Interview BIM Managers – Episode #25 Antoine Baratte, Eiffage Construction

Antoine Baratte, Eiffage Construction
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Les interviews BIM Managers d’ABCD Blog continuent et nous avons la chance cette semaine d’accueillir un jeune BIM Manager qui officie chez l’un des leaders français de la Construction, la Société Eiffage Construction.

Bonjour Antoine, bienvenu sur ABCD Blog. Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous dire ton parcours et ta formation à l’origine ?

Bonjour Emmanuel, je m’appelle Antoine Baratte, j’ai 29 ans et suis diplômé d’un master en Conception et Simulation numérique. Je suis par ailleurs passionné d’architecture et en veille permanente sur les nouvelles technologies.

Tu fais partie du Groupe Eiffage, une belle société connue en France mais pourrais-tu nous présenter son organisation et quelques chiffres clés en quelques mots pour nos lecteurs ?

Eiffage est l’un des leaders européens du BTP et des concessions. Le Groupe compte 70 400 collaborateurs et a réalisé en 2018, un chiffre d’affaires de 16,6 milliards d’euros. Nos activités portent sur la construction, la promotion immobilière, l’aménagement urbain, le génie civil, la route, le métal, l’énergie systèmes et les concessions.
Chaque année, 100 000 chantiers sont menés par le Groupe.
Présents sur l’ensemble du territoire, nous sommes implantés dans plus de 50 pays.

Comment es-tu arrivé au BIM Management et au numérique ? Est-ce une passion que tu as découvert lors de tes études ou plus tard ?

Diplômé en 2015, mon Master en Conception et Simulation m’a offert une première approche des notions de BIM et de collaboration via ce que l’on nomme la maquette numérique ou le BIM dans les pays anglo-saxons.

Au préalable, j’avais effectué des études de Design qui m’ont apporté une sensibilité artistique et une écoute empathique. Cette dernière est une notion importante, savoir écouter les besoins et les prescriptions d’un contributeur dans un projet est crucial.

Création et modélisation 3D Antoine Baratte

Les nouvelles technologies et les évolutions qu’elles apportent sur les méthodes de travail classique demeurent encore aujourd’hui un facteur important dans mes choix professionnels.

Cependant, ayant débuté en tant que projeteur, je garde en tête qu’il est souvent plus simple de sortir la première idée sur une feuille de papier que directement via une maquette numérique.

J’entends par là qu’une bonne base de travail commune à tous les contributeurs d’un projet BIM permettra d’arriver ensemble vers cet objectif final.

Quand es-tu arrivé chez Eiffage ? Il me semble que tu as travaillé auparavant sur un projet d’envergure, l’aéroport d’Orly et déjà en BIM ?

J’ai rejoint Eiffage Construction et plus particulièrement la Cellule BIM, il y a un peu plus d’un an et demi maintenant. Il s’agit d’une cellule accompagnant la montée en compétence des salariés d’Eiffage sur la notion du BIM avec à sa tête Franck Queret.

Avant cela, j’ai pu officier sur différents projets de réhabilitation de terminaux d’aéroports et de terminaux neufs dont le bâtiment d’Orly Jonction au sein de la Société Daifuku Logan. C’est une entreprise experte en systèmes de tri-bagages, les maquettes numériques produites étant plutôt typées technique et non bâtiment.

Système de tri bagages, Bâtiment Jonction Orly – Daifuku Logan
MOA & Ingénierie Groupe Aéroports de Paris

Durant plus de 3 ans,  j’ai participé aux phases de conception du projet d’Orly puis d’exécution en qualité de chef de projet des études d’Exécution et BIM Coordinateur France.

Ce fut ma première expérience sur un projet de grande envergure conduit via un processus BIM et des méthodes de fonctionnement à l’anglaise. C’est-à-dire au sens large via une plateforme collaborative et la maquette numérique, ainsi que les premiers exports de COBie via des MasterEquipementList.

Combien êtes-vous dans le département BIM et comment êtes-vous organisés ? Et quel est ton rôle précis ?

La cellule BIM est constituée de 4 personnes avec 3 chefs de Projets BIM dont je fais partie.

La mission d’un chef de projet BIM ou BIM Manager est avant tout l’appui aux réponses à appels d’offres. L’objectif est de clarifier les demandes des Maîtrises d’Ouvrages concernant les notions de BIM et cadrer les réponses qui seront apportées par le candidat.

Dès lors qu’Eiffage devient lauréat, la cellule propose d’accompagner l’équipe projet en qualité de BIM Manager avec l’établissement d’une convention et la gestion du processus collaboratif et ceci jusqu’au DOE numérique.

D’ailleurs, faites-vous une différence entre les constructions métalliques, béton et bois ? Avez-vous des équipes séparées ?

Aucune différence n’est faite entre les différentes disciplines ainsi que les sous-traitants avec lesquels nous travaillons.

Je m’explique, un BIM Manager doit être capable de vérifier la cohérence d’une maquette numérique avec les demandes de sa convention. Et ceci, sans se soucier du logiciel métier utilisé !

Qu’une maquette lui soit communiquée au format IFC ou bien au format Revit, Inventor, ou tout autre logiciel BIM ou CAO, il se devra de vérifier si celle-ci est correctement construite.

Nous sommes donc amenés à utiliser un nombre important de logiciels métier afin de vérifier la cohérence des formats natifs qui nous sont confiés.

A tort, Eiffage Construction est peut-être moins connu du grand public sur la partie BIM. Pourrais-tu me citer quelques projets emblématiques ou intéressants que vous avez réalisé ?

La rénovation de la Grande Arche de La Défense, la construction du campus Pierre Berger à Vélizy-Villacoublay dans lequel notre siège est implanté ou encore le siège social de BNP Paribas Fortis à Bruxelles sont quelques-uns des projets menés en BIM.

L’un des projets phares du Groupe a également remporté le BIM d’Or 2019 : la tour en bois Hypérion à Bordeaux dont les travaux ont débuté il y a quelques mois.

Quel est ton quotidien en tant que BIM Manager et tes missions principales ?

Dans la cellule BIM, nous nous sommes rendu compte qu’un BIM Manager a la capacité de suivre 3 à 4 projets en même temps.

Il y a donc une certaine pluralité de missions assorties à ce statut.

La matinée peut être consacrée à la réalisation d’audits sur une maquette Structure et une maquette de type CVC/Plomberie/Sprinklage.

Le résultat sera alors une fiche d’audit individuelle indiquant chaque point à revoir en vue d’une prochaine diffusion par le contributeur et d’une synthèse projet.

Le début d’après-midi peut être consacré à la réalisation d’une convention BIM sur un projet de réhabilitation en phase d’Exécution.

