La Ville de Paris dévoile l’équipe lauréate du concours destiné à réimaginer le Site de la Tour Eiffel à l’aide du BIM

L’équipe Gustafson Porter + Bowman a été désignée aujourd’hui par la Mairie de Paris, lauréat du concours pour le réaménagement du « Grand site » de la Tour Eiffel, qui comprend les jardins du Trocadéro et le Champ de Mars, ainsi que la Tour Eiffel et son esplanade. L’annonce a été faite par Anne Hidalgo, Maire de Paris, Jean-Louis Missika et Jean-François Martins, maires adjoints de Paris.

L’équipe Gustafson Porter et Bowman intègre les sociétés suivantes : Gustafson Porter et Bowman, agence de paysage, Chartier et Corbasson architectes, Atelier Monchecourt & co architectes, Sathy urbaniste, agence Devillers & associés urbanistes, Ma-Geo Morel, VPEAS, BIM services, Inex, Bollinger + Grohmann, Gevolys et Yris.

© Equipe Gustafson Porter + Bowman – 2019
© Equipe Gustafson Porter + Bowman – 2019
© Equipe Gustafson Porter + Bowman – 2019

L’an dernier, Autodesk a annoncé la signature d’une convention de partenariat avec la Ville de Paris pour créer et utiliser une maquette 3D intelligente du site, soit les 2,4 kilomètres carrés, et pour utiliser le processus de Modélisation des Informations du bâtiment (BIM) tout au long du projet. En collaboration avec les sociétés WSP et Gexpertise, nous avons créé le plus grand modèle urbain en son genre, comprenant les bâtiments, les routes et les infrastructures, les zones piétonnes et les passages à niveau, le mobilier urbain et les espaces verts. Le modèle a été dévoilé en mai 2018, ainsi que les noms des quatre équipes sélectionnées pour concourir à la refonte de la zone : Gustafson Porter + Bowman, AL_A ; Agence ter, et KOZ Architectes.

Autodesk a travaillé en étroite collaboration avec les équipes finalistes tout au long de l’année pour les aider à visualiser leurs conceptions, en leur donnant accès à une version simplifiée du modèle 3D dans Autodesk Infraworks qui a été utilisé lors des différentes étapes du processus. Nous avons également organisé des ateliers pour aider les équipes à collaborer en interne et à comprendre les enjeux du site existant, mais aussi pour définir des méthodes de travail et intégrer les modèles des propositions des participants au concours.

« Autodesk est fier d’avoir accompagné pendant un an la Ville de Paris et les quatre équipes finalistes dans ce dialogue compétitif autour de ce projet de grande envergure, unique au monde. L’utilisation d’une maquette numérique intelligente, d’outils de visualisation immersifs en 3D et la mise en place de méthodologies collaboratives ont permis d’accélérer considérablement la prise de décision et la réduction d’erreurs potentielles. Ainsi, les membres du jury ont pu se plonger virtuellement dans les projets pour visualiser l’ensemble des aménagements proposés mais aussi ressentir et expérimenter le futur parcours des visiteurs. Nous félicitons la Ville de Paris pour leur engagement dans ce pari numérique, l’équipe gagnante et l’ensemble des finalistes pour l’adoption de méthodes qui illustrent le futur du secteur de l’architecture et du BTP », déclare Nicolas Mangon, vice-président AEC (Architecture, Ingénierie, Construction) Stratégie et Marketing chez Autodesk.

Les quatre propositions des équipes ont été dévoilées aujourd’hui sous la forme d’expériences immersives. En visualisant leurs projets en 3D avant leur construction, la Ville de Paris prévoit ainsi une réduction des erreurs, une plus grande clarté et collaboration avec l’équipe gagnante. C’est aussi l’opportunité d’impliquer le public dans le processus. Les modèles ont également été utilisés par le jury lors de la prise de décision finale pour mieux comprendre les quatre propositions avec un référentiel commun et pour vivre ce que les futurs visiteurs expérimenteront sur place.

La rénovation du grand site Tour Eiffel devrait être achevée juste à temps pour les Jeux Olympiques d’été de 2024 et avant d’autres événements majeurs dans la ville, notamment l’Exposition Universelle de 2025 et la Coupe du monde de rugby de 2026. Mais le relooking n’est pas que cosmétique. Cette rénovation aidera la Ville de Paris à relever les défis croissants liés à l’énergie, la végétalisation, les réseaux d’approvisionnement, la mobilité, la logistique, la gestion des déchets, la sécurité et les risques d’inondations.

Maintenant que l’équipe gagnante a été dévoilée, le public est invité à partager ses commentaires sur le projet. Les quatre projets seront exposés au Pavillon de l’Arsenal dans le cadre d’une exposition d’une durée d’un mois. L’équipe gagnante tiendra compte des commentaires et mettra en œuvre les changements en fonction des besoins du projet. Une fois la conception finalisée, elle fera l’objet d’analyses, de simulations et d’approbations officielles nécessaires avant l’obtention d’un permis de construire d’ici le début 2020 pour que la rénovation puisse commencer.

Découvrez en vidéo les 4 projets des finalistes :

Les lauréats Gustafson Porter + Bowman :

Amanda Levete Architects :

KOZ Architectes :

Agence Ter :

Découvrez les étapes du processus de création du modèle 3D du grand site de la Tour Eiffel :

Venez nombreux découvrir ces projets qui sont en exposition au Pavillon de l’Arsenal !

Le BIM au service de l’avenir des jeunes dans le BTP, Interview de Pascal Parent, Professeur impliqué et fervent évangélisateur des bienfaits du BIM

Pascal Parent est un enseignant pionnier de l’évangélisation du BIM au lycée que nous connaissons depuis bien longtemps. Il fait partie de ces personnes passionnées et aimant transmettre, sans qui, les jeunes générations seraient bien démunies face aux progrès du numérique et notamment du BIM.

