Le BIM au service de l’avenir des jeunes dans le BTP, Interview de Pascal Parent, Professeur impliqué et fervent évangélisateur des bienfaits du BIM

Pascal Parent est un enseignant pionnier de l’évangélisation du BIM au lycée que nous connaissons depuis bien longtemps. Il fait partie de ces personnes passionnées et aimant transmettre, sans qui, les jeunes générations seraient bien démunies face aux progrès du numérique et notamment du BIM.

Pascal Parent, Professeur d’économie de la construction au Lycée des métiers du Bâtiment Aristide-Bergès de Saint-Girons, et conseiller BIM des corps d’inspection de l’Éducation Nationale

Installé en Ariège, il a, par la pédagogie innovante mise en place avec ses collègues, permis de faire évoluer l’écosystème local. Professeur d’économie de la construction au Lycée des métiers du Bâtiment Aristide-Bergès de Saint-Girons, et conseiller BIM des corps d’inspection de l’Éducation Nationale, il a dès 2009 introduit la notion de BIM dans ses cours.


Auprès de quelles classes introduisez-vous l’apprentissage du BIM ?
J’enseigne en lycée des métiers du bâtiment, ce qui, pour l’Éducation nationale, est un label de d’ouverture vers le mode professionnel. Nous avons introduit le BIM dans la pédagogie dès 2009. Mon enseignement porte sur l’économie et l’étude des constructions. Les classes sont essentiellement des cursus de bac pro technicien du bâtiment études et économie (teb2e). J’interviens aussi beaucoup auprès des Bac Pro installateur sanitaire, peinture, et maçonnerie avec qui nous utilisons aussi beaucoup le BIM.

À l’époque, le BIM, surtout dans les TPE/PME, n’était pas si répandu. Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre en place un tel enseignement dès le lycée ?
À l’époque, nous travaillions déjà sur ordinateurs mais en 2D sur AutoCAD. Or, l’interface 3D m’a tout de suite parue comme un support à fort potentiel pédagogique. Elle a immédiatement permis à nos élèves une meilleure compréhension des ouvrages. Par la suite, la pédagogie par projets, puis les applications BIM se sont développées et cela a suscité encore davantage d’intérêt chez les lycéens.


Maxime présente à ses camarades le fonctionnement du BLK360

D’un point de vue pédagogique, comment appréhendez-vous l’apprentissage du BIM à ce niveau d’études ?
Le BIM est pour nous un processus qui doit,être acquis sur un continuum allant de la première année de lycée jusqu’à Bac +3, ce qui correspond au niveau de Licence professionnelle. Au niveau Bac Pro, on forme des diplômés destinés à devenir référents BIM. Pour nous, le BIM est avant tout un contexte numérique avancé pour acquérir des compétences. Il n’est pas une compétence en soi. La compétence, c’est de réaliser un métré, un devis, un quantitatif, ou un relevé d’ouvrage. Je comparerais le BIM à l’eau d’une mer dans laquelle nous apprenons aux élèves à nager, et ce sous différentes contraintes météo.

Cet enseignement numérique distingue-t-il votre établissement des autres lycées aux alentours ?
Nous sommes en milieu rural, dans la périphérie sud de Toulouse, au sein d’un établissement à taille humaine. Cela peut paraître paradoxal vu de l’extérieur mais notre positionnement géographique et notre petite taille donne un certain confort d’enseignement et permet d’innover. Je viens du secteur privé avec une expérience de 6 ans chez Bouygues Construction. Le lien école-entreprise est essentiel à mes yeux. Très rapidement, nous nous sommes donc rapprochés des organismes professionnels locaux qui se sont intéressés à notre démarche. C’est cocasse mais cela a permis des transferts de technologie… du lycée vers l’entreprise ! Cela a participé du changement de regard sur notre lycée, tant au niveau des cabinets d’architecte que des entreprises du bâtiment.


Le lycée en cours de modélisation avec Autodesk Revit et ReCap

Quid de la relation entre les élèves et le lycée ?
Parce qu’il est un vecteur de partenariats entre le lycée et les entreprises, le BIM a également permis aux élèves d’avoir une autre vision de leur formation. Quand on rentre en seconde, même en lycée des métiers, on n’a pas forcément une vision très claire de son projet professionnel. Être en avance sur le numérique a permis à l’établissement d’être valorisé et d’élargir la zone de recrutement autour du lycée.

Entre l’équipement informatique et l’acquisition des licences, ce choix pédagogique requiert des moyens. Comment les avez-vous obtenus ?
Il y a eu une forme de prime à l’innovation. Parce que nous étions pilotes au niveau de cette technologie, nous avons pu convaincre le conseil régional de Midi-Pyrénées (aujourd’hui Occitanie, ndlr), qui est compétent pour ce type d’investissement, de nous doter de stations de travail professionnelles récentes, renouvelées régulièrement. Au départ, nous faisions l’acquisition des logiciels, puis dès 2013, Autodesk a mis à notre disposition gratuitement des versions pédagogiques de sa suite de logiciels AEC avec notamment Revit, Navisworks, et la plateforme collaborative A360. Cela nous a permis d’élargir le champ des possibles en matière d’enseignement.


Les élèves modélisent leur lycée à partir des scans laser 3D ou des drones.

Que change cette pédagogie pour l’employabilité de vos élèves en sortie d’étude ?
Leurs compétences techniques sont restées les mêmes. Dans le même temps, leurs compétences numériques se sont accrues. En entreprise, le regard sur eux a changé et ils apportent une pratique. Les entreprises sont souvent surprises du niveau affiché par les diplômés quant à la maîtrise des outils numériques professionnels. Une de mes élèves, qui trouvaient par ailleurs que nous faisions trop de maquettes numériques en cours, vient d’être embauchée dans une entreprise en tant que métreur-économiste. C’est sa maîtrise préalable de Revit qui a fait la différence… Je pense qu’elle ne m’en veut plus !

Vous êtes aujourd’hui conseiller BIM des corps d’inspection de l’Éducation Nationale. Comment s’opère le travail d’évangélisation auprès de vos collègues enseignants ?
En 2009, nous devions être 4 ou 5 enseignants sur toute la France à être sensibles au BIM. Nous avons été rapidement repérés par l’Inspection générale du ministère qui a déployé des séminaires de formation. Depuis cinq ans, on observe une montée en charge permanente dans toutes les académies. Un site internet libre d’accès recense les différentes pratiques pédagogiques. Il existe bien sûr des disparités en termes de déploiement des outils dans les différents lycées de France, mais depuis 2016, on ne peut plus passer un bac pro Teb2e sans avoir une maquette numérique à l’examen. C’est la même chose depuis 2017 pour un bac pro en maçonnerie.

