation de l’existant (notamment avec l’IA de modélisation automatique de WiseBIM). Nous avons innové en utilisant Dynamo pour modéliser la répartition de la pollution dans le sous-sol : l’interpolation des sondages.
Tous les habitants de Dunkerque ont aussi la possibilité de suivre de manière hebdomadaire l’avancement de la déconstruction sur la maquette superstructure :
http://srd.jumeaunumeriquebim.com/html/pai#/, ce qui illustre au mieux la baseline de Colas Environnement, maître d’ouvrage du projet : « Dépolluer en toute transparence ».

Sur quelles technologies basez-vous principalement vos workflows BIM ?

Ces technologies et workflows sont pour l’instant assez hétérogènes de par la pluralité de nos métiers et une normalisation en pleine écriture.
Pour ma part, j’apprécie démarrer d’une acquisition en nuage de points, une modélisation en Revit, Dynamo pour automatiser, Twinmotion pour le phasage, les rendus et la VR et BIM 360 pour collaborer.

Dynamo, outil de programmation visuelle semble jouer un rôle clé chez COLAS. Peux-tu nous dire pourquoi ?

Entre autre, cela nous a permis de faire rencontrer les deux mondes de la modélisation en mode objets et en mode linéaire, et de positionner concrètement des objets le long d’un axe, comme sur un pont. Et pour le projet de Dunkerque, nous avons créé un outil qui nous permet d’amener le BIM dans la filière du SSP, les sites et sols pollués (cf. class AU19 – CI320781 – Revit Dynamo and AI for the deconstruction of a refinery site https://www.autodesk.com/autodesk-university/class/Revit-Dynamo-and-AI-decontamination-refinery-site-2019).

Vous êtes aussi des Experts de la RV/RA. Vous l’utilisez notamment en combinaison avec vos produits pour la route innovants comme les enrobés lumineux. Peux-tu nous expliquer votre démarche ?

Notre solution de marquage dynamique lumineux, appelée Flowell, n’est pas une technologie évidente à décrire avec des mots. Si je vous fais tester nos simulations de modularité routière en VR, vous allez non seulement comprendre et adorer mais cela permet surtout de se projeter et de perfectionner le fonctionnement réel d’un tel dispositif, très sensoriel. Preuve en est, un récent partenariat entre Colas et SideWalkLab (filiale d’Alphabet, maison-mère de Google) pour le projet de SmartCity à Toronto mais également un nouveau site test à Paris La Défense en 2020.

Tu as su garder ta compétence en visualisation et c’est un vrai plus. En quoi cela est-il un différenciateur selon toi ?

J’ai toujours eu le goût d’explorer des softs qui permettent d’aller assez loin, à l’époque 3DS/Vray/Photoshop maintenant Revit/Dynamo et Unity.
Lorsque l’on parle d’un projet de construction, on a besoin de le visualiser soit en images, soit en vidéo, idéalement phasé. Et ce qui était long et coûteux il y a quelques années ne l’est plus. D’une part, cela est très satisfaisant et valorisant pour tous les projeteurs, et grâce à cette meilleure compréhension de nos clients, cela améliore les prises d’affaires. D’autre part, nos métiers attireront plus de talents en se modernisant et en se digitalisant.

Quel est ta vision de ce qui se passe autour du BIM en France et des initiatives gouvernementales ?

Les initiatives telles que le Plan BIM 2022 ne sont pas négligeables, même si je regrette qu’il n’y ait pas d’obligation BIM sur certains types de projets. Le tragique incident de Notre-Dame devrait pourtant interpeller sur la nécessité d’un jumeau numérique de notre patrimoine bâti et du territoire. Colas a d’ailleurs signé un partenariat pour être acteur dans la Smart Région Ile-de-France. Il y a aussi un manque crucial de formation sur le BIM en général et sur la prise en main des logiciels.

Après un BIM d’or et un BIM d’argent, une reconnaissance incontestable du marché, quels sont vos prochains grands défis technologiques ?