Cela va de la définition de principe de modélisation jusqu’à la codification à appliquer sur les familles et les types.

La fin de journée peut se concentrer sur la préparation d’une revue de modèle en confrontant les dernières versions de maquette ARC, STR et CET (Corps d’états techniques).

Ceci dans le but de mettre en exergue l’ensemble des conflits entre disciplines et de solliciter une demande de résolution.

Quels sont tes défis, et tes moments préférés dans ton rôle ?

Mon défi de tous les jours, c’est la communication entre les membres des équipes projet. Je m’assure que la bonne information arrive bien en temps et en heures aux oreilles de toutes les personnes concernées.

Les visites sur chantier sont toujours des moments intéressants. Que ce soit sur des projets de réhabilitation d’école ou de construction de tour en bois, les visites permettent de ne pas perdre pied avec la réalité du terrain.

Modélisation 3D Antoine Baratte

La maquette numérique, quand elle est confrontée au chantier via des applications de réalité augmentée tel que Horus, permet une bonne prise de conscience du projet dans son environnement.

Quels sont tes outils logiciels préférés et pourquoi ?

J’ai longtemps exercé sur des logiciels typés mécanique tel qu’Autodesk Inventor ou similaire. Mais les plateformes collaboratives s’ouvrent aux enjeux du moment et proposent des outils de plus en plus intéressants.

Que ce soit la comparaison de révision de maquette (qui fait gagner un temps fou) jusqu’au calculateur d’émission carbone, elles deviennent de vrais outils complémentaires au travail du BIM Manager.

Sur quels projets travailles-tu actuellement ?

La SEMOP de Châtenay-Malabry (BIM d’argent 2019) est un des projets sur lequel nous accompagnons Eiffage Aménagement et Eiffage Immobilier quant aux notions de BIM mais également de CIM (City Information Modeling).

J’ai également la responsabilité BIM d’un projet de réhabilitation d’un hôtel de luxe sur lequel la cellule accompagne les équipes d’Eiffage Construction.

Et désormais, la cellule va également accompagner le groupement Nexity, Eiffage, CDC Habitat, EDF et Groupama sur le secteur E du village olympique 2024.

Tu travailles sur le très connu projet Hypérion de l’agence VIGUIER qui a reçu un BIM d’or. Quel effet cela t’a-t-il fait de gagner un BIM d’or ?

Le BIM d’Or, c’est la reconnaissance par ses pairs de l’initiative BIM prise sur un projet. Les cas d’usage tel que Gestion de Conflits ou Planification 4D sont intéressants mais désormais maîtrisés.

Hypérion – Architecte : VIGUIER
MOA : Eiffage Immobilier Entreprise : Eiffage Construction

Les équipes de Conception et d’Exécution d’Eiffage Immobilier ont été récompensées sur les processus de Gestion Logistique/Qualité et également sur le calcul Carbone depuis la maquette numérique.

Ces cas d’usages anticipent le BIM de demain par de nouveaux processus de travail. Le chantier est également mis à contribution car il remonte les informations de contrôle qualité ou de gestion logistique.

Quels sont les défis sur ce projet particulier ? Le fait qu’il soit en bois ? Le fait qu’il doive être irréprochable d’un point de vue développement durable ou autre ?

Avant de dévoiler les enjeux sur ce projet, j’attire votre attention sur le fait qu’une grande partie des éléments structurels de la tour sont en bois. Et ceux-ci s’articulent autour d’un noyau béton s’étirant sur 17 niveaux.

Les défis peuvent être résumés en trois points cruciaux :

–          Le chantier ne possède qu’une très petite aire de stockage. Nous sommes donc en flux tendu sur la gestion logistique des éléments préfabriqués pour la tour en bois.

Il faut gérer les éléments à poser le lendemain, gérer les éléments à poser le jour même et gérer également les éléments à livrer pour la préparation du lendemain.

–          Du fait que la tour soit un assemblage d’éléments préfabriqués, une vérification par un géomètre du bon alignement vertical et horizontal est obligatoire.

Des coordonnées LAMBERT sont extraites de la maquette via des points de vérification et sont vérifiées sur site pour contrôler la bonne inclinaison de la tour.

–          Via la maquette numérique et les informations géométriques et volumétriques qu’elle contient, nous associons une valeur d’émission carbone pour vérifier si le projet respecte des labels comme BBCA ou E+C-.

Une calculatrice carbone est mise à jour durant chaque phase du projet.

Quels sont tes plus beaux souvenirs de BIM Manager ?

–          Sur Orly Jonction avec Daifuku Logan, il s’agissait des premières réunions de Conception entre Maitrise d’œuvre et équipe d’Exécution avec l’utilisation de maquette directement sur chantier via smartphone ou tablette.

Système de tri bagages, Bâtiment Jonction Orly – Daifuku Logan
MOA & Ingénierie Groupe Aéroports de Paris

C’était il y a plus de 4 ans et la technologie n’était pas la même qu’aujourd’hui.

–          Chez Eiffage, la visite de l’Arche de La Défense après travaux est un beau souvenir. L’architecte mandaté sur cette réhabilitation a su conserver les dimensions initiales voulues par Johann Otto von Spreckelsen, c’est-à-dire 110x112x107.

Et il a optimisé les hauteurs sous plafond en supprimant la sensation d’oppression dans certaines pièces.

Comment se passe votre collaboration avec Eiffage Immobilier ? Est-ce qu’ils poussent le BIM sur leurs opérations ?

La collaboration avec Eiffage Immobilier évolue progressivement et dans le bon sens. Franck Queret par l’intermédiaire d’un cahier des charges BIM a su mettre en avant les valeurs ajoutées que peut avoir la mise en place d’un processus BIM sur une opération de logement.

Sous la casquette de promoteur, l’immobilier a désormais la possibilité de vérifier les ratios de conception ou le respect des normes HQE directement depuis la maquette numérique. Ceci permet de proposer des plans de vente optimisés pour les acquéreurs.

Comment collaborez-vous au quotidien avec les Equipes Autodesk sur la partie BIM ?

Autodesk propose un catalogue impressionnant de produits qui communiquent de mieux en mieux entre eux. (ex : La création d’IFC depuis Inventor lu dans Revit).

Une assistance et un accompagnement sont également mis à disposition. Au sein d’Eiffage, nous développons avec des experts Autodesk une série de webinars explicatifs sur les bases du géoréférencement ou les bonnes pratiques de la création d’un IFC entre autres. Ceci dans le but d’avoir un guide de bonnes pratiques commun à tous.