L’interface 3D m’a tout de suite parue comme un support à fort potentiel pédagogique. Elle a immédiatement permis à nos élèves une meilleure compréhension des ouvrages. Par la suite, la pédagogie par projets, puis les applications BIM se sont développées et cela a suscité encore davantage d’intérêt chez les lycéens.
—Pascal Parent, Professeur d‘économie de la construction, Lycée Aristide-Bergès

Séance de relevé d’une chapelle, travail d’une classe de 1° Bac Pro TEB (Juin 2018, photo Pascal Parent)

Avez-vous, avec vos élèves, travaillé à des projets concrets en lien avec des entreprises ?
L’exemple le plus parlant est le projet Énergie3DContruction, lauréat PACTE/ PTNB. L’un de ses intérêts était de tester le BIM sur un petit projet public, en partenariat avec les antennes locales de la CAPEB, de la FFB, la DREAL, la DIRRECTE, Chambre des métiers, etc. l’ordre des architectes, l’École supérieure d’architecture de Toulouse, ainsi que les entreprises ayant remporté les marchés. En l’espèce, il s’agit de la construction d’une maison de santé dont le permis de construire en BIM (!) vient d’être obtenu. Dans ce projet, le lycée Aristide-Bergès a été désigné comme pilote avec la communauté de communes Couserans Pyrénées, qui est maître d’ouvrage. Avec ce partenariat, nous faisons à la fois monter en compétence nos élèves qui sont partis en stage dans les entreprises impliquées, tandis que les professionnels se sont formés à l’usage de Revit et Navisworks. Prochaine étape : nous allons depuis le Lycée Aristide-Bergès former les entreprises à l’usage du BIM sur le chantier. L’expérience acquise sur ce projet nous a permis de proposer au ministère la création d’un campus des métiers du bâtiment et des usages du numérique de la région Occitanie. Celui-ci a été validé en 2017 avec la note maximale de trois étoiles, validant ainsi sa pertinence. Nous travaillons donc tous ensemble sur le BIM, mais à l’échelle régionale et avec un réseau de partenaires élargi.

Images : avec l’aimable autorisation de Pascal Parent

Accédez au PDF de la Success Story en cliquant ici.

Le BIM chez Veolia Water Technologies – Reportage vidéo

Le BIM est un processus de travail collaboratif permettant à différents acteurs d’assurer la conduite et la réussite d’un projet. Depuis 2014, la Société OTV a opéré sa transition vers ce processus avec toute une équipe dédiée d’experts qualifiés.

VEOLIA c’est un effectif de 163 000 collaborateurs répartis sur les cinq continents représentant trois pôles d’activités : eau, propreté et énergie, pour un CA de 25 milliards d’euros dont 44% pour VEOLIA Eau. Sur les marchés municipaux et industriels, VEOLIA Water Technologies représente 9200 collaborateurs dont 1900 en France.

Nous avions d’ailleurs reçu et interviewé Tony Bodelot, Coordinateur Département BIM Tools chez VEOLIA Water Technologies

Découvrez cette semaine la vidéo de témoignage de Tony et toute son équipe présentant leur offre ici.

Le Grand Théâtre de Rabat, un chef d’oeuvre de Zaha Hadid conçu et construit en BIM – A lire sur Redshift

A lire sur Redshif en anglais ici. Ou en français ci-dessous.

Erigé sur les rives du fleuve Bouregreg au Maroc, le Grand Théâtre de Rabat, bâtiment iconique désiré par tous, s’achèvera au plus tard cette année, transformant ainsi l’horizon de la capitale Marocaine. Conçu par la célèbre Architecte Zaha Hadid hélas disparue il y a déjà plus de deux ans, et son agence Zaha Hadid Architects (ZHA), travaillant en étroite collaboration avec plusieurs consultants locaux, le théâtre – premier projet de Zaha Hadid construit en Afrique – sera l’un des derniers et des plus durables legs de celle qui fut lauréate du prestigieux prix Pritzker d’architecture.

Le style affirmé et reconnaissable entre tous de Zaha Hadid est bien présent : lignes ondulées, courbes et formes fluides inspirées de la calligraphie arabe et du fleuve qui borde l’édifice. Le projet comprend un théâtre de 1 800 places, un amphithéâtre à ciel ouvert de 7 000 places, un théâtre de taille plus modeste, des ateliers et un restaurant avec une vue panoramique. L’auditorium principal présente un motif géométrique cristallin inspiré des muqarnas marocaines traditionnelles (les plafonds voûtés ornementaux sont une référence dans l’architecture islamique) mais sa forme générale est plutôt futuriste.

L’auditorium principal. Avec l’aimable autorisation de Zaha Hadid Architects

Le théâtre fait partie du programme national de développement culturel du roi Mohammed VI, qui préconise un développement intégré et durable de la vallée du Bouregreg, y compris Rabat et sa ville jumelle de Salé, située de l’autre côté du fleuve Bouregreg.

Une fois achevé, le complexe sera la pièce maîtresse d’un quartier dynamique à usage mixte, imaginé par le roi Mohammed VI, qui comprendra des magasins, des restaurants et des attractions culturelles et de divertissement répondant aux critères de qualité internationaux. Le modèle de développement urbain intégré est conçu pour cohabiter en harmonie avec le patrimoine et l’environnement du site.

« Je suis ravi de concevoir et de construire le Grand Théâtre », avait déclaré Zaha Hadid lors de la finalisation du projet en 2010. « Les traditions musicales uniques du Maroc et sa riche histoire culturelle dans le domaine des arts de la scène sont renommées dans le monde entier. »

Le défi de l’équipe de conception consistait à créer une impression de fluidité naturelle et à concevoir une manière intuitive de diriger les visiteurs dans leurs promenades. «Étant donné que le paysage environnant est sujet aux activités sismiques, il était primordial d’assurer la stabilité structurelle», explique Reda Kessanti, chef de projet principal chez ZHA. «Le théâtre est construit comme une« boîte dans une boîte », dans laquelle les espaces intérieurs sont structurellement isolés de l’extérieur. La coque de béton est soutenue par une grille constituée de nervures et une infrastructure en acier recouvrant la forme originale du bâtiment. L’enveloppe du bâtiment est sculptée dans la partie supérieure de l’amphithéâtre; sa terrasse offre une vue magnifique sur la vallée. » Les pieux profonds apportent également une solidité structurelle à ce paysage fluvial.

«La forme, à la fois douce et massive, descend doucement vers le sol et offre un amphithéâtre en plein air qui se fond progressivement dans le paysage environnant», explique Kessanti. «Le Grand Théâtre de Rabat tire son énergie du fleuve Bouregreg et s’intègre à l’environnement de la vallée. Le côté dynamique de la rivière est représenté sur place dans le paysage du parc qui engloutit le théâtre ainsi que l’amphithéâtre. ”

Le lobby inondé de lumière. Avec l’aimable autorisation de Zaha Hadid Architects

La lumière est essentielle dans la conception, loin des espaces stéréotypés des salles de cinéma sombres et carrées. «L’éclairage de la crique serpente autour de la façade curviligne, tandis que les puits de lumière et les grandes entrées en verre permettent au bâtiment de briller de l’intérieur», explique Kessanti. À l’intérieur du théâtre, des projecteurs soulignent les murs dorés à facettes de l’auditorium, tandis qu’à l’extérieur, les visiteurs se promènent dans un amphithéâtre avec des gradins éclairés de manière subtile par un éclairage continu des escaliers et des balustrades.