Notre prochain défi est de rendre plus accessibles les données invisibles du sous-sol, notamment grâce à un partenariat avec WiseBIM, spécialiste de l’intelligence artificielle pour le BIM. Nous travaillons également sur la RA avec des partenaires comme Syslor et BIMmyProject/HoloBIM. Ces initiatives vont répondre au défi de taille que nous nous sommes fixés pour 2020, à savoir passer du BIM au CIM.

Dépollution du site de la raffinerie de Dunkerque – COLAS

Quelles sont tes passions à titre personnel et comment sont-elles liées avec ton quotidien de challenge ?

A titre personnel et sans aucun rapport, je suis passionné de kitesurf, ce qui, je le concède, est plus compliqué à pratiquer depuis la région parisienne… La contrepartie positive est que je peux désormais profiter de la riche activité culturelle de Paris et spécialement de l’architecture, que j’affectionne.

Connais-tu ABCD Blog et quels seraient tes suggestions d’amélioration ?

Je connais ABCD Blog depuis que j’ai entendu le mot BIM, je suis donc très honoré de cette interview et t’en remercie. Je le lis régulièrement et c’est toujours une grande source d’information, notamment pour savoir ce qu’il se passe dans les pays voisins et découvrir de nouveaux projets.

Cher Pierre, un grand merci et bonne route – si j’ose dire – vers le BIM ! Une route illuminée jusqu’à présent.

Une étude prospective intéressante de la DIRECCTE Constructys IDF sur les emplois dans le BTP d’ici 2024 met en avant l’importance et l’opportunité du BIM

Les organisations professionnelles du Bâtiment, la DIRECCTE d’Île-de-France et CONSTRUCTYS IDF ont mené une étude en collaboration afin de mettre à jour le CEP Bâtiment 2014 (Contrat d’étude prospective sur les besoins en emplois et compétences liés aux travaux du Nouveau Grand Paris et aux enjeux de la Transition énergétique dans le Bâtiment en Ile-de-France).

La région Île-de-France relève des défis importants en matière d’aménagement du territoire (construction de nouvelles lignes de transport, Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, transition énergétique des bâtiments). Afin d’anticiper les besoins en emplois et compétences liés à ces projets de grande envergure, il était nécessaire d’actualiser les études prospectives menées en 2013 dans les secteurs du Bâtiment et des Travaux publics.

En effet, dès 2013, la Direccte d’île-de-France, les CAPEB franciliennes, la Fédération Régionale des Travaux Publics, la Fédération des SCOP du BTP, les Fédérations Françaises du Bâtiment franciliennes et l’OPCA Constructys ont mené conjointement deux études pour évaluer l’impact du Grand Paris sur l’emploi et les compétences dans les métiers des Travaux Publics et du Bâtiment en Île-de-France. Le contexte actuel justifiait une actualisation de ces études, avec une projection sur la période 2019–2024.

Ces deux études ont été conduites par les cabinets Katalyse (Travaux publics) et Kuy Lab (Bâtiment et rénovation énergétique), sous le pilotage des huit fédérations professionnelles, de l’OPCO de la construction Constructys, de la Direccte d’Île-de-France et de la DRIEA pour le bâtiment. Le conseil régional d’Ile-de-France a également été associé à ces travaux.

Ces contrats d’études prospectives évaluent les besoins en emplois et en compétences d’ici 2024, définissent les principaux enjeux de ces secteurs d’activité, et proposent un plan d’action et des pistes de solutions à mettre en œuvre pour y répondre. En accord avec les membres des deux comités de pilotage, il a été décidé de restituer publiquement les conclusions des deux CEP devant les acteurs de l’emploi et des compétences dans le Bâtiment et les Travaux Publics le mercredi 11 décembre.

En Île-de-France, en 2018, le Bâtiment représentait 120 000 entreprises et près de 325 000 actifs qui réalisent un chiffre d’affaires de 38.7 milliards d’euros. Ces organisations professionnelles ont pour vocation de rassembler les entreprises de Bâtiment de toutes tailles, afin de défendre efficacement les intérêts collectifs de la Profession et leur apporter des services et des informations dans les domaines juridique, technique, social, emploi et formation… La Fédération Île-de-France Centre SCOP BTP rassemble les sociétés coopératives et participatives (SCOP) du BTP sur son territoire. En tant que syndicat professionnel, elle représente ses adhérents, accompagne leur développement socio-économique et favorise l’échange de bonnes pratiques.