Pascal Parent, Professeur d’économie de la construction au Lycée des métiers du Bâtiment Aristide-Bergès de Saint-Girons, et conseiller BIM des corps d’inspection de l’Éducation Nationale

Installé en Ariège, il a, par la pédagogie innovante mise en place avec ses collègues, permis de faire évoluer l’écosystème local. Professeur d’économie de la construction au Lycée des métiers du Bâtiment Aristide-Bergès de Saint-Girons, et conseiller BIM des corps d’inspection de l’Éducation Nationale, il a dès 2009 introduit la notion de BIM dans ses cours.


Auprès de quelles classes introduisez-vous l’apprentissage du BIM ?
J’enseigne en lycée des métiers du bâtiment, ce qui, pour l’Éducation nationale, est un label de d’ouverture vers le mode professionnel. Nous avons introduit le BIM dans la pédagogie dès 2009. Mon enseignement porte sur l’économie et l’étude des constructions. Les classes sont essentiellement des cursus de bac pro technicien du bâtiment études et économie (teb2e). J’interviens aussi beaucoup auprès des Bac Pro installateur sanitaire, peinture, et maçonnerie avec qui nous utilisons aussi beaucoup le BIM.

À l’époque, le BIM, surtout dans les TPE/PME, n’était pas si répandu. Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre en place un tel enseignement dès le lycée ?
À l’époque, nous travaillions déjà sur ordinateurs mais en 2D sur AutoCAD. Or, l’interface 3D m’a tout de suite parue comme un support à fort potentiel pédagogique. Elle a immédiatement permis à nos élèves une meilleure compréhension des ouvrages. Par la suite, la pédagogie par projets, puis les applications BIM se sont développées et cela a suscité encore davantage d’intérêt chez les lycéens.


Maxime présente à ses camarades le fonctionnement du BLK360

D’un point de vue pédagogique, comment appréhendez-vous l’apprentissage du BIM à ce niveau d’études ?
Le BIM est pour nous un processus qui doit,être acquis sur un continuum allant de la première année de lycée jusqu’à Bac +3, ce qui correspond au niveau de Licence professionnelle. Au niveau Bac Pro, on forme des diplômés destinés à devenir référents BIM. Pour nous, le BIM est avant tout un contexte numérique avancé pour acquérir des compétences. Il n’est pas une compétence en soi. La compétence, c’est de réaliser un métré, un devis, un quantitatif, ou un relevé d’ouvrage. Je comparerais le BIM à l’eau d’une mer dans laquelle nous apprenons aux élèves à nager, et ce sous différentes contraintes météo.

Cet enseignement numérique distingue-t-il votre établissement des autres lycées aux alentours ?
Nous sommes en milieu rural, dans la périphérie sud de Toulouse, au sein d’un établissement à taille humaine. Cela peut paraître paradoxal vu de l’extérieur mais notre positionnement géographique et notre petite taille donne un certain confort d’enseignement et permet d’innover. Je viens du secteur privé avec une expérience de 6 ans chez Bouygues Construction. Le lien école-entreprise est essentiel à mes yeux. Très rapidement, nous nous sommes donc rapprochés des organismes professionnels locaux qui se sont intéressés à notre démarche. C’est cocasse mais cela a permis des transferts de technologie… du lycée vers l’entreprise ! Cela a participé du changement de regard sur notre lycée, tant au niveau des cabinets d’architecte que des entreprises du bâtiment.


Le lycée en cours de modélisation avec Autodesk Revit et ReCap

Quid de la relation entre les élèves et le lycée ?
Parce qu’il est un vecteur de partenariats entre le lycée et les entreprises, le BIM a également permis aux élèves d’avoir une autre vision de leur formation. Quand on rentre en seconde, même en lycée des métiers, on n’a pas forcément une vision très claire de son projet professionnel. Être en avance sur le numérique a permis à l’établissement d’être valorisé et d’élargir la zone de recrutement autour du lycée.

Entre l’équipement informatique et l’acquisition des licences, ce choix pédagogique requiert des moyens. Comment les avez-vous obtenus ?
Il y a eu une forme de prime à l’innovation. Parce que nous étions pilotes au niveau de cette technologie, nous avons pu convaincre le conseil régional de Midi-Pyrénées (aujourd’hui Occitanie, ndlr), qui est compétent pour ce type d’investissement, de nous doter de stations de travail professionnelles récentes, renouvelées régulièrement. Au départ, nous faisions l’acquisition des logiciels, puis dès 2013, Autodesk a mis à notre disposition gratuitement des versions pédagogiques de sa suite de logiciels AEC avec notamment Revit, Navisworks, et la plateforme collaborative A360. Cela nous a permis d’élargir le champ des possibles en matière d’enseignement.


Les élèves modélisent leur lycée à partir des scans laser 3D ou des drones.

Que change cette pédagogie pour l’employabilité de vos élèves en sortie d’étude ?
Leurs compétences techniques sont restées les mêmes. Dans le même temps, leurs compétences numériques se sont accrues. En entreprise, le regard sur eux a changé et ils apportent une pratique. Les entreprises sont souvent surprises du niveau affiché par les diplômés quant à la maîtrise des outils numériques professionnels. Une de mes élèves, qui trouvaient par ailleurs que nous faisions trop de maquettes numériques en cours, vient d’être embauchée dans une entreprise en tant que métreur-économiste. C’est sa maîtrise préalable de Revit qui a fait la différence… Je pense qu’elle ne m’en veut plus !

Vous êtes aujourd’hui conseiller BIM des corps d’inspection de l’Éducation Nationale. Comment s’opère le travail d’évangélisation auprès de vos collègues enseignants ?
En 2009, nous devions être 4 ou 5 enseignants sur toute la France à être sensibles au BIM. Nous avons été rapidement repérés par l’Inspection générale du ministère qui a déployé des séminaires de formation. Depuis cinq ans, on observe une montée en charge permanente dans toutes les académies. Un site internet libre d’accès recense les différentes pratiques pédagogiques. Il existe bien sûr des disparités en termes de déploiement des outils dans les différents lycées de France, mais depuis 2016, on ne peut plus passer un bac pro Teb2e sans avoir une maquette numérique à l’examen. C’est la même chose depuis 2017 pour un bac pro en maçonnerie.