Zaha Hadid était connue pour ses projets novateurs, souvent difficiles à construire. Le Grand Théâtre est conçu dans cette tradition. En raison de la forme inhabituelle du bâtiment et des besoins en programmation variés, la modélisation 3D était essentielle. «Le projet a débuté en utilisant un processus 2D traditionnel, mais lors de la phase de conception détaillée (APD) en 2014, le bureau d’architecture local Omar Alaoui Architectes a reconnu que la géométrie complexe de la conception de ZHA exigerait une coordination plus approfondie en 3D», explique Kessanti.

«L’équipe a dû travailler rapidement pour mettre en place un flux de travail BIM utilisant Autodesk Revit et un LOD [Level of Detail] 200, équivalant à peu près au premier niveau du BIM, pour produire toute la documentation de construction», poursuit Kessanti. « Cependant, la transition s’est avérée problématique, car le secteur de la construction locale de l’époque ne connaissait pas le BIM et les consultants MEP [mécanique, électricité et plomberie] et structure ne disposaient pas des ressources ayant les compétences nécessaires. »
L’agence Zaha Hadid a donc mis en place un groupe de travail dédié au BIM qui a travaillé ensemble dans des ateliers en direct pour résoudre la complexité de la géométrie du bâtiment. Un plug-in pour Revit sur mesure, ZHA BIM, a été développé pour extraire les données et la géométrie originale du modèle 3D. y compris Autodesk Maya, et permettre d’attribuer des informations et des spécifications aux composants 3D.

«Le processus BIM nous a permis d’obtenir une coordination et une rationalisation complètes de la conception, en transformant les surfaces complexes à double courbe en facettes et en modifiant les matériaux afin de réduire les coûts», déclare Harry Ibbs, responsable BIM pour ZHA. « Le logiciel Revit nous a aidés à visualiser simultanément une belle architecture et en a fait le rêve d’un entrepreneur. »

Lors de la construction du bâtiment sur site, des consultants et des entrepreneurs locaux travaillaient en BIM et avec Revit pour produire des modèles parfaitement coordonnés et pour pouvoir gérer les détection de collisions, a déclaré Kessanti. «Nous savions que le modèle était nécessaire pour économiser de l’argent à la fois pour le client et pour l’entrepreneur», a-t-il ajouté. «Sans ce processus BIM, nous aurions dû percer des murs et des sols en béton pour travailler dans la structure, ainsi que dans la plomberie et l’électricité pour la CVC.»


La construction devrait se terminer en 2019. Avec l’aimable autorisation de Zaha Hadid Architects

Le décès brutal de Zaha Hadid en 2016 a donné encore plus d’importance aux projets posthumes tels que le Grand Théâtre. Kessanti dit que le Grand Théâtre, comme les autres chefs-d’œuvre de Hadid, sera probablement cité pendant de nombreuses années. La vision de Zaha Hadid « est évidemment très importante dans le monde de l’architecture », dit-il. « Très souvent copiée mais jamais égalée. »

La construction du théâtre à Rabat devrait s’achever fin 2019.

Découvrez l’intégralité du témoignage Redshift en anglais en cliquant ici.

Interview BIM – Episode #22 Merri Lawan, Expert Développements BIM et Ingénieur chez VINCI Construction France

Bonjour à tous,

Nous avons l’honneur de recevoir aujourd’hui l’une des personnes clés au sein de VINCI Construction France, Merri Lawan qui est en charge du développement des outils méthodes pour le chantier. Nous allons évoquer les grands chantiers de numérisation qui permettent au Groupe VINCI Construction d’être encore plus efficace et à la pointe dans le domaine de la Construction, et surtout, découvrir le parcours très intéressant de Merri.

Bonjour Merri, nous sommes enchantés de te recevoir sur ABCD Blog. Nous avons l’habitude de recevoir des BIM Managers, c’est donc une première pour nous de discuter avec un Responsable du Développement des Outils Méthodes.

Pourrais-tu tout d’abord nous présenter VINCI Construction France en quelques mots, même si votre Groupe est renommé ?

Effectivement, avec 20 000 collaborateurs, VINCI Construction France – filiale du groupe VINCI et leader français du BTP – intervient dans tous les métiers du bâtiment, du génie civil, des réseaux, des métiers de spécialités et du développement immobilier.

Ton parcours universitaire t’a mené très naturellement vers le développement d’outils méthodes et pas vers la partie BIM Management, malgré ton double diplôme d’Ingénieur GC et géotechnique. Pourrais-tu stp retracer pour nos lecteurs ton parcours extrêmement intéressant et nous parler de ta passion pour les mathématiques et le développement dès ton plus jeune âge ?

J’ai toujours eu une attirance pour les sciences en général, plus particulièrement les mathématiques et la physique. Très jeune, j’ai eu accès à un ordinateur ce qui fait que j’étais à l’aise avec l’outil informatique. A l’université j’ai fait un DEUG MIAS (Mathématiques et Informatique Appliquées aux Sciences) et c’est à ce moment-là que j’ai découvert toute la puissance de l’informatique – à travers la programmation – pour résoudre des problèmes mathématiques complexes. Après mon DEUG, j’ai intégré une école d’ingénieur en Génie Civil car le monde de la construction m’a toujours fasciné aussi (mon père, diplômé de l’ESTP, m’emmenait souvent sur ses projets). J’ai eu l’opportunité durant mon stage de fin d’études de choisir un sujet qui combinait mes 2 passions : le btp et l’informatique. Il s’agissait de développer des outils sur AutoCAD pour augmenter la productivité des services Méthodes.

Tu as été diplômé et tu as très rapidement intégré Bouygues Construction en 2006 pour t’occuper de développement d’outils BIM Sur AutoCAD avant l’heure. Pourrais-tu nous en dire plus ?

Comme je le mentionnais plus haut, j’ai commencé chez Bouygues par un stage de fin d’études dont le but était de développer des outils sur AutoCAD afin d’augmenter la productivité des services Méthodes. Ce PFE m’a passionné, j’ai été embauché chez Bouygues à la suite de ce stage avec une double casquette : ingénieur Méthodes et développeur au service des BET Méthodes en France. La plupart des développements faits sur AutoCAD étaient similaires à ce que peut offrir Revit aujourd’hui en terme de métré et phasage. Lorsque j’ai découvert Autodesk Revit en 2009, j’ai tout naturellement pensé que c’était l’avenir et qu’il était temps de quitter AutoCAD pour un vrai logiciel métier dédié à la construction.

5 ans après, tu intègres VINCI Construction France pour t’occuper de développement d’outils méthodes BIM sur Revit directement. Pour quelles raisons et quelles ont été tes premières missions ?

C’est donc suite à la découverte du potentiel de Revit que j’ai décidé de me réorienter vers le BIM : j’ai postulé chez VINCI Construction France au sein du service Maquette Numérique de Projet (piloté à l’époque par Jean-Baptiste Valette) : le but de ce service était d’assurer la transition des filiales de VINCI Construction France vers le numérique.