La DIRECCTE (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) est l’interlocutrice des entreprises et de tous les acteurs socio-économiques pour les questions économiques et sociales. Elle relève du Ministère de l’Economie et des Finances et du Ministère du travail. CONSTRUCTYS est l’Opérateur de Compétences de la Construction. A ce titre, cet organisme assure deux missions principales : un appui technique aux Branches Professionnelles (au niveau de la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences et des Certifications Professionnelles) et un service de proximité aux entreprises afin d’améliorer l’information et l’accès des salariés à la formation.

Contexte général de l’étude

La région Île-de-France se prépare à relever des défis importants en matière de transports, de logements et de développement économique. Face à ces enjeux majeurs, une volonté politique forte a été affirmée au travers d’une multitude de projets de construction – publics et privés – et de rénovation – notamment énergétique, auxquels s’ajoutent d’autres besoins en infrastructures pour l’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. La branche, en partenariat avec l’État, travaille depuis 2012 à l’anticipation des besoins en recrutement et compétences. Des premiers travaux réalisés en 2014 pointaient un besoin en recrutement à horizon 2020 de plus de 27 000 salariés et des évolutions en compétences marquées. La présente étude vise à actualiser les besoins en emplois par métier pour la branche à horizon 2024. L’objectif est également d’approfondir qualitativement l’évaluation des impacts de ces évolutions sur les besoins en compétences de la branche, sur les politiques d’emploi des entreprises et sur le dimensionnement de l’appareil de formation. Cette étude a été menée entre mars et juillet 2019 par le cabinet KYU Lab accompagné par le comité de pilotage. Les résultats de cette étude permettront d’orienter la branche et ses partenaires institutionnels dans la construction et le pilotage d’un plan d’actions à destination des entreprises, des salariés et des demandeurs d’emploi pour répondre aux défis du Bâtiment.

Quid du BIM ?

Le BIM est mis en avant à plusieurs reprises dans cette étude. En effet, les différentes lois et réglementations incitent au développement des travaux de rénovation énergétique (et à l’utilisation de matériaux plus propres dès la construction) notamment par la mise en place de crédits d’impôts, prêts à taux 0, etc. Cela a pour conséquence de favoriser le recours aux métiers de la rénovation (chauffagistes, électriciens, plombiers, charpentiers, menuisiers, etc.). De nouvelles compétences émergent également, l’analyse du cycle de vie des bâtiments par exemple, dans un contexte où l’étude de ces derniers se précise (domotique, BIM, etc.).

Par ailleurs, la généralisation du BIM implique pour les maçons d’être capable de lire et d’interpréter des maquettes numériques partagées. A plus long terme, l’automatisation d’un certain nombre de tâches pourrait faire évoluer en profondeur les activités des maçons. En outre, le développement de la filière bois devrait faire évoluer la nature des projets avec des bâtiments de plus en plus hauts et un élargissement des domaines d’application du bois. L’utilisation du BIM devrait là-aussi se développer pour accompagner ces évolutions.

Il est aussi constaté que les métiers liés à l’encadrement vont devoir s’approprier la maquette numérique partagée (BIM). Leur capacité à faire travailler de concert différents métiers sera d’autant plus sollicitée.

Il est certain que l’introduction progressive du BIM fera évoluer les modes de travail et de communication des métiers des études et de la conception avec les autres acteurs du chantier.

Cela représente donc une véritable opportunité d’emplois pour les années à venir. Une étude passionnante à découvrir ici.

Belle initiative Finlandaise : Un portail de mise à disposition de produits de la filière bois en BIM

Une initiative visant à encourager et à faciliter la conception de bâtiments et produits en bois et à les rendre facilement accessibles aux concepteurs travaillant en numérique et en BIM a été lancée par un important fournisseur finlandais.

L’Open Source Wood Initiative, fondée par Metsä Wood, s’est associée à la bibliothèque de produits ProdLib pour mettre à disposition une plate-forme où les concepteurs peuvent partager des éléments et des produits.