L’interface 3D m’a tout de suite parue comme un support à fort potentiel pédagogique. Elle a immédiatement permis à nos élèves une meilleure compréhension des ouvrages. Par la suite, la pédagogie par projets, puis les applications BIM se sont développées et cela a suscité encore davantage d’intérêt chez les lycéens.
—Pascal Parent, Professeur d‘économie de la construction, Lycée Aristide-Bergès

Séance de relevé d’une chapelle, travail d’une classe de 1° Bac Pro TEB (Juin 2018, photo Pascal Parent)

Avez-vous, avec vos élèves, travaillé à des projets concrets en lien avec des entreprises ?
L’exemple le plus parlant est le projet Énergie3DContruction, lauréat PACTE/ PTNB. L’un de ses intérêts était de tester le BIM sur un petit projet public, en partenariat avec les antennes locales de la CAPEB, de la FFB, la DREAL, la DIRRECTE, Chambre des métiers, etc. l’ordre des architectes, l’École supérieure d’architecture de Toulouse, ainsi que les entreprises ayant remporté les marchés. En l’espèce, il s’agit de la construction d’une maison de santé dont le permis de construire en BIM (!) vient d’être obtenu. Dans ce projet, le lycée Aristide-Bergès a été désigné comme pilote avec la communauté de communes Couserans Pyrénées, qui est maître d’ouvrage. Avec ce partenariat, nous faisons à la fois monter en compétence nos élèves qui sont partis en stage dans les entreprises impliquées, tandis que les professionnels se sont formés à l’usage de Revit et Navisworks. Prochaine étape : nous allons depuis le Lycée Aristide-Bergès former les entreprises à l’usage du BIM sur le chantier. L’expérience acquise sur ce projet nous a permis de proposer au ministère la création d’un campus des métiers du bâtiment et des usages du numérique de la région Occitanie. Celui-ci a été validé en 2017 avec la note maximale de trois étoiles, validant ainsi sa pertinence. Nous travaillons donc tous ensemble sur le BIM, mais à l’échelle régionale et avec un réseau de partenaires élargi.

Images : avec l’aimable autorisation de Pascal Parent

Accédez au PDF de la Success Story en cliquant ici.

Emploi – La belle Agence d’Architectes et d’Ingénieurs AIA Life Designers recrute un chargé de projet en architecture maîtrisant le BIM !

AIA Life Designers, grande agence d’architecture et d’ingénieurs recherche un(e) Chargé(e) de Projets en Architecture en CDI pour un projet hospitalier de grande envergure.

Les missions confiées consistent notamment à :

  • Initier un concept architectural novateur et ambitieux
  • Coordonner la conception de projets architecturaux
  • Encadrer et animer une équipe projet
  • Apporter une réponse adéquate aux attentes du maître d’ouvrage et dans le respect des clauses contractuelles

Vous devrez pour cela être Architecte diplômé(e) et disposer idéalement d’une expérience de 5 ans minimum en conception architecturale avec une expérience confirmée sur un projet hospitalier. Par ailleurs, vous devrez maîtriser le pack office ainsi que le logiciel Autodesk Revit.

Des déplacements réguliers sont à prévoir.

Retrouvez tous les détails de cette offre et postulez en cliquant ici.

Emploi – Les petits génies Bretons recrutent. L’agence d’architecture SONA et Liber-D recherchent un Modeleur BIM / Revit

Vous les connaissez peut-être, SONA Architecture, les architectes à la pointe du BIM en Bretagne, spécialistes du Scan to BIM qui ont remodélisé bon nombre de bâtiment comme le Louvre des Antiquaires. Liber-D sont les géomètres créant les nuages de points qui servent ensuite à la remodélisation de leurs maquettes BIM.

Ces petits génies du BIM sont à la recherche d’un modeleur Revit / BIM dont voici la fiche de poste :

Fiche de poste modeleur Revit
Poste CDI
Logiciel à maitriser : Autodesk Revit
Logiciel à connaître : Autodesk Recap, Scene.

INTITULE DU POSTE & OBJECTIFS
Modeleur sur le logiciel Revit Architecture
Les objectifs tournent essentiellement autour de l’utilisation du logiciel Revit. Le candidat devra être en mesure de pouvoir réaliser les tâches suivantes :

  • Création de familles paramétrables
  • Modélisation LOD 200 à LOD 400
  • Modélisation à partir d’un nuage de points ou de plans 2D de bâtiments existants en vue de Diagnostic ou projets d’architecture

COMPETENCES NECESSAIRES

  • Revit Architecture
  • Bonne maîtrise de la création des familles
    • Formes paramétrables
    • Familles imbriquées
    • Maîtrise des familles systèmes
  • Bonne connaissance des fonctionnalités suivantes :
    • modélisation
    • création de vues diverses
    • nomenclatures
    • phases et variantes
    • paramètres partagés

Pratiques en agence souhaitée.

Bonne connaissance de la méthodologie BIM
PROFIL
L’agence recherche un profil de modeleur Revit avec au moins une expérience de
travail en BIM. Ils recherchent un profil curieux et créatif tourné vers les outils collaboratifs (plateforme, travail en réseau…).
Le poste sera encadré par des experts en maquette BIM réalisées à partir de nuage de
points. Le poste est évolutif et vise une montée en compétence sur les outils spécifiques Revit (géo-référencement, Dynamo…).

Si ce poste vous intéresse, contactez soit Liber-D.

Ou contactez tout simplement l’Agence SONA Architecture en cliquant ici.

Le Grand Théâtre de Rabat, un chef d’oeuvre de Zaha Hadid conçu et construit en BIM – A lire sur Redshift

A lire sur Redshif en anglais ici. Ou en français ci-dessous.

Erigé sur les rives du fleuve Bouregreg au Maroc, le Grand Théâtre de Rabat, bâtiment iconique désiré par tous, s’achèvera au plus tard cette année, transformant ainsi l’horizon de la capitale Marocaine. Conçu par la célèbre Architecte Zaha Hadid hélas disparue il y a déjà plus de deux ans, et son agence Zaha Hadid Architects (ZHA), travaillant en étroite collaboration avec plusieurs consultants locaux, le théâtre – premier projet de Zaha Hadid construit en Afrique – sera l’un des derniers et des plus durables legs de celle qui fut lauréate du prestigieux prix Pritzker d’architecture.