Tu as d’ailleurs commencé avec Daphné Duresseix qui depuis a pris la direction de l’Equipe de BIM Management. Comment collaborez-vous avec son service qui bénéficie directement de vos outils développés ?

J’ai effectivement commencé en 2011 avec Daphné. Au début, on a tous les deux fait à la fois de la modélisation, du développement/paramétrage de logiciels BIM, de la veille chez les éditeurs, ainsi que des formations au sein des filiales. A l’époque, le BIM était encore perçu pour beaucoup comme de l’animation 3D sans grand intérêt : il fallait se battre pour convaincre les filiales de faire la transition. Puis, petit à petit nous avons eu de plus en plus de demandes pour du BIM Management pour les gros projets. L’équipe s’est alors scindée en deux : un pôle projet dirigé par Daphné, et un pôle développement dont je fais partie.

Nous développons aujourd’hui pour l’ensemble des filiales ce qui permet à l’équipe de projets de bénéficier de nos outils. A l’inverse, l’expertise pointue en BIM de l’équipe projets nous permet d’anticiper plus rapidement les besoins en développement et donc d’avoir un train d’avance sur les demandes des filiales.

Quels sont les cas d’usages principaux des applications que vous développez et pourquoi ?

Les principaux cas d’usage de nos développement sont :

  • Les métrés études de prix et opérationnels : crucial pour le chiffrage et la sécurisation du planning
  • Les outils de calepinage de matériel en fonction du phasage : crucial pour nos services Méthodes qui gagnent énormément de temps sur cette tâche
  • Application suivi de chantier : pour nos services travaux afin que le pointage puisse remonter automatiquement dans nos outils financiers
  • Outil de synthèse : circuit de validation pour les demandes de réservations des CET et GO (Corps d’Etats Techniques et Gros-Oeuvre NDLR)
  • Outil de contrôle qualité pour vérifier l’intégrité de nos maquettes
  • Gabarits, bibliothèques : objets numériques paramétriques, styles et mises en pages pré paramétrées.

La production chez VINCI Construction France est essentiellement basée sur Revit. Cela influence-t-il vos développements ?

Oui, beaucoup de nos développements sont de fait basés sur Revit, même si nous pensons à développer des outils de plus en plus indépendants de la plateforme (outil de chantier basé sur le cloud par exemple).

Vous avez une relation collaborative de qualité avec Autodesk dans le cadre de ces développements. Pourrais-tu nous dire comment cela s’organise ?

Oui nous avons signé un contrat EBA avec Autodesk en 2015 et qui intègre un accès au Consulting. Ce consulting nous a permis de bénéficier de développeur experts sur les différents produits Autodesk (notamment Revit et la plateforme cloud Forge).

Nous avons une collaboration étroite depuis quatre ans (des points réguliers toutes les semaines, des réunions physiques tous les trois mois, des présentations communes lors des Autodesk University à Las Vegas tous les ans, des webinars et co-présentations organisées en interne avec l’aide d’Autodesk). Durant ces années, notre collaboration n’a fait que gagner en efficacité et en confiance : c’est comme si Autodesk faisait partie de la maison et vice-versa. Cette collaboration a clairement donné un nouvel élan à ma carrière (développement en compétences informatiques, cloud et management de projet dev, développements de mon niveau d’anglais et prise de parole dans des évènements majeurs) et accéléré de manière significative la mise en production de nos développements en interne : aujourd’hui nous comptons plusieurs centaines d’utilisateurs au quotidien.

Pourquoi choisir de développer (par exemple) une application d’estimation des quantités et coûts alors qu’elles existent sur le marché ?

Nous avons choisi de développer notre propre application de métré car nous voulions un outil totalement intégré à Revit (nous ne voulions pas avoir à changer d’outil pour extraire des quantités et perdre ainsi en efficacité). Or Revit natif n’était pas satisfaisant en terme de précision et de visualisation de métré (longueurs des voiles, finitions des pièces, surfaces nettes/brutes…). Nos outils pallient ainsi aux carences de Revit en calculant les valeurs manquantes dans le logiciel, en générant les finitions de pièces 3D, ainsi qu’en exportant de manière packagée nos métrés. Pour plus de détails sur ces sujets, nous avons fait quelques classes à Autodesk University.

Quels sont vos grands objectifs pour vos équipes avec le développement de telles applications ?

L’objectif pour nos équipes est de pouvoir migrer 100% de nos BET sur Revit : même si Revit offre déjà une bonne base, augmenter leur productivité par le  biais de développements complémentaires permettrait d’accélérer l’adhésion de nos filiales au BIM. La maquette BIM pourrait ainsi circuler entre nos différents services afin de mutualiser le coût de la production d’une maquette sur un chantier.

Toujours sur la partie estimation, quelle stratégie adoptez-vous ? Modélisation de tous les éléments ou extrapolation des quantités en s’appuyant sur certaines informations ?

Cela va dépendre de la phase du projet. En phase appel d’offres, nous n’avons en général pas le temps de tout modéliser. Nous modélisons au moins le Gros-Œuvre et extrapolons ou sous-traitons le métré TCE. Par contre, en phase exécution, l’objectif est de modéliser et de phaser à la fois le Gros-Œuvre et les corps d’états secondaires.

Travaillez-vous essentiellement sur la partie gros-œuvre ou aussi sur les corps d’états secondaires ?

Comme évoqué précédemment, nous ciblons l’ensemble des corps d’états, car la finalité est de pouvoir maitriser le planning TCE en phase exécution

Comment vous assurez-vous que les maquettes des architectes, BE et les vôtres soient toujours synchronisées ?

Effectivement, la synchronisation des maquettes est un vaste sujet. Aujourd’hui, les modifications architectes, BE et les nôtres sont répercutées à la main car nous n’avons pas trouvé d’outil permettant d’automatiser cela (le copier-contrôler de Revit est une piste mais est trop limité et lourd à mettre en place). En revanche, nous avons développé dans Revit un outil permettant d’identifier rapidement tous les changements ayant eu lieu entre 2 versions d’une même maquette et répercuter ensuite ces changements manuellement. A terme, on envisagera une répercussion des changements un peu plus automatisée.

S’assurer le succès, c’est aussi partager les bonnes pratiques. A l’instar de votre BlueBIM Tool Box, proposez-vous vos applications gratuitement à vos sous-traitants ?

Oui, cela nous est arrivé à maintes reprises de partager certains de nos outils avec des sous-traitants pour garantir la réussite de nos projets. Nous partageons notamment nos guides de modélisation, nos conventions BIM, nos gabarits, nos outils de synthèse de réservations, nos outils de BIM Management….

Vous commencez à développer sur notre plateforme du futur Autodesk Forge. Quelles sont vos orientations et cela va-t-il s’accélérer ?

Effectivement, nous commençons à prototyper des applications sur Forge. Cette plateforme est très prometteuse car elle va nous permettre de mettre à disposition  de nos équipes travaux nos modèles BIM sur le cloud, tout en personnalisant l’interface afin qu’elle corresponde exactement à leur besoin (outils rapides de repérages, défilement du phasage en fonction du planning, rapports de quantités de matériaux consommés en fonction du pointage…)

PIC, études de prix, et autres process numérisés dans un monde analogique. Votre Totem va-t-il prendre plus d’importance pour amener le numérique sur le chantier ?