L’Open Source Wood Initiative est un portail indépendant et ouvert où tous les professionnels peuvent apporter des idées et échanger avec des concepteurs, des équipes complètes et des étudiants, mettre en ligne des projets et les faire examiner et discuter par leurs pairs. Les meilleures idées sont ensuite examinées par les experts de Metsä Wood. Cette initiative Open Source Wood est également l’un des principaux projets de numérisation de l’industrie du bois soutenu par le ministère finlandais de l’environnement.

ProdLib est une bibliothèque de produits numériques contenant des modèles d’objets à jour des principaux fabricants. Il fournit des milliers d’objets BIM et 3D disponibles dans les formats des logiciels BIM et CAO les plus populaires tels qu’Autodesk Revit, AutoCAD ou d’autres.

C’est le premier pas et les développeurs de cette solution veulent mettre en place et développer en permanence la disponibilité de nombreuses solutions bois sur cette plateforme. »

La nouvelle bibliothèque Open Source Wood se compose d’éléments tels que des murs, des toits et des sols, compatibles avec les logiciels Revit, AutoCAD, etc. Ils invitent tous les architectes et ingénieurs structure à bénéficier de cette nouvelle ressource.

La bibliothèque d’éléments Open Source Wood sur ProdLib est disponible soit via un navigateur Web via l’enregistrement en ligne, soit téléchargeable en tant qu’application de bureau ou intégrée en tant que plug-in dans Revit. La bibliothèque contient actuellement un ensemble de base d’objets d’Open Source Wood, mais la bibliothèque est développée en continu.

Pour voir comment utiliser des objets de conception 3D dans un logiciel de conception tel que Revit, regardez cette courte vidéo.

Pour plus d’informations, consultez le site de cette Open Source Wood Initiative ici.

Toutes les sessions d’Autodesk University 2019 et leurs contenus désormais disponibles en replay et en téléchargement

AU 2019 Las Vegas fut une très belle édition et les professionnels qui ont eu la chance de s’y rendre en sont revenus ravis et impressionnés par les présentations de leurs pairs.
Bien que la conférence soit terminée, l’apprentissage ne fait que commencer. Les sessions d’AU 2019 sont désormais disponibles en ligne.

C’est une excellente méthode pour se former, les bonnes pratiques, les sessions magistrales, les prises en mains, et tout cela gratuitement.

Elles vous permettront gratuitement :

  • D’afficher des enregistrements vidéo, des documents, des diapositives, etc.
  • De vous connecter afin de revoir votre agenda AU 2019 et revoir les classes auxquelles vous avez participé
  • De partager vos sessions AU préférées avec vos collègues, pairs, et/ou amis

Tous les formats disponibles en fonction de la classe sont disponibles tels que les vidéos, support PowerPoint, déroulé de classe, audio, éléments à télécharger, etc.

C’est à vous de jouer ! Connectez-vous en cliquant ici.

Interview Startup Innovante – ETC-TEC, les petits génies du BIM génératif et intelligent

Cette semaine, nous recevons les créateurs d’une petite startup qui monte, ETC-TEC qui développe des applications innovantes pour les Architectes et BET afin de leur simplifier le quotidien : Clara Euler et Amilcar Ferreira !

Bonjour Clara et Amilcar, ravi de vous recevoir sur ABCD Blog. Pourriez-vous svp vous présenter en quelques mots ainsi que votre parcours ?

Bonjour !

Nous sommes les fondateurs de etc-tec, une entreprise qui se consacre aux liens entre BIM et conception générative, à travers la recherche, le consulting et tout particulièrement le développement de logiciels sur les phases initiales de conception, à l’attention de tous les corps de métiers.

Amilcar est le CTO, responsable de la recherche et développement des solutions etc-tec et basé à Paris, tandis Clara est chargée de la communication et business developer, à Londres.

Vous venez d’ailleurs tous deux d’agences d’architecture et vous avez basculé dans le domaine du logiciel ?

Clara : Nous nous sommes rencontrés il y a environ 4 ans, dans un atelier où Amilcar était architecte et responsable recherche et développement des outils paramétriques et où je travaillais à la communication et refonte du site internet. Amilcar avait déjà bien infiltré le monde du logiciel, et je raccroche les wagons !  