Le style affirmé et reconnaissable entre tous de Zaha Hadid est bien présent : lignes ondulées, courbes et formes fluides inspirées de la calligraphie arabe et du fleuve qui borde l’édifice. Le projet comprend un théâtre de 1 800 places, un amphithéâtre à ciel ouvert de 7 000 places, un théâtre de taille plus modeste, des ateliers et un restaurant avec une vue panoramique. L’auditorium principal présente un motif géométrique cristallin inspiré des muqarnas marocaines traditionnelles (les plafonds voûtés ornementaux sont une référence dans l’architecture islamique) mais sa forme générale est plutôt futuriste.

L’auditorium principal. Avec l’aimable autorisation de Zaha Hadid Architects

Le théâtre fait partie du programme national de développement culturel du roi Mohammed VI, qui préconise un développement intégré et durable de la vallée du Bouregreg, y compris Rabat et sa ville jumelle de Salé, située de l’autre côté du fleuve Bouregreg.

Une fois achevé, le complexe sera la pièce maîtresse d’un quartier dynamique à usage mixte, imaginé par le roi Mohammed VI, qui comprendra des magasins, des restaurants et des attractions culturelles et de divertissement répondant aux critères de qualité internationaux. Le modèle de développement urbain intégré est conçu pour cohabiter en harmonie avec le patrimoine et l’environnement du site.

« Je suis ravi de concevoir et de construire le Grand Théâtre », avait déclaré Zaha Hadid lors de la finalisation du projet en 2010. « Les traditions musicales uniques du Maroc et sa riche histoire culturelle dans le domaine des arts de la scène sont renommées dans le monde entier. »

Le défi de l’équipe de conception consistait à créer une impression de fluidité naturelle et à concevoir une manière intuitive de diriger les visiteurs dans leurs promenades. «Étant donné que le paysage environnant est sujet aux activités sismiques, il était primordial d’assurer la stabilité structurelle», explique Reda Kessanti, chef de projet principal chez ZHA. «Le théâtre est construit comme une« boîte dans une boîte », dans laquelle les espaces intérieurs sont structurellement isolés de l’extérieur. La coque de béton est soutenue par une grille constituée de nervures et une infrastructure en acier recouvrant la forme originale du bâtiment. L’enveloppe du bâtiment est sculptée dans la partie supérieure de l’amphithéâtre; sa terrasse offre une vue magnifique sur la vallée. » Les pieux profonds apportent également une solidité structurelle à ce paysage fluvial.

«La forme, à la fois douce et massive, descend doucement vers le sol et offre un amphithéâtre en plein air qui se fond progressivement dans le paysage environnant», explique Kessanti. «Le Grand Théâtre de Rabat tire son énergie du fleuve Bouregreg et s’intègre à l’environnement de la vallée. Le côté dynamique de la rivière est représenté sur place dans le paysage du parc qui engloutit le théâtre ainsi que l’amphithéâtre. ”

Le lobby inondé de lumière. Avec l’aimable autorisation de Zaha Hadid Architects

La lumière est essentielle dans la conception, loin des espaces stéréotypés des salles de cinéma sombres et carrées. «L’éclairage de la crique serpente autour de la façade curviligne, tandis que les puits de lumière et les grandes entrées en verre permettent au bâtiment de briller de l’intérieur», explique Kessanti. À l’intérieur du théâtre, des projecteurs soulignent les murs dorés à facettes de l’auditorium, tandis qu’à l’extérieur, les visiteurs se promènent dans un amphithéâtre avec des gradins éclairés de manière subtile par un éclairage continu des escaliers et des balustrades.

Zaha Hadid était connue pour ses projets novateurs, souvent difficiles à construire. Le Grand Théâtre est conçu dans cette tradition. En raison de la forme inhabituelle du bâtiment et des besoins en programmation variés, la modélisation 3D était essentielle. «Le projet a débuté en utilisant un processus 2D traditionnel, mais lors de la phase de conception détaillée (APD) en 2014, le bureau d’architecture local Omar Alaoui Architectes a reconnu que la géométrie complexe de la conception de ZHA exigerait une coordination plus approfondie en 3D», explique Kessanti.

«L’équipe a dû travailler rapidement pour mettre en place un flux de travail BIM utilisant Autodesk Revit et un LOD [Level of Detail] 200, équivalant à peu près au premier niveau du BIM, pour produire toute la documentation de construction», poursuit Kessanti. « Cependant, la transition s’est avérée problématique, car le secteur de la construction locale de l’époque ne connaissait pas le BIM et les consultants MEP [mécanique, électricité et plomberie] et structure ne disposaient pas des ressources ayant les compétences nécessaires. »
L’agence Zaha Hadid a donc mis en place un groupe de travail dédié au BIM qui a travaillé ensemble dans des ateliers en direct pour résoudre la complexité de la géométrie du bâtiment. Un plug-in pour Revit sur mesure, ZHA BIM, a été développé pour extraire les données et la géométrie originale du modèle 3D. y compris Autodesk Maya, et permettre d’attribuer des informations et des spécifications aux composants 3D.

«Le processus BIM nous a permis d’obtenir une coordination et une rationalisation complètes de la conception, en transformant les surfaces complexes à double courbe en facettes et en modifiant les matériaux afin de réduire les coûts», déclare Harry Ibbs, responsable BIM pour ZHA. « Le logiciel Revit nous a aidés à visualiser simultanément une belle architecture et en a fait le rêve d’un entrepreneur. »

Lors de la construction du bâtiment sur site, des consultants et des entrepreneurs locaux travaillaient en BIM et avec Revit pour produire des modèles parfaitement coordonnés et pour pouvoir gérer les détection de collisions, a déclaré Kessanti. «Nous savions que le modèle était nécessaire pour économiser de l’argent à la fois pour le client et pour l’entrepreneur», a-t-il ajouté. «Sans ce processus BIM, nous aurions dû percer des murs et des sols en béton pour travailler dans la structure, ainsi que dans la plomberie et l’électricité pour la CVC.»