L’interopérabilité et notamment l’openBIM sont-ils clé pour toi au quotidien et comment les solutions Autodesk t’aident-elles en ce sens ?

Comme expliqué un peu avant, l’interopérabilité est cruciale dans un projet où viennent se croiser différentes disciplines.

buildingSMART International et son format IFC offrent la possibilité de récupérer le travail d’un collaborateur sans pertes d’informations et de géométries.

Je travaille avec des produits Autodesk depuis maintenant presque 10 ans et j’ai pu constater leurs évolutions. La lecture des IFC externes par Navisworks Manage par exemple s’améliore d’année en année.

Autodesk me semble attentif au retour de ses utilisateurs et laisse libre accès au développement sur la base de ses APIs. C’est-à-dire qu’une entreprise peut développer ses propres outils métiers et ceux-ci viennent se greffer dans un onglet Revit.

Même si Hypérion est exceptionnel, quel serait le projet sur lequel tu rêverais de travailler ?

Un aéroport conçu par les équipes de l’architecte Zaha Hadid ! Comme l’aéroport de Daxing à Pékin par exemple.

Comment te tiens-tu informé et à niveau technologiquement de ce qui évolue autour des nouvelles technologies et du BIM ?

Constamment en veille, je me suis inscrit à des newsletters francophones (VillageBIM ou Objectif BIM) et étrangères (BIM +, DesignBoom, Dezeen, ArchDaily, etc)

Je trouve qu’il est important de s’intéresser aux processus BIM dans d’autres pays comme le Royaume-Uni ou encore Singapour.

Je recommande également une chaine Youtube que je viens de découvrir et qui se nomme The B1M.

Comment vois-tu ton métier évoluer d’ici 5 ans ?

Je pense que ce qu’on appelle le BIM niveau 3 (pleinement collaboratif) sera ordinaire dans tout projet.

Modélisation 3D Antoine Baratte

Connaissais-tu ABCD Blog ?

Oui, je suis ce blog depuis quelques temps maintenant et je te remercie de m’avoir permis de m’exprimer aujourd’hui.

Antoine, un grand merci pour cette très intéressante interview qui ravira nos lectrices et lecteurs. Nous te souhaitons, ainsi qu’à Eiffage encore plus de succès après cette consécration du BIM d’or.

Bien à toi.

Interview Startup – Data Soluce aide les Maîtres d’Ouvrage à optimiser la gestion de leurs actifs et à maximiser la réussite de leurs projets avec des données riches et structurées

Chers lecteurs d’ABCD Blog, nous recevons cette semaine une startup innovante qui fait beaucoup parler d’elle, Data Soluce puisqu’elle propose une plateforme pour les maîtres d’ouvrage permettant de gérer le cycle de vie complet d’un bâtiment, ainsi que ses données associées, une vraie richesse.

Nous savons tout le poids que pèse l’exploitation et la maintenance dans le coût global d’un bâtiment, approximativement 70 à 80% de l’intégralité de son coût. Il faut donc trouver des solutions d’optimisation de ce poste.

Nous recevons donc Benoît Rozé, Responsable R&D et Référent BIM chez Data Soluce.

Site Officiel : http://www.datasoluce.com/

Bonjour Benoît, bienvenu sur ABCD Blog. Pourrais-tu stp te présenter en quelques mots à nos lecteurs et nous résumer ton parcours ? 

Bonjour Emmanuel, je suis architecte (diplômé de Marne-la-Vallée en 2007) j’ai travaillé dans plusieurs agences et bureaux d’études (TESS, Architecture et synthèse, Chaix et Morel…), en France et en Chine, j’ai fondé en parallèle une microsociété pour créer des rendus d’images et de vidéos pour diverses agences d’architecture. J’ai travaillé dernièrement pendant 4 ans chez CAD.UC, un Revendeur Autodesk où j’animais des formations autour du BIM et j’effectuais régulièrement des missions d’accompagnement BIM essentiellement sur Autodesk Revit (mise en place de bibliothèques et de chartes d’agence, création de routines Dynamo…). Cela fait maintenant un an que j’ai rejoint Data Soluce où j’occupe la place de responsable R&D et de référent BIM dans cette belle équipe dynamique basée à la station F. 

Par ailleurs, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Data Soluce, pourrais-tu aussi stp nous en dire quelques mots ? 

Data Soluce est avant tout une équipe d’une vingtaine de personnes dont les expériences gravitent autour du secteur du bâtiment (architectes, ingénieurs, économiste …).

Nous avons ensemble créé une plateforme SAAS qui vise à industrialiser les process de la maitrise d’ouvrage pour mieux gérer leur patrimoine. Nous leur permettons d’avoir un accès facilité à tous les éléments d’un projet (plans, maquettes, fiches techniques…).  La plateforme est la combinaison d’une gestion électronique de documents (GED) permettant de retrouver rapidement et simplement n’importe quel document ou ensemble de documents rattachés à l’un de ses projets et d’une visionneuse basée sur Forge d’Autodesk qui permet de visualiser les maquettes BIM au format IFC. 

Dans cette visionneuse, il est possible d’assembler toutes les maquettes du projet (CEA, CVC, Structure…) et de profiter d’une arborescence de navigation qui va réorganiser les objets par Bâtiment>Niveau>Local>Catégorie>Occurrence. Cette arborescence pourra être évolutive et permettra d’organiser les objets selon la typologie de bâtiment et les utilisateurs connectés (pour un hôpital  : Bâtiment>Secteur>Service>Local>Catégorie>Occurrence). 

Des outils d’extractions de données viennent compléter la plateforme afin de lister les éléments contenus dans les différents locaux ainsi que les surfaces de l’ensemble du/des bâtiments.  

Comment êtes-vous organisés et combien êtes-vous ?  

Nous sommes actuellement 22 personnes et nos sommes organisés autour de 5 pôles  : Finances, Commercial, Marketing, Opérations, Produit-IT. La société a connu une forte croissance depuis ces deux dernières années  : début 2018, ils étaient 3 et aujourd’hui fin 2019, 22 personnes  ! Nous prévoyons une croissance soutenue encore l’année prochaine, surtout dans les pôles développement (IT) et R&D. 

A quels grands défis sont confrontés les maîtres d’ouvrage dans la gestion de leurs actifs au quotidien et sur le long terme ?  

Aujourd’hui les MOA ont comme grand défi d’arriver à homogénéiser tous leurs process pour faciliter la gestion de l’ensemble de leurs actifs. L’enjeu est de réussir à entreprendre une logique de gestion patrimoniale à partir de données exhaustives et mutualisées entre projets. 