A ce propos, Amilcar, votre enfance a été bercée par cette passion pour les technologies n’est-ce pas ?

Amilcar : Enfant j’avais un vieil ordi a la maison et je l’utilisais pour apprendre à écrire et faire des mathématiques… Ma mère, qui était expert-comptable, me laissait gérer ses tableaux Excel alors que j’étais gamin. Depuis mon adolescence et tout au long de mon parcours universitaire et professionnel, j’ai toujours cherché la meilleure façon d’optimiser mes tâches avec la programmation.

Vous étiez des utilisateurs et fans de Revit ?

Clara : Soyons honnêtes, je suis de la team Adobe plus que Revit, mais à force de voir les architectes rivés à leur écran pendant des heures, j’ai forcément été intriguée.

Amilcar : Je connais Revit depuis 2004 et je l’utilise depuis 10 ans, mais au début de ma carrière, j’étais beaucoup plus intéressé par la conception architecturale que par les études et la construction. Du coup, j’étais plus intéressé par des logiciels NURBS, de programmation graphique et script. Puis j’ai eu l’opportunité de suivre plusieurs projets dans toutes leurs phases, j’ai compris la pertinence de Revit, du BIM, du dessin collaboratif, et là je suis devenu un fan de Revit. En plus le fait que Revit propose une API ouverte au public m’a permis de beaucoup m’amuser !

Clara : Amilcar a des hobbies que je qualifierais de “particuliers”.

Quand, comment et pourquoi vous est venue l’idée de créer ETC-TEC ?

Amilcar : etc-tec est un projet que j’ai dans mes cartons depuis 2009. Ça a commencé avec mon projet de fin de Master où j’ai exploré le processus de conception architecturale, et comment y intégrer des algorithmes afin de gagner du temps, optimiser les concepts architecturaux et inspirer l’architecte.

J’avais créé la base et les premiers outils. Je voulais le développer mais à l’époque mes idées n’étaient pas bien reçues par les architectes. Au début de ma carrière, j’ai eu la chance d’être invité par une société de recherche – le studio SEED à Barcelone – où j’ai pû développer un peu mes idées. Mais à cause de la crise financière, j’ai dû mettre de côté mes projets et me dédier à l’architecture de façon plus « traditionnelle ». Même si je n’ai pas toujours eu l’occasion d’intégrer mes idées dans mon quotidien comme architecte, j’ai toujours cru à ce projet et j’ai continué à le développer pendant dans mon temps libre.

En 2018, j’ai fini la première maquette d’un produit qui répondait à cette recherche, et j’ai décidé que c’était le moment de me lancer là-dessus, surtout qu’aujourd’hui le public est beaucoup plus réceptif. Les concepts comme le BIM et la conception générative sont à présent connus et intégrés dans le vocabulaire de presque tous les architectes…

Du coup je me suis lancé et j’ai proposé à Clara de me rejoindre pour travailler sur la communication et le business development.

Vous avez 2 applications : G Algo et G Plus. A qui s’adressent-elles et quelles problématiques résolvent-elles ?

Pour le lancement d’etc-tec, nous avons deux applications qui résultent de ce projet de recherche.

L’objectif principal est d’améliorer l’expérience de l’utilisateur Revit dans les phases esquisse.

etc signifie Expression, Test, Cycle et ce triumvirat s’applique à toutes les phases d’un processus de conception. Le but est de permettre au dessinateur de se dédier uniquement à l’expression et d’attribuer à l’ordinateur les taches fastidieuses et chronophages de test et cycle.

G.Algo est né de ce principe et s’adresse aux architectes mais aussi aux promoteurs, ainsi qu’aux maitrises d’ouvrage.

Il comprend une interface simple pour que l’utilisateur puisse esquisser sur Revit, puis propose la couche “conception générative” pour que le dessinateur puisse poser des questions au logiciel.  Par exemple, comment optimiser la surface. Le logiciel est capable de générer des variantes du projet, de les tester et de procéder à des cycles à répétition ; jusqu’à trouver les solutions qui répondent le mieux à la question posée.