Oui, clairement notre Totem (grand écran digital amené sur chantier et connecté à notre application de suivi et de pointage de chantier Forge) a pour but de démocratiser le BIM sur le chantier, bouclant ainsi la chaine des utilisateurs. 

Quels sont les développements dont tu es le plus fier ? Et ceux qui ont le plus de succès ?

Le développement dont je suis le plus fier est celui des finitions de pièces : ce développement complexe et unique sur le marché est le résultat d’une longue réflexion en interne ainsi que d’une forte expertise des consultants Autodesk. Le développement qui a le plus de succès est l’aller-retour Revit Excel, ainsi que le plugin permettant de générer un carnet de rotation.

Selon toi, qu’est-ce qui fait la différence avec VINCI Construction France et qui lui apporte du succès ?

VINCI Construction France mise beaucoup sur l’humain en favorisant son autonomie et le développement de ses compétences. Au sein de l’hexagone, il existe beaucoup de communautés partageant leurs savoirs faire : VINCI Construction France tire sa force de ce réseau et de cette diversité.

Quels sont selon toi les craintes à avoir avec le développement d’outils web based ?

Les craintes des développement d’outils cloud sont souvent des craintes de sécurité liées à la donnée. Les éditeurs travaillent d’ailleurs beaucoup à lever ces craintes via des certifications. Mais il ne faudrait pas que ces craintes soient un frein à l’adoption de ces outils : on ne peut pas se permettre de prendre du retard dans cette course à la compétitivité liée au BIM. D’ailleurs, on constate que dans nos vies privées, beaucoup n’hésitent pas à divulguer un peu de ses données en échange de services performants. 

L’intelligence Artificielle vous intéresse-t-elle et aura-t-elle un impact sur vos développements futurs ?

C’est évident, l’intelligence artificielle aura certainement un impact dans nos développements futurs. Mais pour l’instant nous progressons pas à pas et nous n’avons pas encore de visibilité sur de tels besoins.

Quelle est d’ailleurs votre vision du futur sur les développements ?

Le futur des développements sera en majorité des applications cloud appelant des micro services mis à disposition par les fabricants, fournisseurs, sous-traitants ou tout simplement des éditeurs comme Autodesk. Il n’y aura certainement plus d’échanges de formats fichiers IFC. Seule l’information utile sera échangée, ce qui permettra un traitement plus efficace. C’est pourquoi à mon sens le cloud (et Forge) est très important : il permet de connecter tout un écosystème et d’automatiser des workflows basés sur des règles métiers encapsulées en micro services web.

Tu as eu la chance de participer à un évènement – le Forge Accelerator – à San Francisco où tes talents combinés à la présence des plus grands Experts de cette nouvelle technologie, t’ont permis de développer un prototype bluffant. Pourrais-tu nous raconter cette expérience stp ?

Effectivement, j’ai eu la chance de participer en février dernier au premier Forge Accelerator sur Revit Design Automation à Boston. Le but de cet évènement était d’officialiser la sortie de la possibilité de faire tourner des plugins Revit sur le cloud. Cette fonctionnalité va nous permettre d’automatiser des tâches (extraction de métrés, calcul de paramètres, création de filtres complexes pour réaliser des plans de repérages, audit de maquettes…) tout en tirant partie à la fois de la puissance de l’API Revit et du cloud (puissance de calcul, pas de nécessité d’installer Revit pour l’utilisateur).

L’Accelerator une expérience que je recommande à tous ceux qui veulent se mettre à développer sur la plateforme Forge et qui ont déjà une idée de projet et qui veulent rapidement réaliser un prototype. Pendant cinq jours, on est entouré d’experts Autodesk disponibles et à l’écoute. On y fait de belles rencontres tant du côté d’Autodesk, que du côté des clients (c’est l’occasion de discuter avec des entreprises qui ont les mêmes problématiques que nous). Ces rencontres facilitent grandement les échanges même une fois l’évènement passé. 

Quelles sont tes passions hors BIM et développement ?

J’aime passer du temps avec ma petite famille (j’ai 2 enfants de 6 et 3 ans), voyager, pratiquer du sport en nature. J’aime pratiquer également avec ma femme les danses latines (salsa, bachata…)

Merri, merci beaucoup pour ce beau parcours et cette belle interview que nos lecteurs auront plaisir à lire.

Nous te souhaitons de continuer sur cette route du succès.

Bien à toi.

-emmanuel

XTreeE ou l’impression 3D au service de l’environnement et de l’industrialisation de la Construction avec VINCI Construction – Interview de leur Président Alban Mallet

Augmenter la qualité de la construction, avoir plus de sécurité sur le chantier, moins de pénibilité, construire des formes plus extrèmes, tels sont certains des objectifs de pointe que ce sont fixés XTreeE, la startup d’impression 3D du Groupe VINCI Construction.

La préfabrication et l’impression 3D sont évidemment l’avenir du secteur de la construction. XTreeE s’imposent comme les experts du secteur, rendant la chaine du numérique plus fluide. La municipalité de Dubai leur a d’ailleurs fait confiance, leur permettant ainsi de mettre en place une usine d’impression 3D sur place.

Découvrez l’interview de leur Président Alban Mallet lors du dernier BIM World ci-dessous.

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Avez-vous un flux de travail innovant, une étude de cas ou une expertise à partager avec vos pairs dans votre secteur d’activité ou pas ? Alors soumettez une proposition pour diriger un cours de 60 ou 90 minutes.

Êtes-vous un leader inspirant ayant une vision sur l’avenir de votre secteur ? Soumettez une proposition de présentation de 15 minutes au théâtre d’Autodesk University.

Gérez-vous un groupe d’utilisateurs local ou une communauté de pratique en ligne ? Proposez une rencontre à Las Vegas et rassemblez vos pairs pour renforcer les liens existants, développer votre communauté et créer des liens autour des sujets qui vous intéressent le plus.

L’appel à propositions ouvre dès le 30 avril 2019, n’attendez plus !

Donnez un cours
Partagez vos points de vue et vos connaissances lors d’un débat sur la mutation du secteur, dirigez une table ronde, ou mettez en place une formation pratique.

 
Donnez une présentation devant un oratoire
Faites une présentation de 15 minutes dans le théâtre d’Autodesk University sur les tendances qui façonnent notre monde. Le théâtre est à l’intention des présentations dynamiques de type évangélistes du secteur et de leaders d’opinion.

 
Dirigez une rencontre communautaire (meetup)
Soutenez le réseautage et les connexions avec vos pairs partageant les mêmes idées, des utilisateurs de solutions logicielles et d’autres personnes de votre secteur. Les rencontres sont informelles et non focalisées sur l’enseignement.

Les orateurs d’Autodesk University, et les principales classes préconférence reçoivent un laissez-passer gratuit pour la conférence AU 2019. *

  • Ne s’applique pas aux rencontres communautaires.