Ils ont ainsi bien compris que le BIM peut les aider dans cette démarche mais tel quel, il  reste un processus métier.  Le BIM reste donc encore trop souvent une barrière car il est perçu comme un concept très technique. Il s’agit en réalité pour le MOA de réussir à définir ses besoins côté données à exploiter pour être à même de formuler des cahiers des charges à transmettre aux techniciens (concepteurs et entreprises de travaux). Une plateforme comme datasoluce.io amène des solutions aux trois grands problèmes rencontrés par les maîtres d’ouvrages que sont : la perte de temps en centralisation et contrôle de données entraînant des délais de réalisation de chantier (les chantiers de construction ont un retard moyen de 20% en France)  ; aux surcoûts liés aux trop nombreuses incohérences et imprévus durant le projet (les coûts de la construction ont augmenté de 60% entre 2008 et 2016)  ; et la perte de performances due à une impossible capitalisation de la data à l’échelle patrimoniale en raison du manque de structuration et de centralisation des données accumulées d’un projet à un autre (la productivité générale de la construction a baissé de 6% au cours des 20 dernières années ! ).  

Comment marche le système actuel des DOEs et en quoi est-il obsolète ?  

Aujourd’hui le système actuel des DOE ne fonctionne pas car il est très compliqué à constituer efficacement et il est quasiment impossible à exploiter par la suite. 

Le classement des documents n’est pas adapté et il est même parfois inexistant. L’ensemble des documents est livré au format papier et un double numérique est fourni sur un support physique de type CD/DVD ou clé USB. Le contenu est inexploitable car mal classé ou renseigné. Les documents sont scannés dans des fichiers PDF (parfois regroupés en un PDF par lot) souvent mal nommés et il est souvent plus rapide de retrouver la fiche technique chez le fournisseur sur internet que dans le DOE. 

De plus, la maquette numérique est très souvent livrée comme un document à part sans aucune liaison avec le reste du DOE (aucune liaison objet/document ). 

Il est donc très fréquent que le DOE ne soit pas utilisé par la suite malgré les éléments importants qu’il contient ou est censé contenir.  

Le BIM a-t-il changé la donne selon toi ? 

 Je dirais pour l’instant oui et non car le BIM aujourd’hui n’est pas encore utilisé comme il devrait l’être. Le BIM est un processus formidable qui permet d’associer une base de données au double numérique du bâtiment. En plus de ses fonctionnalités liées au travail collaboratif, il permet entre autres d’avoir une meilleure maîtrise des phases d’exécution (meilleure gestion de la synthèse, meilleure planification des travaux…). Cependant, l’aspect base de données est négligé pour la suite et il est souvent uniquement pensé pour l’EXE. Les données finales qui sont présentes sur la maquette DOE seront donc difficilement exploitables par la maîtrise d’ouvrage et ne correspondront pas à leurs attentes pour la maintenance.  

 En quoi les données sont-elles donc de plus en plus importantes ? 

 Les données sont très importantes dans la maquette et peuvent remplacer en grande partie une sur-modélisation trop lourde et chronophage. Un objet bien renseigné peut être plus pertinent qu’un objet bien modélisé, il pourra communiquer plus d’informations et ses informations pourront être utilisées/récupérées/classées par d’autres logiciels par la suite. La modélisation reste bien sûr importante mais les données vont être de plus en plus indispensables surtout après la livraison du bâtiment et de son DOE. 

C’est la donnée qui doit faire vivre la maquette pendant l’exploitation et la maintenance et qui doit donc faire l’objet d’un contrôle plus rigoureux qu’il ne l’est actuellement. 

Que développez-vous et depuis quand ? 

 Nous développons un outil en ligne pour la maitrise d’ouvrage qui lui permet d’avoir accès à une donnée fiable, de la contrôler et ainsi de mieux connaître et gérer son parc immobilier.  

La visionneuse IFC présente dans la solution permet entre autres de naviguer dans le bâtiment et de rattacher aux objets/locaux, des documents (fiches techniques, permis feu …) et des articles descriptifs (articles CCTP, FTM…). Nous sommes actuellement en pleine refonte des liaisons et de la consultation du DOE et nous préparons de nouvelles fonctionnalités pour 2020.  

Quels sont les offres et modules principaux de votre offre ?  

Notre principal module propose la constitution du DOE numérique qui comprend la liaison des documents aux objets/locaux/niveaux de la maquette ainsi que la connexion des objets avec leurs articles CCTP. De plus, nous anticipons les besoins d’exploitation/maintenance du MOA dans les cahiers des charges exécution transmis aux entreprises. Nos offres autour de l’exploitation et de la maintenance sont en cours d’élaboration puisque nous avons dernièrement débuté nos premiers projets dans ces phases post livraison DOE.   

Qui adressez-vous principalement ?  

Nous nous adressons directement à la maitrise d’ouvrage, mais le terme de MOA est assez vague puisque nous nous adressons aux différents interlocuteurs dissimulés derrière le nom de MOA (promoteurs, asset, property et facility managers), cependant de nombreux autres utilisateurs se retrouvent associés à notre plateforme puisque l’ensemble des intervenants du projet va déposer des documents et échanger en ligne.   

Question volontairement basique : faites-vous du FM, de la GMAO, de la GTB ? 😊  

Nous ne faisons pas directement de FM, GMAO ou GTB directement sur la plateforme mais nous faisons en sorte que la donnée soit prête et exploitable par ces outils. Nous facilitons la connexion et élaborons des passerelles en travaillant en direct avec des facility managers par exemple qui nous permettent de comprendre leurs attentes et d’anticiper leurs demandes.  

Vous avez été auréolés de nombreux prix, notamment aux USA, pourrais-tu stp nous en dire quelques mots ? 

Data Soluce a été récompensé par des prix prouvant l’innovation de la plateforme (comme le prix Tech de Rotschild&Co), mais également sur l’adéquation de notre offre avec les besoins du métier (comme le prix « DisruptCRE », l’acteur majeur de la Proptech à la Silicon Valley). L’équipe a également pu participer au programme Impact USA, organisé par BPI France, ce qui lui a permis de déterminer l’importance du marché et la nécessité future de s’implanter sur le continent nord-américain. 

En quoi votre approche est-elle nouvelle et innovante ?  

Data Soluce est une plateforme qui participe à la transformation digitale des entreprises de l’immobilier. Nous proposons donc en parallèle de la solution technologique, un accompagnement au changement des équipes côté client et côté utilisateurs, afin de maximiser la réussite des projets. 

Notre approche est innovante par son agilité, nous travaillons de concert avec les différents acteurs du bâtiment pour co-construire une plateforme qui permettra à chacun d’évoluer et de visualiser simplement les données qui le concernent.  