G.Plus est une boite à outils, qui propose des fonctions complémentaires faisant gagner du temps à tous les corps de métier du bâtiment : les liens entre Revit et Microsoft Excel, la duplication simultanée des carnets de vue, la création des schémas de couleur pour repérer visuellement les données dans une ou plusieurs catégories d’éléments… Le but est d’économiser du temps, en automatisant les tâches répétitives et chronophages.

Comment convaincriez-vous un architecte ou un BET de l’intérêt de vos solutions ? Quels sont leurs éléments différentiateurs ?

G.Plus est plus généraliste, les fonctions sont très directes. Vous économisez plusieurs jours de travail chronophage en automatisant la mise à jour des informations des paramètres dans les pièces, la création des plans de repérage ou les vues de coordination.

La communication d’information entre le BET, l’architecte, l’économiste et la maitrise d’ouvrage devient plus facile et plus rapide !

Une journée de travail d’une personne peut être réduite à quelques secondes et libère du temps pour des tâches plus intéressantes !

G.Algo est plus orienté vers les architectes, promoteurs et maitres d’ouvrage qui ont besoin de faire des études de faisabilité, des schémas formels ou fonctionnels des bâtiments, de tester leur concepts et chercher des solutions optimales.

Avec cet outil, un cabinet d’architectes peut faire des dizaines d’études formelles et fonctionnelles en une journée. Grâce au dessin génératif, les équipes peuvent demander à l’ordinateur de tester et optimiser leur concept selon les objectifs du programme et de le tester face au PLU. Une agence d’architecture peut ainsi gagner plusieurs journées de travail dans une phase de concours.

Les promoteurs ou les maitres d’ouvrage peuvent aussi faire de leur côté des études de faisabilité avant le lancement d’un concours.
On peut ainsi partager des maquettes très légères mais très complètes en informations dans les phases esquisse et APS, avec des BET et économistes, ce qui peut leur permettre aussi d’intégrer leurs études dans Revit plus tôt dans le projet.

Notre gros avantage par rapport à d’autres solutions sur le marché, c’est l’attention que nous avons à créer des interfaces simples et intuitives. De plus, nos outils sont vivants et en évolution constante : en fonction des retours de nos clients et de leurs besoins, on intègre des fonctionnalités supplémentaires (par exemple, en ce moment nous travaillons sur un outil de modélisation de volume capable de modéliser selon les règles d’un PLU, une fonction demandée par plusieurs de nos clients). Les mises à jours sont fréquentes ;  GPlus v1 est sorti en septembre et la V2 sort avec deux nouvelles fonctions en 2020.

Et qu’est-ce qu’ETC.app ?

etc.app est une application de bureau très légère et simple d’utilisation, qui permet de télécharger et mettre à jour les applications etc actives sur votre ordinateur.

Ces solutions sont-elles développées sur les APIs de Revit ?

Oui, notre objectif c’est d’intégrer nos outils au maximum dans l’interface de Revit. Nous essayons de « copier » les démarches des autres commandes sur Revit pour que l’utilisation de nos outils soit très intuitive pour un utilisateur Revit.

Soyons honnête, quand un utilisateur nous dit qu’il ne savait pas que nos outils n’étaient pas natifs dans Revit, on est ravis !

Les études de faisabilité chez les architectes, un grand sujet. Et vous semblez le résoudre de manière intelligente. En quoi cela diffère-t-il des volumes conceptuels dans Revit ? Allez-vous plus loin?

Oui, carrément plus loin avec G.Algo. Nous travaillons une nouvelle catégorie dans Revit nommée « Bâtiment » et qui représente un Bâtiment en LOD 100. Malgré sa représentation schématique et simple, nous avons dans une seule entité toute l’information de notre projet : les surfaces, les ratios de surface, les linéaires de façade, ainsi que le programme – les zones du bâtiment, toutes les pièces qui vont dedans, etc…

Cette famille a aussi des types que nous pouvons configurer à l’infini, et qui correspondent à des typologies de bâtiments différentes. On en aura une représentation en plan différente :  par exemple un type Bureaux aura une représentation avec un couloir central, une épaisseur de façade, mais une typologie Equipement aura peut-être en plus un noyau aveugle pour les locaux de stockage et deux circulations parallèles. Du coup, quand on modélise notre bâtiment, nous avons aussi une représentation en plan plus détaillée. Nous pouvons facilement changer le type de notre bâtiment par zones et également ajuster automatiquement les trames et largeurs de couloirs sans être obligé de tout redessiner.