La construction devrait se terminer en 2019. Avec l’aimable autorisation de Zaha Hadid Architects

Le décès brutal de Zaha Hadid en 2016 a donné encore plus d’importance aux projets posthumes tels que le Grand Théâtre. Kessanti dit que le Grand Théâtre, comme les autres chefs-d’œuvre de Hadid, sera probablement cité pendant de nombreuses années. La vision de Zaha Hadid « est évidemment très importante dans le monde de l’architecture », dit-il. « Très souvent copiée mais jamais égalée. »

La construction du théâtre à Rabat devrait s’achever fin 2019.

Découvrez l’intégralité du témoignage Redshift en anglais en cliquant ici.

Le Concours BIM Polantis 2019, une escale à Evry-Courcouronnes à la conquête des Pyramides !

Le Concours BIM 2019, au cœur des Pyramides d’Évry-Courcouronnes

Pour la quatrième édition du Concours BIM dont Autodesk était sponsor l’année passée, Polantis s’est associé à Évry-Courcouronnes et situe le projet sur lequel les candidats du concours devront plancher au cœur du mythique quartier des Pyramides. L’année passée, les vainqueurs Marisol Declercq et Emmanuel Lara avec leur projet Nouvel Air avaient utilisé Autodesk Revit, ainsi que les lauréats de la 3ème place.

Cette édition 2019 soulève plus fortement que précédemment la question du contexte urbain et social : quelle architecture pour quel site ? Quelle proposition programmatique pour quel quartier ? Quel élan pour accompagner la réhabilitation d’un « grand ensemble » ?

Un Projet de Rénovation Urbaine des Pyramides a été validé en Comité National d’Engagement le 23 juin 2005. Il a permis la réhabilitation de plus de 900 logements, la restructuration d’une partie des espaces publics et des espaces verts, la démolition des bâtiments les plus dégradés. L’ilot Caravelle Nord, est – pour le moment – un terrain vague : c’est sur ce site que les candidats devront imaginer un projet.

Dans le cadre de ce concours d’idée, les candidats réfléchiront à la création d’un centre socio-culturel. Cet équipement de quartier aura une vocation sociale globale, il sera ouvert à l’ensemble de la population habitant à proximité, offrant accueil, animation, activités et services à finalité sociale.

Quels sont les enjeux pour les candidats ?

Tout d’abord, les candidats du Concours BIM 2019 devront concevoir ce centre socio-culturel en prouvant qu’ils ont utilisé une démarche BIM.
Le « Building Information Modeling » (BIM) ou, dans sa transcription française, la « modélisation des données du bâtiment » est une méthodologie de travail ou un processus destiné à produire des modèles de construction, sous la forme de maquettes numériques renseignées, structurées et riches.
Une révolution qui modifie profondément la façon de concevoir les bâtiments, mais également la manière de les construire, de les maintenir et de les exploiter.
Ils devront aussi mettre l’accent sur l’implantation centrale de ce bâtiment au cœur du site – des îlots d’habitations à forte densité – notamment en travaillant sur les espaces transitoires, les liens intérieurs/extérieurs, public/privé.

Enfin, pour démontrer que leur projet a été conçu dans le respect des normes thermiques et environnementales actuelles, les candidats auront la possibilité d’utiliser une plateforme de calcul thermique. L’objectif ? Réaliser une étude rapide garantissant les performances énergétiques du bâtiment.
Graitec, sponsor de cette édition est éditeur du logiciel ArchiWizard destiné à la réalisation de ce type d’études : une licence sera offerte à chaque équipe de candidats, le temps du concours. Graitec est aussi l’un des partenaires Revendeurs les plus importants d’Autodesk au statut Platinium.

Une soirée de questions-réponses sera organisée le 27 mai 2019. A cette occasion, les futurs candidats seront invités à poser leurs questions pour mieux appréhender le programme et les critères de jugement.

L’intégration des objets BIM, la maîtrise de l’information du projet

Aux côtés de Graitec (ArchiWizard) et de la Fondation Excellence SMA, les fabricants sponsors du Concours BIM sont Onduline, Velux, Reckli, La Toulousaine et Lafarge. Ils mettent leurs objets BIM à disposition des candidats pour les accompagner dans leur projet.


Ces avatars numériques des produits de la construction permettent d’accéder en un instant à toute l’information utile aux concepteurs et de contribuer à la parfaite maintenance des bâtiments.

Les caractéristiques du bâtiment dépendent fortement des caractéristiques des produits installés. Afin de construire mieux grâce au BIM, l’information contenue dans les objets BIM a donc une grande valeur : le Concours BIM demande aux candidats d’établir ce constat eux-mêmes lors de la conception de leur projet.

Quels partenaires pour la 4ème édition ?

Le Concours BIM sera accompagné de partenaires qui agissent au quotidien pour promouvoir le numérique dans le bâtiment : l’Ordre des Architectes, l’UNSFA, le Club BIM Prescrire, ADN Construction, Highline, HEXABIM, BTP.tv et Volumic.

Quelles dotations ?

Comme les années précédentes, l’équipe d’architectes lauréats se verra récompensée d’une prime de 10000€, les deuxième et troisième projets lauréats recevront respectivement 5 000€ et 2500€.

La soirée de remise des prix se déroulera le 3 octobre 2019 à Paris au siège de la Fondation Excellence SMA. Elle réunira de grands acteurs de la construction et du BIM autour des projets des finalistes.

Pour en savoir plus, contactez Manon Roger – Directrice Marketing et Communication de Polantis – au 01 42 64 07 02 ou à manon@polantis.com

Site officiel du Concours : https://bimcontest.com/

Algeco, un leader du modulaire et visionnaire s’adonne au BIM pour optimiser coûts et performances !

A une époque où construire vite, bien, moins cher et avec plus de performances devient une nécessité, un leader du modulaire, la Société Algeco s’adonne au BIM pour le plus grand bien de ses produits.