L’innovation principale vient du fait que notre solution est entièrement tournée vers la performance de la Maîtrise d’ouvrage : elle lui garantit des données de plus en plus qualifiées, vérifiées et cohérentes dans une optique d’industrialisation des processus de construction.  

Qui vous a déjà fait confiance ? Pourrais-tu nous parler de quelques MOA importants qui vous ont choisi et pourquoi ? 

Nos clients historiques qui nous suivent depuis le début sont Icade, Sogeprom et Apave. Nous avons énormément travaillé à leurs côtés via des ateliers et des présentations autour de nouvelles fonctionnalités afin d’enclencher une démarche permanente d’amélioration continue. Nous commençons à travailler par exemple avec Korian et Groupe 3F. 

Tous nous ont choisis pour notre approche originale sur le classement de la donnée, la simplicité de nos interfaces, la richesse des outils que l’on développe en parallèle et notre implication dans le suivi de leur opérations.  

L’interopérabilité est l’une des clés de votre approche. Pourquoi ?  

Aujourd’hui l’interopérabilité est essentielle, nous savons bien que nous ne pourrons pas tout faire et nous ne voulons pas tout faire, il est donc essentiel de s’ouvrir aux autres solutions et de s’adapter aux outils des utilisateurs. Nous ne voulons pas remplacer l’ensemble des outils du client, simplement lui simplifier la tâche et optimiser le transfert de données avec ses solutions actuelles pour que tout se déroule sans accroc et sans saisie redondante avec les informations déjà censées être contenues dans la maquette. La plateforme se place au centre d’un écosystème ouvert aux solutions complémentaires grâce aux échanges par API (Application Programming Interface). Cela garantit un socle d’informations graphiques, documentaires et de bases de données consolidées qui viennent alimenter les autres solutions. 

Mais dans les faits, la majorité de vos projets est-elle produite en IFC ou en Revit ? 

Il est vrai que la majorité de nos projets est modélisée avec Revit, cependant nous demandons systématiquement un export au standard IFC qui fait office de livrable. Sur un même projet, il est fréquent de trouver une ou plusieurs maquettes provenant d’autres logiciels, aussi bien pour l’architecture, la structure ou le terrain par exemple. L’IFC nous assure une homogénéité des données qui parfois est certes difficile à obtenir mais plus simple à exploiter/consulter pour la MOA.  

Quels services proposez-vous ? Cela inclut-il la création des maquettes ?  

Nos services comprennent le stockage des données sur la plateforme avec la rédaction du cahier des charges et le contrôle de la donnée. La modélisation n’est pas comprise car nous n’en faisons pas en interne, cependant nous travaillons avec des partenaires qui peuvent gérer cette prestation. 

Votre technologie est basée sur Autodesk Forge. Peux-tu stp nous dire pourquoi et les avantages que vous en tirez ? 

Notre viewer de maquettes IFC est effectivement basé sur Forge, nous en tirons pleinement profit car la navigation est fluide, l’intégration de nouveaux outils se fait simplement et le client n’a rien à installer sur son poste : tout se passe dans son navigateur. Il peut donc consulter sa maquette depuis différents supports sans problème. 

La technologie Forge nous permet d’obtenir rapidement des outils liés à la visualisation de maquette et s’intègre parfaitement à notre solution. Nous déployons nos propres algorithmes d’extraction et d’indexation de données sur les maquettes numériques et travaillons sur une amélioration continue des connexions que nous avons déjà entre contenu des maquettes numériques (zones, locaux, objets..) et documents classés dans la GED.  

Quels sont les éléments différentiateurs par rapport à vos concurrents ? 

Notre plateforme structure les données sur toute la durée du cycle de vie du bâtiment, contrairement aux autres plateformes qui se concentrent surtout sur les phases de conception et d’exécution. Nous proposons également un accompagnement à nos clients via des missions MOA réalisées par des experts métiers pour les aider à rédiger le cahier des charges, préciser leurs demandes et contrôler la qualité de la donnée via des audits réguliers présentés en réunion BIM. Nous voulons que le client ait un accès complet à l’ensemble des données depuis le lancement de l’opération et ses données seront toujours accessibles en ligne pour la maintenance et pour toute la durée de vie du bâtiment. Bien évidemment, nous développons aussi des outils pour les autres utilisateurs (architectes, entreprises, bureaux d’études, économistes, bureaux de contrôle…), principaux producteurs d’informations sur le projet. Le but est que chaque utilisateur ait accès à un tableau de bord personnalisé/personnalisable qui résumera l’ensemble des données qui le concernent en fonction de son rôle dans le projet. Notre approche métier est un réel atout dans cette recherche d’interface et dans la pertinence des données à intégrer/contrôler aux maquettes numériques.  

Comment gérez-vous la partie développement durable sur les projets ? Est-ce pris en charge ?  

Nous avons réalisons sur certains projets des relevés béton et acier pour nos clients à partir des données maquettes afin d’en permettre les calculs d’ACV (Analyse de Cycle de Vie). Nous sommes en partenariat avec Cycle up pour « BIMiser » la récupération des matériaux depuis ou vers un projet via ses maquettes numériques.  

Votre solution supporte-t-elle les grosses charges/modèles ?  

Nous n’avons aucun souci avec les gros assemblages de maquettes. Certains assemblages sur notre plateforme contiennent plus de 50 maquettes IFC (dont des maquettes techniques très complexes) et la navigation reste fluide ! Le chargement peut toutefois être un peu plus long mais cela dépend principalement de la connexion internet. Lorsque celle-ci est correcte, le chargement se fait rapidement.  

Est-elle web seulement ou aussi disponible en version mobile ?  

Pour l’instant tout est full web, nous prévoyons une version mobile avec des outils plus adaptés à ces supports.   

Quel est votre business model et quels sont les coûts moyens de votre solution ?  

Nous avons opté pour un prix au m² qui varie en fonction de la phase du projet, ainsi que des packages d’accompagnement spécifiques aux projets de nos clients.   

Est-ce simple à déployer ? 

Oui aucun prérequis n’est nécessaire (une connexion internet suffit), la configuration est rapide et l’utilisateur a juste besoin de donner son nom, sa société et son adresse mail pour créer sa session. Il pourra alors naviguer dans son ou ses projets sur la plateforme. 

D’ailleurs, est-il possible de déployer votre offre sur n’importe quel type de serveur ?  

Notre solution ne peut se déployer que sur un serveur avec une base Linux.  

Y-a-t-il beaucoup de déploiement sur la plateforme BIM 360 ? 

Nous n’avons pas pour l’instant créé de passerelle vers/depuis BIM 360, mais cela reste cependant possible. 