Nous pouvons aussi facilement contrôler le respect des règles d’un PLU.

Faites-vous appel à de l’intelligence artificielle ou une approche similaire ?

Pour l’instant c’est plutôt de la statistique.

L’algorithme génératif ‘etc’ s’appuie sur l’esquisse de l’architecte, et les paramètres variables qu’il a ajouté à l’esquisse, la contrainte du PLU et l’objectif établi : il fait une série de permutations entre les valeurs variables possibles, il génère des solutions, les teste face au PLU et il récupère les solutions qui se rapprochent le plus de l’objectif établi. Parfois, les solutions peuvent surprendre l’utilisateur et l’inspirer.

Avez-vous quelques Clients testant déjà vos solutions et qu’en pensent-ils ?

Oui, et en réalité depuis plusieurs années puisque je l’ai intégré à Revit dans les agences où j’ai travaillé sur des projets réels. Depuis janvier, nous avons eu des retours très positifs d’agences d’architecture, mais aussi de BET et économistes, et suite à cette phase d’essai, nous finalisons la première version de G.Algo, qui sortira en février 2020.

Cette version (G.Algo Phase 1) comprend les fonctions permettant d’esquisser avec la famille bâtiment et de créer des études de faisabilité. La phase 2 sortira pour l’été 2020, et s’y ajouteront les interfaces génératives.

Pour G.Plus les retours ont toujours été très positifs, le gain de temps est assez évident, au bout de quelques clics. On en comprend rapidement l’intérêt.

Pour G.Algo la première réaction est toujours ‘wow’, mais pour que l’outil soit utilisé à sa pleine mesure et qu’il puisse permettre d’économiser des journées entières de travail, nous dispensons une formation d’une demi-journée à l’achat des licences. La méthodologie etc doit être intégrée à la méthodologie des équipes pour pleinement fonctionner – on ne vient pas révolutionner le fonctionnement des agences, mais juste donner un petit coup de fouet pour redonner du temps à la création !

Quel est votre modèle de vente ?

La version 1 de G.Plus est disponible sur l’App store d’Autodesk et sur notre site, et  G.Algo sera disponible le 2 Février 2020.  Il est important de préciser que l’achat de plug-ins fonctionne sur un système de licence annuel et intègre les mises à jour – si vous achetez G.Algo Phase 1, vous bénéficiez automatiquement de la phase 2 mise en vente 6 mois plus tard. Nous souhaitons garder des tarifs raisonnables pour que les petites et moyennes entreprises puissent aussi en profiter et être plus compétitifs.

Nous sommes aussi à la recherche de distributeurs, donc bien entendu, s’ils nous lisent et qu’ils sont intéressés, qu’ils n’hésitent pas !

Comment peut-on vous contacter facilement si l’on souhaite plus d’informations sur vos solutions ?

Clara : Toutes les informations sont disponibles sur notre site www.etc-tec.com, ou sur notre linkedin (https://www.linkedin.com/company/etc-tec/) et sur Twitter bien entendu https://twitter.com/etc_tec_company

Clara et Amilcar, merci beaucoup pour cette présentation de vos solutions innovantes. Nous vous souhaitons un franc succès dans cette belle démarche.

Un nouveau calculateur carbone offre un espoir de réduction du carbone dans le secteur du bâtiment

En tant que leader du développement de solutions logicielles de conception et de construction pour de nombreux domaines responsables de fortes émissions de gaz à effet de serre et de pertes, Autodesk a toujours reconnu l’importance vitale de la réduction du carbone pour notre planète. Cette réalité a poussé les secteurs de l’ingénierie, l’architecture et la construction à mettre l’accent sur l’importance de faire des choix plus judicieux en ce qui concerne les matériaux de construction, une possibilité qui n’était pas facilement offerte jusqu’à aujourd’hui.