Ils ont compris que ce processus allait être une source d’économies évidente, notamment sur la partie gestion et maintenance des édifices construits sur base de leurs modules.

Ce cap a été franchi en 2015, date à laquelle Algeco a été visionnaire en proposant leurs premiers modules au format Autodesk Revit sur le portail du leader de la création d’objets BIM : la Société BIMobject.

L’entreprise a d’ailleurs intégré Revit dans son process de fabrication, et depuis, la totalité des bâtiments modulaires réalisés à partir de la gamme Progress est conçue en processus BIM avec Revit afin de proposer un projet 100 % adapté aux demandes du client. Résultats : des documentations de projets plus précises et détaillées, ainsi que des assemblages et aménagements de qualité et réussis.

Modules BIM Algeco Progress 2 Feu au format Revit

Le graal ultime pour Algeco sera de livrer directement le modèle BIM aux ateliers de fabrication (DfMA) pour une production optimale, ainsi qu’aux usagers de ses bâtiments pour une gestion et une maintenance qualitative et permettant de réaliser des économies d’échelle.

Découvrez le site d’Algeco en cliquant ici.

Découvrez le modules Algeco Progress 2 Feu sur le site BIMobject en cliquant ici.

Interview – Bouygues Immobilier et Gonçalo Ducla Soares, Responsable BIM et Architecte lèvent le voile sur leur stratégie BIM lors de BIM World 2019

Lors du dernier salon BIM World, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Gonçalo Ducla Soares, Architecte et Responsable BIM chez Bouygues Immobilier. Cette belle entreprise est organisée autour de 4 métiers : l’immobilier d’entreprises, le logement, le commerce et Urban Era.

Gonçalo est Responsable du déploiement du BIM de manière transverse au sein du Groupe Bouygues Immobilier afin de capitaliser sur ce qui se fait dans chacun des services et en faire bénéficier les autres.

Cette approche pionnière est directement liée à la politique centrale du BIM de la Société qui avait été signée par leur PDG fin 2016 et qui définissait notamment que tous les projets devraient être à 100% conçus et construits en BIM avec des livrables en openBIM (IFC) d’ici 2020.

De tous les départements, Urban Era est quasiment standardisé en BIM et les trois autres départements sont en très bonne voie.

Gonçalo Ducla Soares avec Alessandra Peroni travaillent à l’accompagnement de ce passage au BIM, aussi bien en interne qu’en externe, notamment au travers de formations et de communication, ainsi que de conduite du changement.

En tant que Maitrise d’ouvrage, Bouygues Immobilier est très responsable et impliquée dans ce changement dans le secteur du BTP, ainsi que dans la mise à disposition d’innovations pour les professionnels, ainsi que la simplification de leur quotidien.

Découvrez l’interview de Gonçalo Ducla Soares ci-dessous :

BIM World TV 2019 – Redshift TV by Autodesk

Interview Michel Bernasconi, l’implémentation du BIM en agence et les secrets de familles, un Expert se livre !

De la bonne préparation des gabarits, fichiers, objets de bibliothèques et standards de l’entreprise dans le workflow BIM, au même titre que la formation, dépendent le succès de l’implémentation du processus BIM au sein d’une société. Nous recevons cette semaine un Architecte et Expert confirmé du domaine qui s’est notamment spécialisé dans la modélisation des familles complexes, Michel Bernasconi et qui va nous en dire plus en quelques questions essentielles sur ces sujets.

Bonjour Michel, bienvenu sur ABCD Blog. Pourrais-tu stp te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Je suis Architecte D.P.L.G. depuis juin 1985. Je me suis intéressé dès cette époque à l’informatique graphique et j’ai fait un stage à l’IUT de Cachan en 1988, pendant 8 mois, sanctionné par un diplôme intitulé « Pratique des systèmes de CAO« .

J’ai participé au sein de mon agence pendant plus de 25 ans à des concours de Marchés Publics dans le domaine du Sanitaire et Social. En même temps que le travail de conception je remplissais le rôle de ce que l’on pourrait appeler aujourd’hui un « Model Manager« .

Depuis maintenant 4 ans je fais de la formation, de l’accompagnement et de la prestation d’objets de bibliothèques sur le logiciel Autodesk Revit.

Tu es architecte de formation et tu as une longue expérience dans ce domaine. Mais depuis combien de temps as-tu commencé à t’intéresser au BIM ?

J’ai toujours été un peu à l’affût en matière de nouveautés dans le domaine de l’informatique graphique appliquée à notre métier et j’ai commencé à m’intéresser aux logiciels fonctionnant comme des bases de données au début des années 2000.

J’ai adopté définitivement cette façon de travailler il y a une dizaine d’années.

Combien d’années d’expériences as-tu sur la pratique du métier en BIM et qu’est-ce que cela apporte selon toi aux architectes ?

J’ai maintenant un recul d’à peu près 8 ans sur la pratique du métier avec ces nouveaux outils.

Ils apportent au travail quotidien des concepteurs une cohérence et un confort dans la gestion de l’évolution du projet inconnus jusqu’alors et les libèrent des tâches graphiques fastidieuses inhérentes à la CAO des années 80/90.

Ils possèdent en outre dans leurs gènes la notion de collaboration aussi bien à l’intérieur de l’agence que vis-à-vis des partenaires qui constituent l’équipe BIM de maitrise d’œuvre.

Tu as depuis quelques années aussi décidé aussi de t’orienter vers le déploiement du BIM dans les agences. Pourquoi et comment cela se passe-t-il de manière pratique ?

Ayant moi-même été confronté à cette mutation importante à l’intérieur de mon agence, j’en mesurais pleinement les difficultés et je sentais bien que contrairement aux logiciels « d’autrefois », la simple formation initiale aussi pertinente soit-elle, ne suffirait pas au déploiement.

En collaboration avec la société Eurostudio, nous avons mis en place un programme d’accompagnement qui permet, après cette formation initiale, d’assister les stagiaires sur site, dans leurs conditions de travail réelles et sur des cas concrets de projet.