Dates importantes pour AU 2019

  • L’appel à propositions commence le 30 avril
  • Date limite pour la proposition de classe le 28 mai
  • Vote communautaire pour les propositions de classe du 30 mai au 25 juin
  • Notifications envoyées pour les propositions de cours mi-juillet

Alors n’attendez plus, inscrivez-vous en cliquant ici.

Interview – Bouygues Immobilier et Gonçalo Ducla Soares, Responsable BIM et Architecte lèvent le voile sur leur stratégie BIM lors de BIM World 2019

Lors du dernier salon BIM World, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Gonçalo Ducla Soares, Architecte et Responsable BIM chez Bouygues Immobilier. Cette belle entreprise est organisée autour de 4 métiers : l’immobilier d’entreprises, le logement, le commerce et Urban Era.

Gonçalo est Responsable du déploiement du BIM de manière transverse au sein du Groupe Bouygues Immobilier afin de capitaliser sur ce qui se fait dans chacun des services et en faire bénéficier les autres.

Cette approche pionnière est directement liée à la politique centrale du BIM de la Société qui avait été signée par leur PDG fin 2016 et qui définissait notamment que tous les projets devraient être à 100% conçus et construits en BIM avec des livrables en openBIM (IFC) d’ici 2020.

De tous les départements, Urban Era est quasiment standardisé en BIM et les trois autres départements sont en très bonne voie.

Gonçalo Ducla Soares avec Alessandra Peroni travaillent à l’accompagnement de ce passage au BIM, aussi bien en interne qu’en externe, notamment au travers de formations et de communication, ainsi que de conduite du changement.

En tant que Maitrise d’ouvrage, Bouygues Immobilier est très responsable et impliquée dans ce changement dans le secteur du BTP, ainsi que dans la mise à disposition d’innovations pour les professionnels, ainsi que la simplification de leur quotidien.

Découvrez l’interview de Gonçalo Ducla Soares ci-dessous :

BIM World TV 2019 – Redshift TV by Autodesk

Interview Michel Bernasconi, l’implémentation du BIM en agence et les secrets de familles, un Expert se livre !

De la bonne préparation des gabarits, fichiers, objets de bibliothèques et standards de l’entreprise dans le workflow BIM, au même titre que la formation, dépendent le succès de l’implémentation du processus BIM au sein d’une société. Nous recevons cette semaine un Architecte et Expert confirmé du domaine qui s’est notamment spécialisé dans la modélisation des familles complexes, Michel Bernasconi et qui va nous en dire plus en quelques questions essentielles sur ces sujets.

Bonjour Michel, bienvenu sur ABCD Blog. Pourrais-tu stp te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Je suis Architecte D.P.L.G. depuis juin 1985. Je me suis intéressé dès cette époque à l’informatique graphique et j’ai fait un stage à l’IUT de Cachan en 1988, pendant 8 mois, sanctionné par un diplôme intitulé « Pratique des systèmes de CAO« .

J’ai participé au sein de mon agence pendant plus de 25 ans à des concours de Marchés Publics dans le domaine du Sanitaire et Social. En même temps que le travail de conception je remplissais le rôle de ce que l’on pourrait appeler aujourd’hui un « Model Manager« .

Depuis maintenant 4 ans je fais de la formation, de l’accompagnement et de la prestation d’objets de bibliothèques sur le logiciel Autodesk Revit.

Tu es architecte de formation et tu as une longue expérience dans ce domaine. Mais depuis combien de temps as-tu commencé à t’intéresser au BIM ?

J’ai toujours été un peu à l’affût en matière de nouveautés dans le domaine de l’informatique graphique appliquée à notre métier et j’ai commencé à m’intéresser aux logiciels fonctionnant comme des bases de données au début des années 2000.

J’ai adopté définitivement cette façon de travailler il y a une dizaine d’années.

Combien d’années d’expériences as-tu sur la pratique du métier en BIM et qu’est-ce que cela apporte selon toi aux architectes ?

J’ai maintenant un recul d’à peu près 8 ans sur la pratique du métier avec ces nouveaux outils.

Ils apportent au travail quotidien des concepteurs une cohérence et un confort dans la gestion de l’évolution du projet inconnus jusqu’alors et les libèrent des tâches graphiques fastidieuses inhérentes à la CAO des années 80/90.

Ils possèdent en outre dans leurs gènes la notion de collaboration aussi bien à l’intérieur de l’agence que vis-à-vis des partenaires qui constituent l’équipe BIM de maitrise d’œuvre.

Tu as depuis quelques années aussi décidé aussi de t’orienter vers le déploiement du BIM dans les agences. Pourquoi et comment cela se passe-t-il de manière pratique ?

Ayant moi-même été confronté à cette mutation importante à l’intérieur de mon agence, j’en mesurais pleinement les difficultés et je sentais bien que contrairement aux logiciels « d’autrefois », la simple formation initiale aussi pertinente soit-elle, ne suffirait pas au déploiement.

En collaboration avec la société Eurostudio, nous avons mis en place un programme d’accompagnement qui permet, après cette formation initiale, d’assister les stagiaires sur site, dans leurs conditions de travail réelles et sur des cas concrets de projet.

Cela permet à la fois de rassurer les personnes dans ce bouleversement de leurs méthodes de travail et de tranquilliser les employeurs sur la pérennité de leurs investissements dans les logiciels et la formation.

Tu crées aussi gabarits et objets de bibliothèques appelées familles. En quoi cela est important pour une agence qui décide de passer au BIM ?

Parce que je le constate au quotidien dans différentes agences, la mise en place d’un gabarit complet et adapté ainsi que la création d’une bibliothèque d’objets performante constituent une véritable  » machine de guerre  » susceptible de répondre aux enjeux d’une création et d’une production efficaces dans un contexte de plus en plus exigeant et mouvant.

Sans cela le processus de mutation peut s’avérer laborieux et l’agence peut même perdre un peu de la qualité de son identité graphique si importante pour les Architectes.

Dans les agences que tu as formées, y-a-t-il en général un Expert attitré de la création des familles ou pas ?

En général, il n’y en a pas et c’est à mon sens pour 2 raisons principales.

D’abord s’agissant de l’univers des familles dans Autodesk Revit, cette partie du logiciel est souvent méconnue, et évoquée succinctement dans la formation initiale par faute de temps.

Ce chapitre mérite qu’on lui consacre plusieurs jours dans des programmes de formation en perfectionnement qui sont parfois proposés mais peu suivis.

D’autre part, même si l’on trouve des personnes susceptibles d’endosser la charge de « Model Manager », l’étiquette d’Expert dans la création des familles peut faire craindre à certains d’être « cantonné » dans ce rôle en perdant ainsi un peu de leur identité de concepteur.

Sur les familles, tu as acquis un savoir-faire incontournable. Peux-tu stp nous en dire un peu plus ?

Incontournable, tu es très gentil ! Disons surtout que cela m’a intéressé dès le départ. J’ai senti qu’il y avait là un formidable potentiel à créer des objets « sur mesure », en pouvant les doter de différents comportements, et d’en maîtriser les aspects graphiques si importants dans notre métier.