Au cours de l’année dernière, Autodesk a collaboré avec le Carbon Leadership Forum, en collaboration avec Skanska, C Change Labs et près de 50 partenaires, pour créer l’outil Embodied Carbon in Construction («EC3»), lancé lors du dernier salon Greenbuild Expo d’Atlanta, et dorénavant disponible en version béta publique.

L’impact de l’environnement bâti sur la planète est indéniable : il génère près de 40% des émissions de CO2 dans le monde. Et à mesure que la croissance mondiale se poursuit, on estime qu’entre aujourd’hui et 2060, la superficie des bâtiments va doubler. Cela équivaut à construire une ville entière de New York chaque mois pendant 40 ans. En outre, au moins la moitié de l’empreinte carbone de ces nouveaux bâtiments se présentera sous forme de carbone incorporé – le gaz à effet de serre émis dans la chaîne d’approvisionnement des matériaux de construction, y compris l’extraction de matières premières, le transport, le raffinage et la fabrication de matériaux de construction.

Alors comment pouvoir atténuer la prolifération du carbone
incorporé ? À ce jour, le secteur du bâtiment a eu du mal à la comprendre et à la mesurer dans ses projets. Par exemple, deux matériaux peuvent sembler identiques et présenter les mêmes propriétés, mais contenir des quantités extrêmement différentes de carbone incorporé ; une poutre en acier entièrement recyclée provenant d’un four à arc électrique à énergie renouvelable et une poutre en acier vierge provenant d’un four à charbon peuvent sembler quasiment identiques, mais être radicalement différentes en termes d’impact sur le climat.

L’outil EC3 utilise des données issues de déclarations environnementales de produits (EPD ou FDES en français) pour aligner, évaluer et présenter les impacts de carbone incorporés de manière simple, pour qu’ils puissent être utilisés et pris en compte. Cette solution permet au secteur de la construction d’accéder et de visualiser facilement les données sur les émissions carbone des matériaux, leur permettant ainsi de faire des choix intelligents en matière de carbone lors de la spécification et de l’acquisition des matériaux. Ce qui aurait pris des jours aux experts peut maintenant être fait en quelques minutes par des professionnels généralistes.

Capture écran montrant les quantités de carbone incorporé dans un modèle BIM dans le visualiseur BIM de BIM 360.

Autodesk est l’un des principaux sponsors de l’outil, ayant notamment déjà permis l’intégration d’EC3 avec BIM 360. Les professionnels de l’AEC pourront désormais transférer les données de quantité de matériau de projet directement de BIM 360 vers l’outil EC3 en appuyant simplement sur un bouton. les impacts carbone incorporés en fonction des choix de matériaux pourront être ensuite visualisés dans la visionneuse de modèles BIM 360. Cette intégration exploite les données du BIM pour accélérer l’export des matériaux et transforme le modèle en une carte de chaleur carbone incorporée interactive. L’intégration de l’outil EC3 est maintenant disponible en tant qu’application BIM 360.

Présentation du projet de modernisation du campus de Microsoft à Redmond.

Reconnaissant que ce qui est mesuré est géré, le but ultime de l’outil EC3 est de rendre la réduction du carbone dans l’environnement bâti facile, accessible et évolutive pour le secteur du bâtiment. Dans un billet de blog récent, Bill Gates constate : Les bâtiments ont des effets néfastes sur le climat, et reconnaît «les dernières avancées technologiques et l’urgence de parvenir à zéro émission», en prenant pour exemple l’outil EC3.
Microsoft teste actuellement l’outil dans le cadre d’un projet de rénovation de campus au siège de son entreprise à Redmond, dans l’État de Washington. En outre, le port de Seattle utilise également cet outil dans le cadre de projets pilotes. La prise en charge par Autodesk de l’outil EC3 et l’investissement continu dans les outils d’analyse de la performance des bâtiments aident les architectes, ingénieurs et entreprises générales à collaborer plus étroitement pour gérer l’empreinte carbone totale de leurs projets et à créer un environnement construit respectueux de l’environnement, et enfin meilleur pour l’homme et pour la planète.