Peut-on faire du serveur local / privé ? 

Il est possible de faire une installation « on Premise » chez les clients qui le souhaitent. 

Comment collaborez-vous avec Autodesk ?  

Notre collaboration avec Autodesk pour l’instant se résume à l’utilisation de la solution Forge, pour la partie Viewer de la plateforme Data Soluce.  

Vous êtes basés à la Station F. Quels avantages cela vous apporte ?  

La Station F offre un écosystème riche de startups et permet de trouver des partenaires facilement. Nous collaborons par exemple avec BIM Model, une startup basée à Station F qui propose des services de modélisation. Nous bénéficions également de l’accompagnement de la French Tech, qui facilite grandement nos démarches administratives.  

Quels sont vos objectifs pour le futur ? Des évolutions prévues pour le futur ? Une organisation différente ?  

La plateforme est en évolution continue, et de nouvelles fonctionnalités seront disponibles tout au long de l’année 2020. Pour ce qui est de l’organisation, nous prévoyons de faire évoluer la structure afin de suivre notre croissance rapide.   

Connais-tu ABCD Blog ? Qu’en penses-tu ? 

Je suis ton blog depuis sa création me semble-t-il, c’est une très bonne source d’inspiration et une manière efficace de suivre l’actualité  ainsi que les retours d’expériences de différents acteurs dans le monde du BIM, la refonte est plus claire et plus agréable à consulter que l’ancienne version, en un mot : bravo ! 

Un grand merci de la part de toute l’équipe Data Soluce de publier cet échange sur ton blog ! 

Un grand merci surtout à toi Benoît et à toute l’Equipe de Data Soluce. Nous vous souhaitons de continuer sur la route du succès.

Site officiel Data Soluce ici.

Autodesk impliquée dans le développement durable partenaire d’EnerJMeeting 2019 – A l’affiche, Eiffage, GSE et No Man’s Land Architecture viendront nous présenter des projets durables, beaux et vertueux

La Société Autodesk est très impliquée dans la réduction de l’empreinte carbone et le développement de solutions permettant de concevoir des bâtiments durables depuis sa création. Fidèle à ce rendez-vous de l’efficacité énergétique, Autodesk sera partenaire de ce bel évènement pour la troisième année consécutive. Venez rencontrer les Experts d’Autodesk le 6 février 2020 à EnerJmeeting 2020, Journée de l’Efficacité Energétique et Environnementale du bâtiment !

Dédié à la prescription, il se deroulera en plein cœur de Paris dans le lieu mythique du Palais Brongniart (ancienne Bourse de Paris).

Cette journée attend plus de 2 150 décideurs de la maîtrise d’ouvrage et de la maîtrise d’œuvre du bâtiment, avec une édition qui comprend 3 salles de conférences animées par plus de 50 conférenciers référents. Vous pourrez faire le point sur la réglementation et les tendances pour 2020, rencontrer les instances de l’Etat, les maîtres d’ouvrage et décideurs clés du bâtiment et échanger avec les responsables prescription des exposants dont Autodesk fait partie.

Autodesk partenaire de l’évènement aura la chance d’animer une conférence d’1H15 à partir de 12H00 au RDC de l’Espace Sud, où vous pourrez venir écouter trois beaux témoignages :

No Man’s Land Architecture dont la fondatrice laurence Bonnevie est la Présidente de la Fondation Maison Passive et qui est une experte de la conception de maisons passives. Elle parlera de l’un de ses projets conçu en BIM avec Revit.

La Société GSE, plus grand contractant général de France et filiale du leader allemand de la préfabrication Goldbeck nous parlera du projet « CECODIA PIPER » labellisé Bepos Energie 2017, situé à Avignon dont l’architecte est la société Apside.

Enfin, Eiffage Construction et Eiffage Immobilier présenteront le beau projet Hypérion, plus haute tour de logements en bois de France conçue par l’agence d’Architecture VIGUIER et lauréat de plusieurs prix dont le BIM d’or 2019. Il y sera entre autre question de suivi de l’ADN des arbres utilisés pour le projet dans la maquette BIM et beaucoup d’autres points positifs relatifs au développement durable dont la certification E+ C- rendus possibles grâce au BIM.

Projet Hypérion : MOA : Eiffage Immobilier I Entreprise : Eiffage Construction I Architecte : VIGUIER

Inscriptions réservées aux maîtres d’ouvrage et aux maîtres d’œuvre sur www.EnerJ-meeting.com

Découvrez le programme complet au format PDF en cliquant ici.

Avec cette 4ème édition, EnerJ-meeting reste fidèle à sa vocation de rassembler chaque année les acteurs clés du bâtiment pour faire le point sur les tendances énergétiques et environnementales en construction et rénovation, avec au rendez-vous, des rencontres, échanges et retours d’expériences concrets !

Pour cette édition 2020, il s’agira de sortir de sa zone de confort pour construire et rénover le « bâtiment 2020 Ready 2050″ : tel est le thème de cette édition exceptionnelle qui vous attend le 6 février prochain.Au plaisir de vous y retrouver ! »

Site officiel d’EnerJmeeting ici.

Inscription gratuite et payante selon conditions en cliquant ici.

Interview BIM Managers – Episode #24 Pierre Maréchal, Groupe COLAS

Les interviews BIM Managers reprennent en cet hiver 2019 et nous avons le plaisir de recevoir le BIM Manager d’un grand nom des travaux publics, le groupe Colas, Leader mondial de la construction et de l’entretien des infrastructures de transport, et son Expert reconnu principal Pierre Maréchal.

Bonjour Pierre, pourrais-tu stp te présenter en quelques mots et nous parler de ton parcours et ta formation ? Tu es atypique dans ce monde des TP car tu as une double formation qui a contribué à ta richesse et tes compétences pointues.

J’ai 39 ans, de formation ESTP, j’ai poursuivi mes études par une école d’architecture. J’ai donc connu les lames de rasoir et l’aquarelle. J’ai ensuite surtout travaillé sur les chantiers, en conduite de travaux à la Réunion, puis dans la 3D et enfin dans le BIM depuis 4 ans.

Quand t’es venue cette passion pour la 3D et aussi la visualisation qui est l’une de tes forces cachées ? Lors de tes études ou un peu plus tard ?

J’ai toujours été un peu gamer et geek, donc la 3D, ça remonte aux consoles 16 bits des années 90… J’ai surtout eu l’occasion de travailler aux début des années 2000 sur des logiciels CAO connus, avant de passer à 3ds Max puis à Revit.