Cela permet à la fois de rassurer les personnes dans ce bouleversement de leurs méthodes de travail et de tranquilliser les employeurs sur la pérennité de leurs investissements dans les logiciels et la formation.

Tu crées aussi gabarits et objets de bibliothèques appelées familles. En quoi cela est important pour une agence qui décide de passer au BIM ?

Parce que je le constate au quotidien dans différentes agences, la mise en place d’un gabarit complet et adapté ainsi que la création d’une bibliothèque d’objets performante constituent une véritable  » machine de guerre  » susceptible de répondre aux enjeux d’une création et d’une production efficaces dans un contexte de plus en plus exigeant et mouvant.

Sans cela le processus de mutation peut s’avérer laborieux et l’agence peut même perdre un peu de la qualité de son identité graphique si importante pour les Architectes.

Dans les agences que tu as formées, y-a-t-il en général un Expert attitré de la création des familles ou pas ?

En général, il n’y en a pas et c’est à mon sens pour 2 raisons principales.

D’abord s’agissant de l’univers des familles dans Autodesk Revit, cette partie du logiciel est souvent méconnue, et évoquée succinctement dans la formation initiale par faute de temps.

Ce chapitre mérite qu’on lui consacre plusieurs jours dans des programmes de formation en perfectionnement qui sont parfois proposés mais peu suivis.

D’autre part, même si l’on trouve des personnes susceptibles d’endosser la charge de « Model Manager », l’étiquette d’Expert dans la création des familles peut faire craindre à certains d’être « cantonné » dans ce rôle en perdant ainsi un peu de leur identité de concepteur.

Sur les familles, tu as acquis un savoir-faire incontournable. Peux-tu stp nous en dire un peu plus ?

Incontournable, tu es très gentil ! Disons surtout que cela m’a intéressé dès le départ. J’ai senti qu’il y avait là un formidable potentiel à créer des objets « sur mesure », en pouvant les doter de différents comportements, et d’en maîtriser les aspects graphiques si importants dans notre métier.

L’environnement des familles s’appuie bien évidemment sur le principe du paramétrique (plans de références gérés par des cotes associées à des paramètres) si constitutif de l’univers d’Autodesk Revit. Si la géométrie 3D se verrouille sur ces plans de références, on dispose en outre d’une palette d’outils graphiques 2D très adaptés aux besoins de la production de documents à différentes échelles.

Tu crées principalement des familles pour les architectes ou aussi pour les autres disciplines ?

J’essaie effectivement de rester dans le domaine que je connais le mieux et je n’aurais pas forcément une grande pertinence sur des familles concernant par exemple les fluides qui me paraissent pourtant toujours très intéressantes.

Néanmoins, j’ai eu l’opportunité ces dernières années de travailler sur du mobilier de vente à l’occasion d’une formation et d’un accompagnement dans une société de la très grande distribution. J’ai pu constater une fois encore la polyvalence et l’interdisciplinarité du logiciel.

Est-ce une passion pour toi de t’être spécialisé sur ce sujet ?

On peut le dire ! Aussi étrange que cela puisse paraitre à certains, c’est pour moi devenu une véritable passion de travailler au quotidien dans l’univers des familles.

Combien de temps passes-tu sur la création d’une famille ?

Voilà la question à laquelle il est quasiment impossible de répondre tant les spécificités des typologies de familles sont différentes.

Ce qu’il faut savoir c’est qu’indépendamment de l’ergonomie de la famille et du « cahier des charges » plus ou moins exigeant, le plus long dans les familles complexes telles que les fenêtres, c’est l’implémentation des éléments de lignes symboliques 2D qui permettent de décliner les niveaux de détails (faible, moyen, élevé).

C’est une phase qui demande de la méthode, du soin, du savoir faire et donc du temps !

Quelles sont les règles incontournables à respecter ?

Je pense qu’il faut avoir une bonne maitrise des catégories de familles Revit et s’appuyer sur les bons gabarits de familles qui déterminent des comportements et renferment les bons « Styles d’objets ».

Il faut surtout bien définir avec les utilisateurs finaux le cahier des charges de la famille qui va déterminer le niveau de complexité et le besoin en paramètres.

Est-ce compliqué comme certains se l’imaginent ?

Lorsque je fais de la formation initiale et que je fais découvrir l’univers des familles avec un exemple de mobilier très simple, je dis souvent aux stagiaires qu’on ne va pas faire de choses compliquées mais simplement inhabituelles par rapport à leur travail quotidien.

Je leur précise toujours que cela reste très graphique et que la mise en place des paramètres n’a rien à voir avec l’utilisation d’un langage de programmation.

Y-a-t-il des familles complexes dont tu es particulièrement fier ?

Fier, le mot est un peu fort mais certaines familles m’en ont fait baver et j’étais content d’en venir à bout !

Je pense notamment à une famille de fenêtres avec des petits bois et un ABF avec des exigences particulières. La difficulté résidait dans la complexité du cahier des charges qui s’alourdissait de jour en jour. Un mélange entre la mise en place d’un réseau avec des divisions régulières et des possibilités de sortir du quadrillage en jouant sur des intervalles différents et des visibilités.

Un joli casse-tête !

Qu’est-ce qui est le plus dur selon toi quand on crée des familles ?

Le plus dur à mon sens, c’est de démarrer sans vraiment s’appuyer sur une méthodologie et sans avoir bien appréhendé la notion d’imbrication qui bien qu’ayant ses contraintes, facilite à terme le travail. Pour prendre un exemple, une famille « poignée » est insérée dans une famille « ouvrant » qui sera elle-même imbriquée dans la fenêtre finale dans laquelle une famille « dormant » aura été insérée, à l’instar des poupées russes.

Cette façon de procéder permet de préparer ses « kits » qui seront ensuite assemblés un peu comme le process industriel lui-même.

Ce principe d’imbrication est un réflexe qu’il faut avoir quel que soit la catégorie de famille.

Est-ce que cela coûte cher ?