L’environnement des familles s’appuie bien évidemment sur le principe du paramétrique (plans de références gérés par des cotes associées à des paramètres) si constitutif de l’univers d’Autodesk Revit. Si la géométrie 3D se verrouille sur ces plans de références, on dispose en outre d’une palette d’outils graphiques 2D très adaptés aux besoins de la production de documents à différentes échelles.

Tu crées principalement des familles pour les architectes ou aussi pour les autres disciplines ?

J’essaie effectivement de rester dans le domaine que je connais le mieux et je n’aurais pas forcément une grande pertinence sur des familles concernant par exemple les fluides qui me paraissent pourtant toujours très intéressantes.

Néanmoins, j’ai eu l’opportunité ces dernières années de travailler sur du mobilier de vente à l’occasion d’une formation et d’un accompagnement dans une société de la très grande distribution. J’ai pu constater une fois encore la polyvalence et l’interdisciplinarité du logiciel.

Est-ce une passion pour toi de t’être spécialisé sur ce sujet ?

On peut le dire ! Aussi étrange que cela puisse paraitre à certains, c’est pour moi devenu une véritable passion de travailler au quotidien dans l’univers des familles.

Combien de temps passes-tu sur la création d’une famille ?

Voilà la question à laquelle il est quasiment impossible de répondre tant les spécificités des typologies de familles sont différentes.

Ce qu’il faut savoir c’est qu’indépendamment de l’ergonomie de la famille et du « cahier des charges » plus ou moins exigeant, le plus long dans les familles complexes telles que les fenêtres, c’est l’implémentation des éléments de lignes symboliques 2D qui permettent de décliner les niveaux de détails (faible, moyen, élevé).

C’est une phase qui demande de la méthode, du soin, du savoir faire et donc du temps !

Quelles sont les règles incontournables à respecter ?

Je pense qu’il faut avoir une bonne maitrise des catégories de familles Revit et s’appuyer sur les bons gabarits de familles qui déterminent des comportements et renferment les bons « Styles d’objets ».

Il faut surtout bien définir avec les utilisateurs finaux le cahier des charges de la famille qui va déterminer le niveau de complexité et le besoin en paramètres.

Est-ce compliqué comme certains se l’imaginent ?

Lorsque je fais de la formation initiale et que je fais découvrir l’univers des familles avec un exemple de mobilier très simple, je dis souvent aux stagiaires qu’on ne va pas faire de choses compliquées mais simplement inhabituelles par rapport à leur travail quotidien.

Je leur précise toujours que cela reste très graphique et que la mise en place des paramètres n’a rien à voir avec l’utilisation d’un langage de programmation.

Y-a-t-il des familles complexes dont tu es particulièrement fier ?

Fier, le mot est un peu fort mais certaines familles m’en ont fait baver et j’étais content d’en venir à bout !

Je pense notamment à une famille de fenêtres avec des petits bois et un ABF avec des exigences particulières. La difficulté résidait dans la complexité du cahier des charges qui s’alourdissait de jour en jour. Un mélange entre la mise en place d’un réseau avec des divisions régulières et des possibilités de sortir du quadrillage en jouant sur des intervalles différents et des visibilités.

Un joli casse-tête !

Qu’est-ce qui est le plus dur selon toi quand on crée des familles ?

Le plus dur à mon sens, c’est de démarrer sans vraiment s’appuyer sur une méthodologie et sans avoir bien appréhendé la notion d’imbrication qui bien qu’ayant ses contraintes, facilite à terme le travail. Pour prendre un exemple, une famille « poignée » est insérée dans une famille « ouvrant » qui sera elle-même imbriquée dans la fenêtre finale dans laquelle une famille « dormant » aura été insérée, à l’instar des poupées russes.

Cette façon de procéder permet de préparer ses « kits » qui seront ensuite assemblés un peu comme le process industriel lui-même.

Ce principe d’imbrication est un réflexe qu’il faut avoir quel que soit la catégorie de famille.

Est-ce que cela coûte cher ?

C’est du temps passé et de la matière grise, deux notions auxquelles les Architectes devraient être sensibles puisqu’ils les défendent pour eux-mêmes à juste titre !

Je pense surtout que le plus difficile est de faire comprendre ce que cela rapporte en termes de rapidité, d’efficacité de production et de cohérence graphique.

La difficulté est d’autant plus grande si les décideurs sont éloignés de l’outil informatique.

Quelle est la différence entre ta production et ce que l’on peut télécharger sur les sites des producteurs d’objets de bibliothèques ?

Le succès remporté par Autodesk Revit a eu pour conséquence de voir émerger ça et là pas mal d’objets de bibliothèque au format « rfa » sur des sites de producteurs.

Mon propos ici n’est pas de dénigrer telle ou telle production mais d’attirer l’attention sur un point crucial qu’il faut aborder absolument : l’implémentation des niveaux de détails.

Ils permettent dans les vues 2D (plans et coupes) de hiérarchiser les aspects graphiques des éléments dans les vues de projet en fonction des besoins et(ou) des échelles des différents documents à produire.

En outre, il est à noter que cette implémentation permet de coller aux exigences présentes et futures inhérentes à un projet BIM, et de satisfaire aux différents niveaux de rendus des phases et des livrables.

C’est ce que je m’efforce absolument de mettre en œuvre dans mes objets de bibliothèque et j’ai souvent constaté que cela manquait la plupart du temps sur les différents sites.

Qu’est-ce qui selon toi fait la force d’Autodesk Revit dans le domaine de la création d’objets de bibliothèque ?

Dans ce domaine on peut dire qu’Autodesk Revit possède pas mal d’atouts que j’ai eu l’occasion d’évoquer.

Tout d’abord l’environnement qui permet la création du « squelette paramétrique » gérer par des variables facilitant la déclinaison des différents types dimensionnels dans une même famille.

Ensuite le fait que tout cela se passe de manière très graphique sans intervention d’une quelconque programmation me parait un gros avantage.

Enfin et j’ai insisté à plusieurs reprises, le fait de pouvoir implémenter les représentations symboliques des différents niveaux de détails dans les vues 2D conduisant ainsi à la maitrise totale de l’aspect graphique.

Comment interviens-tu en général ? Directement dans l’agence ou depuis le bureau à partir d’un cahier des charges défini ?

Pour la prestation d’objets de bibliothèque, même si le travail peut se faire en dehors après la définition du cahier des charges, il est primordial d’avoir du temps sur site au milieu des utilisateurs finaux qui testent les objets directement dans les projets.

Cela permet de parfaire le « contrôle qualité » indispensable et plus pertinent en condition réelle et de faire éventuellement évoluer le comportement des familles.

T’arrive-t-il d’intervenir aussi en tant que Docteur Bernasconi pour vérifier les familles créées par certains et y apporter des remèdes pour qu’elles fonctionnent bien ?

Cela m’est bien sûr arrivé comme tout le monde surtout quand je fais de l’accompagnement de devoir « ausculter » une famille de fenêtre récalcitrante dont on change les dimensions et qui ne varie pas le moins du monde !