Peux-tu nous présenter Colas en quelques mots car beaucoup de personnes pensent à tort que c’est uniquement une société spécialisée dans les travaux publics ?

Colas, qui vient de fêter ses 90 ans est un leader mondial de la construction, de l’entretien et de la maintenance des infrastructures de transport. Implanté dans plus de cinquante pays, il réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires à l’international.
La Route représente 69% de l’activité du Groupe en 2018 mais le reste du chiffre d’affaires provient des matériaux de construction, des travaux ferroviaires, des réseaux…

Vous dépendez du Groupe Bouygues. Coordonnez-vous vos efforts aves les autres filiales Construction et TP ?

Nous sommes en effet en relation régulière avec nos homologues des diverses filiales du groupe Bouygues au travers de groupes de travail, d’évènements, de projets ou même de manière plus informelle.

Tu fais partie de la structure BIM by Co, mais qu’est-ce donc, combien êtes-vous et comment êtes-vous organisés ?

La cellule BIMbyCO, créée en 2016 par Maud Guizol, est en charge du déploiement du BIM pour toutes les filiales et métiers du groupe Colas. BIMbyCO est composé, pour le volet pilotage, de cinq personnes mais gère un réseau de plus de trente BIM référents, qui sont nos relais répartis dans le monde. Nous suivons via la formation et nos divers groupes de travail un sous-réseau BIM de plus de 1000 collaborateurs. Nos missions consistent tout d’abord à gérer le volet gouvernance du BIM avec la partie stratégie BIM, déploiement BIM, définition de nos processus et outils, et l’animation du réseau. Nous avons aussi un volet formation, comme la mise en place de MOOCs, une partie innovation avec l’ensemble des nouvelles technologies pluggables à un processus BIM.

Puis, côté projet, nous assurons un service d’assistance technique pour toutes nos filiales : une sorte de SOS BIM ou SAV BIM, selon les besoins. Nous sommes aussi amenés à produire en BIM de la modélisation au BIM Management. Enfin, notre valeur ajoutée est le volet Intégration de Solutions, c’est-à-dire l’ingénierie du BIM, comme nous avons pû l’appliquer sur le projet de dépollution et déconstruction de la raffinerie de Dunkerque.

Tu as commencé chez GTOI, filiale de Colas à la Réunion. Peut-on dire que le « BIM by Colas » est né à la Réunion et que vous étiez des pionniers ?

Le BIM chez Colas est né naturellement à la Réunion car notre filiale GTOI permet à tout l’écosystème du BTP de se côtoyer dans un même bâtiment : commerciaux, métreurs, chiffreurs, méthodes, ingénieurs structure, conducteurs de travaux et chefs de chantier. Et ce, dans l’ensemble des secteurs du BTP : bâtiment gros œuvre, corps d’états divers, routes, VRD, industrie, génie civil et grand projets.

Le BIM à la Réunion, c’était comment ?

La Réunion est un territoire géographiquement isolé mais connecté. La fédération FRBTP s’intéresse évidemment au sujet du BIM et les BET locaux font le déplacement à BIM World tous les ans.

Qui a impulsé le BIM chez Colas et pour quelles raisons et quels objectifs ?

Le BIM est né sous l’impulsion de la Direction Technique de Colas sur des sujets d’ingénierie structure menés par Maud Guizol. Tout le monde s’est rapidement rendu compte du spectre bien plus large que représente le BIM et des enjeux pour un grand groupe comme le nôtre. C’est ensuite tout le travail de Maud qui a su convaincre et fédérer pour créer cette structure transversale et essentielle dans un groupe décentralisé comme Colas.

Maud Guizol, COLAS

Vous êtes des Experts du BIM pour les infrastructures. En quoi est-ce radicalement différent du BIM Bâtiment ?

Le BIM pour les infrastructures mélange des ouvrages ponctuels (gare, pont…) dont les logiciels raisonnent en mode objet, et des ouvrages linéaires (routes, rails…), dont les logiciels raisonnent en axe (avec des profils et sections type). Ce sont donc des métiers très différents tout autant que la façon de modéliser.

L’interopérabilité et l’openBIM jouent un rôle d’autant plus important pour vous. Peux-tu nous expliquer pourquoi et comment ?

Pour les raisons précédentes et la multiplicité des logiciels, leur interopérabilité est indispensable pour mener un projet complet et s’assurer de la cohérence entre les intervenants. Aujourd’hui l’openBIM est la seule solution capable de nous faire tous communiquer.
Nous soutenons buildingSMART France et le projet MINnd et sommes donc très impatients d’avoir ces IFC 5 qui intégreront cette notion d’axe et l’ensemble des projets linéaires (ifcBridge, ifcRoad et ifcRail).

Vous avez aussi un rôle fédérateur et vous entrainez la filière toute entière au travers de formations et de COOC, ce qui est très positif et généreux. Comment est-ce organisé et déployé ?

Pour les COOC, nous avons été accompagnés par Factory Santelli, une agence de communication et nous avons profité de studios de tournage chez Bouygues. Nous avons 4 saisons de maturité croissante avec 7 épisodes chacune. A la fin de chaque maturité, il est nécessaire de valider ses acquis par un quiz. Ils sont accessibles à l’ensemble du Groupe en français et en anglais, sur la plateforme digitale de formation en ligne Colas Campus. Pour les autres formations, nous accompagnons les filiales au cas par cas.

Quel est ton rôle au quotidien ? As-tu une équipe ?

Notre cellule est composée de peu de personnes, donc en plus d’avoir chacun un background métier (chantier, BE…), nous sommes tous un peu couteau suisse du BIM. Mon rôle est ainsi assez varié : en charge du déploiement sur certaines zones ou encore de l’innovation liée au BIM, je travaille par ailleurs sur de l’assistance technique aux projets, du BIM management ou encore de la production de maquettes. Je participe également à divers groupes de travail interne et à MINnd.

Vous êtes les vainqueurs d’un BIM d’argent et d’un BIM d’or déjà. Quelle reconnaissance ! Peux-tu nous parler de ces deux grands succès et nous dire ce que cela a changé pour vous ?

Le BIM d’argent dans la catégorie bâtiment supérieurs à 40000 m² a été décerné au Pôle Sanitaire de l’Ouest à la Réunion, sur lequel notamment l’avancement des coulages béton a été suivi de manière hebdomadaire grâce à la maquette BIM. Cela est très utile pour commander le béton sur des grandes dalles avec forme de pente. Cela a été très certainement une victoire interne qui nous a permis de convaincre les équipes d’exploitation qui peuvent être assez réfractaires au changement.