C’est du temps passé et de la matière grise, deux notions auxquelles les Architectes devraient être sensibles puisqu’ils les défendent pour eux-mêmes à juste titre !

Je pense surtout que le plus difficile est de faire comprendre ce que cela rapporte en termes de rapidité, d’efficacité de production et de cohérence graphique.

La difficulté est d’autant plus grande si les décideurs sont éloignés de l’outil informatique.

Quelle est la différence entre ta production et ce que l’on peut télécharger sur les sites des producteurs d’objets de bibliothèques ?

Le succès remporté par Autodesk Revit a eu pour conséquence de voir émerger ça et là pas mal d’objets de bibliothèque au format « rfa » sur des sites de producteurs.

Mon propos ici n’est pas de dénigrer telle ou telle production mais d’attirer l’attention sur un point crucial qu’il faut aborder absolument : l’implémentation des niveaux de détails.

Ils permettent dans les vues 2D (plans et coupes) de hiérarchiser les aspects graphiques des éléments dans les vues de projet en fonction des besoins et(ou) des échelles des différents documents à produire.

En outre, il est à noter que cette implémentation permet de coller aux exigences présentes et futures inhérentes à un projet BIM, et de satisfaire aux différents niveaux de rendus des phases et des livrables.

C’est ce que je m’efforce absolument de mettre en œuvre dans mes objets de bibliothèque et j’ai souvent constaté que cela manquait la plupart du temps sur les différents sites.

Qu’est-ce qui selon toi fait la force d’Autodesk Revit dans le domaine de la création d’objets de bibliothèque ?

Dans ce domaine on peut dire qu’Autodesk Revit possède pas mal d’atouts que j’ai eu l’occasion d’évoquer.

Tout d’abord l’environnement qui permet la création du « squelette paramétrique » gérer par des variables facilitant la déclinaison des différents types dimensionnels dans une même famille.

Ensuite le fait que tout cela se passe de manière très graphique sans intervention d’une quelconque programmation me parait un gros avantage.

Enfin et j’ai insisté à plusieurs reprises, le fait de pouvoir implémenter les représentations symboliques des différents niveaux de détails dans les vues 2D conduisant ainsi à la maitrise totale de l’aspect graphique.

Comment interviens-tu en général ? Directement dans l’agence ou depuis le bureau à partir d’un cahier des charges défini ?

Pour la prestation d’objets de bibliothèque, même si le travail peut se faire en dehors après la définition du cahier des charges, il est primordial d’avoir du temps sur site au milieu des utilisateurs finaux qui testent les objets directement dans les projets.

Cela permet de parfaire le « contrôle qualité » indispensable et plus pertinent en condition réelle et de faire éventuellement évoluer le comportement des familles.

T’arrive-t-il d’intervenir aussi en tant que Docteur Bernasconi pour vérifier les familles créées par certains et y apporter des remèdes pour qu’elles fonctionnent bien ?

Cela m’est bien sûr arrivé comme tout le monde surtout quand je fais de l’accompagnement de devoir « ausculter » une famille de fenêtre récalcitrante dont on change les dimensions et qui ne varie pas le moins du monde !

Lorsqu’on peut apporter un remède rapide et efficace (un paramètre mal associé ou une géométrie mal verrouillée) c’est avec plaisir, mais malheureusement il y a souvent des familles mal conçues au départ qui ne méritent pas d’être sauvées !

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaiterait se lancer dans la création de familles ? Et éventuellement devenir le référent en ce sens ?

D’abord je l’encouragerais car c’est vraiment passionnant. Mais je lui conseillerais surtout de faire une formation de perfectionnement orientée vers la création d’objets de bibliothèque.

Je pense que cela lui fera gagner du temps et lui permettra de partir sur de bonnes bases.

Attention à « l’auto-formation » en s’inspirant de familles existantes car lorsqu’on est débutant sur le sujet, il est difficile de repérer celles qui sont pertinentes.

Quels sont tes projets de développement pour le futur dans ce domaine ou autre ?

J’espère pouvoir continuer à accompagner les agences dans cette formidable transition que représente le BIM, que ce soit sur la création de bibliothèques d’objets ou sur la mise en place d’outils susceptibles de simplifier le métier des concepteurs au quotidien.

C’est d’ailleurs dans cet état d’esprit que je  » lorgne  » de plus en plus depuis quelques temps sur Dynamo. Je débute sur cette belle interface graphique de programmation et c’est une façon pour moi de me remémorer mon stage lointain à l’IUT de Cachan où j’ai découvert et pratiqué la programmation en langage C pendant près de 6 mois.

Peut-on te contacter pour en savoir plus ou te demander de créer des familles ad-hoc ?

On peut bien évidemment me contacter et je vais donner mes coordonnées. Je reste ouvert à toute forme de collaboration, dans la limite bien sûr de mes compétences.

Y-a-t-il un message particulier que tu souhaiterais faire passer à nos lecteurs ?

Compte tenu de tout ce qui précède, vous comprendrez aisément que j’encourage fortement les utilisateurs d’Autodesk Revit à se pencher sur l’univers des familles ! C’est vraiment passionnant, bien conçu, performant et très adapté à nos besoins « métier ».

Je me sens même prêt quant à moi à en faire le passe-temps préféré de mes vieux jours !

Michel Bernasconi, Architecte

+33614500560

michel.bernasconi@gmail.com

Cher Michel, un grand merci et bravo pour ton parcours si riche et tous ces conseils efficaces.

Exceptionnel, Autodesk Revit premier logiciel certifié IFC sur la définition du MVD Génie-Civil par buildingSMART Japon

C’est une première au Japon et dans le monde, le premier logiciel BIM certifié sur un MVD Génie-Civil, et celui-ci n’est autre qu’Autodesk Revit !

Les japonais n’ont pas les mêmes systèmes de certification que partout ailleurs et cette demande était très forte pour pouvoir utiliser le standard IFC sur les projets Infrastructure.

C’est chose faite. Bravo à buildingSMART Japan et aux Equipes d’Autodesk Japon pour cette nouvelle avancée dans l’openBIM.

Lire le détail de la certification en cliquant ici.