Lorsqu’on peut apporter un remède rapide et efficace (un paramètre mal associé ou une géométrie mal verrouillée) c’est avec plaisir, mais malheureusement il y a souvent des familles mal conçues au départ qui ne méritent pas d’être sauvées !

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaiterait se lancer dans la création de familles ? Et éventuellement devenir le référent en ce sens ?

D’abord je l’encouragerais car c’est vraiment passionnant. Mais je lui conseillerais surtout de faire une formation de perfectionnement orientée vers la création d’objets de bibliothèque.

Je pense que cela lui fera gagner du temps et lui permettra de partir sur de bonnes bases.

Attention à « l’auto-formation » en s’inspirant de familles existantes car lorsqu’on est débutant sur le sujet, il est difficile de repérer celles qui sont pertinentes.

Quels sont tes projets de développement pour le futur dans ce domaine ou autre ?

J’espère pouvoir continuer à accompagner les agences dans cette formidable transition que représente le BIM, que ce soit sur la création de bibliothèques d’objets ou sur la mise en place d’outils susceptibles de simplifier le métier des concepteurs au quotidien.

C’est d’ailleurs dans cet état d’esprit que je  » lorgne  » de plus en plus depuis quelques temps sur Dynamo. Je débute sur cette belle interface graphique de programmation et c’est une façon pour moi de me remémorer mon stage lointain à l’IUT de Cachan où j’ai découvert et pratiqué la programmation en langage C pendant près de 6 mois.

Peut-on te contacter pour en savoir plus ou te demander de créer des familles ad-hoc ?

On peut bien évidemment me contacter et je vais donner mes coordonnées. Je reste ouvert à toute forme de collaboration, dans la limite bien sûr de mes compétences.

Y-a-t-il un message particulier que tu souhaiterais faire passer à nos lecteurs ?

Compte tenu de tout ce qui précède, vous comprendrez aisément que j’encourage fortement les utilisateurs d’Autodesk Revit à se pencher sur l’univers des familles ! C’est vraiment passionnant, bien conçu, performant et très adapté à nos besoins « métier ».

Je me sens même prêt quant à moi à en faire le passe-temps préféré de mes vieux jours !

Michel Bernasconi, Architecte

+33614500560

michel.bernasconi@gmail.com

Cher Michel, un grand merci et bravo pour ton parcours si riche et tous ces conseils efficaces.

Une Tour sculpturale s’élève à Alger pour le siège de la Société Générale et par la magie d’Enia Architectes et de l’agence Dune en BIM

L’agence d’architecture Enia Architectes, et l’agence Algéroise Dune ont réalisé une prouesse de beauté architecturale sur les rives d’Alger en créant le siège de la Société Générale, majesteux et tout de blanc vétu, et conçu en BIM à l’aide d’Autodesk Revit.

L’agence d’architecture française enia architectes composée de trois architectes associés de formation pluridisciplinaire : Mathieu Chazelle, Simon Pallubicki, Brice Piechaczyk, et ses 45 collaborateurs a oeuvré pendant plus d’un an et demi en collaboration avec l’agence d’architecture algéroise DUNE (Omar Malki), à la conception du futur siège de la Société Générale en Algérie.

Un IGH à échelle humaine

Située dans le quartier de Bab Ezzouar, entre l’aéroport et le centre-ville, la future tour de douze étages représentera un signal fort dans une zone urbaine où les contraintes urbanistiques sont très fortes. « Nous savions dès le départ que nous allions réaliser un immeuble de grande hauteur (IGH). Cependant, la règle d’urbanisme local contraint à une hauteur inférieure à 50 mètres. Nous savions donc qu’il s’agirait d’une petite tour. La contrainte du programme, qui doit accueillir environ 1 200 collaborateurs, nous a conduit à construire un bâtiment presque plus large que haut », explique Brice Piechaczyk, architecte associé au sein de l’agence. 

Fort de ces contraintes et du programme du Maître d’ouvrage, la Société Générale, Enia Architectes et Dune architecture ont élaboré une Tour s’inspirant de la beauté et de la finesse de l’Architecture locale et jouant avec la subtilité de la lumière apportant ainsi un bien-être évident aux futurs occupants, s’appuyant sur des technologies Autodesk de simulation d’apport de lumière du jour.

Une légèreté pour une entrée marquée

Le bâtiment donne ainsi l’impression de légèrement se soulever et marque son entrée grâce à une longue faille verticale et des équivalents latéraux avec des ruptures dans ce grand volume. Cet édifice a été conçu avec finesse et précision en paramétrique à l’aide d’Autodesk Revit. Ce travail sculptural apporte une véritable légèreté à la façade malgré son emprise de 2000 m² pour 18500m² de surface de plancher.

Les ingénieries et enterprises impliquées sont CAP Ingelec, ARCADIS et l’AMO a été assurée par Artelia.

Découvrir l’intégralité du témoignage enia architectes en cliquant ici.

2ème Apéro prescription Polantis – Exceptionnel, un projet BIM en bois à l’honneur avec Samuel Locus de Jean-Paul Viguier Architecture le 16 mai. Inscrivez-vous vite !

Invitation à l’Apéro Prescription #2 à Paris avec Samuel Locus, architecte et BIM Manager chez Jean-Paul Viguier Architecture

Le 11 avril, Polantis et le Club Prescrire accueillent les passionnés du BIM pour le 2ème Apéro Prescription avec Samuel Locus, BIM Manager de l’Agence Jean-Paul Viguier Architecture.

L’agence Jean-Paul Viguier ; qui fait partie des Grandes Agences françaises ; a depuis quelques temps elle-aussi franchi le cap du BIM en se standardisant sur la solution BIM de prédilection du secteur, Autodesk Revit.

Samuel Locus présentera 3 projets exceptionnels qui mettent particulièrement en œuvre la pratique du BIM par cette agence de renom :

  • Hypérion, dont la tour de logements de 57 m en structure bois à Bordeaux a été développée dès la phase concours sur Revit avant de devenir un projet BIM. Il est exceptionnel de voir un projet bois conçu en BIM paramétrique !
  • Un ensemble de bâtiments tertiaires avec services associés de Vinci Immobilier à Nanterre, avec un accompagnement rigoureux du BIM Management projet.
  • Bridge, futur siège d’Orange à Issy-les Moulineaux suit un ambitieux programme de paramétrage des modèles en vue de leur utilisation en phase d’exploitation.

Ces trois projets ont permis à l’agence de développer ses propres méthodes et outils pour répondre aux nombreux cas d’usage BIM avec flexibilité et efficacité.

Comme toujours, cette présentation se déroulera en comité réduit pour favoriser les échanges, la part belle sera donnée aux questions/réponses.

Lieu et horaires :
Vous serez accueillis le 16 mai à 18h30 (début de l’intervention à 18h45 précises) à Paris (le lieu exact vous sera communiqué ultérieurement).

Inscrivez-vous dès maintenant sur le formulaire d’inscription en ligne en cliquant ici.

Vous recevrez un e-mail de confirmation après votre inscription. Pour toute question, vous pouvez joindre Polantis au 01 42 64 07 02 ou à contact@polantis.com