Le BIM d’or a primé un projet très particulier sur la déconstruction et dépollution d’une raffinerie à Dunkerque. Ce projet nous a confortés sur l’approche que nous devons avoir par rapport au BIM : apporter de la transparence à nos projets. Ces deux prix ont été très importants pour toute notre équipe car au-delà de la reconnaissance de nos métiers, cela nous permet d’accélérer la transformation digitale liée au BIM au sein de Colas.

Le BIM d’or pour la dépollution du site de Dunkerque est notamment exemplaire et impressionnant. Peux-tu nous le présenter en quelques mots ?

C’est un projet unique (malheureusement pour l’instant) : l’équivalent en tonnage d’acier de 4 tours Eiffel à déconstruire et un site de 95 hectares à dépolluer en moins de 4 ans. Nous avons donc eu un gros travail de sélection de vieux plans, de modélisation de l’existant (notamment avec l’IA de modélisation automatique de WiseBIM). Nous avons innové en utilisant Dynamo pour modéliser la répartition de la pollution dans le sous-sol : l’interpolation des sondages.
Tous les habitants de Dunkerque ont aussi la possibilité de suivre de manière hebdomadaire l’avancement de la déconstruction sur la maquette superstructure :
http://srd.jumeaunumeriquebim.com/html/pai#/, ce qui illustre au mieux la baseline de Colas Environnement, maître d’ouvrage du projet : « Dépolluer en toute transparence ».

Sur quelles technologies basez-vous principalement vos workflows BIM ?

Ces technologies et workflows sont pour l’instant assez hétérogènes de par la pluralité de nos métiers et une normalisation en pleine écriture.
Pour ma part, j’apprécie démarrer d’une acquisition en nuage de points, une modélisation en Revit, Dynamo pour automatiser, Twinmotion pour le phasage, les rendus et la VR et BIM 360 pour collaborer.

Dynamo, outil de programmation visuelle semble jouer un rôle clé chez COLAS. Peux-tu nous dire pourquoi ?

Entre autre, cela nous a permis de faire rencontrer les deux mondes de la modélisation en mode objets et en mode linéaire, et de positionner concrètement des objets le long d’un axe, comme sur un pont. Et pour le projet de Dunkerque, nous avons créé un outil qui nous permet d’amener le BIM dans la filière du SSP, les sites et sols pollués (cf. class AU19 – CI320781 – Revit Dynamo and AI for the deconstruction of a refinery site https://www.autodesk.com/autodesk-university/class/Revit-Dynamo-and-AI-decontamination-refinery-site-2019).

Vous êtes aussi des Experts de la RV/RA. Vous l’utilisez notamment en combinaison avec vos produits pour la route innovants comme les enrobés lumineux. Peux-tu nous expliquer votre démarche ?

Notre solution de marquage dynamique lumineux, appelée Flowell, n’est pas une technologie évidente à décrire avec des mots. Si je vous fais tester nos simulations de modularité routière en VR, vous allez non seulement comprendre et adorer mais cela permet surtout de se projeter et de perfectionner le fonctionnement réel d’un tel dispositif, très sensoriel. Preuve en est, un récent partenariat entre Colas et SideWalkLab (filiale d’Alphabet, maison-mère de Google) pour le projet de SmartCity à Toronto mais également un nouveau site test à Paris La Défense en 2020.

Tu as su garder ta compétence en visualisation et c’est un vrai plus. En quoi cela est-il un différenciateur selon toi ?

J’ai toujours eu le goût d’explorer des softs qui permettent d’aller assez loin, à l’époque 3DS/Vray/Photoshop maintenant Revit/Dynamo et Unity.
Lorsque l’on parle d’un projet de construction, on a besoin de le visualiser soit en images, soit en vidéo, idéalement phasé. Et ce qui était long et coûteux il y a quelques années ne l’est plus. D’une part, cela est très satisfaisant et valorisant pour tous les projeteurs, et grâce à cette meilleure compréhension de nos clients, cela améliore les prises d’affaires. D’autre part, nos métiers attireront plus de talents en se modernisant et en se digitalisant.

Quel est ta vision de ce qui se passe autour du BIM en France et des initiatives gouvernementales ?

Les initiatives telles que le Plan BIM 2022 ne sont pas négligeables, même si je regrette qu’il n’y ait pas d’obligation BIM sur certains types de projets. Le tragique incident de Notre-Dame devrait pourtant interpeller sur la nécessité d’un jumeau numérique de notre patrimoine bâti et du territoire. Colas a d’ailleurs signé un partenariat pour être acteur dans la Smart Région Ile-de-France. Il y a aussi un manque crucial de formation sur le BIM en général et sur la prise en main des logiciels.

Après un BIM d’or et un BIM d’argent, une reconnaissance incontestable du marché, quels sont vos prochains grands défis technologiques ?

Notre prochain défi est de rendre plus accessibles les données invisibles du sous-sol, notamment grâce à un partenariat avec WiseBIM, spécialiste de l’intelligence artificielle pour le BIM. Nous travaillons également sur la RA avec des partenaires comme Syslor et BIMmyProject/HoloBIM. Ces initiatives vont répondre au défi de taille que nous nous sommes fixés pour 2020, à savoir passer du BIM au CIM.

Dépollution du site de la raffinerie de Dunkerque – COLAS

Quelles sont tes passions à titre personnel et comment sont-elles liées avec ton quotidien de challenge ?

A titre personnel et sans aucun rapport, je suis passionné de kitesurf, ce qui, je le concède, est plus compliqué à pratiquer depuis la région parisienne… La contrepartie positive est que je peux désormais profiter de la riche activité culturelle de Paris et spécialement de l’architecture, que j’affectionne.

Connais-tu ABCD Blog et quels seraient tes suggestions d’amélioration ?

Je connais ABCD Blog depuis que j’ai entendu le mot BIM, je suis donc très honoré de cette interview et t’en remercie. Je le lis régulièrement et c’est toujours une grande source d’information, notamment pour savoir ce qu’il se passe dans les pays voisins et découvrir de nouveaux projets.

Cher Pierre, un grand merci et bonne route – si j’ose dire – vers le BIM ! Une route illuminée jusqu’à présent.

Toutes les sessions d’Autodesk University 2019 et leurs contenus désormais disponibles en replay et en téléchargement

AU 2019 Las Vegas fut une très belle édition et les professionnels qui ont eu la chance de s’y rendre en sont revenus ravis et impressionnés par les présentations de leurs pairs.
Bien que la conférence soit terminée, l’apprentissage ne fait que commencer. Les sessions d’AU 2019 sont désormais disponibles en ligne.

C’est une excellente méthode pour se former, les bonnes pratiques, les sessions magistrales, les prises en mains, et tout cela gratuitement.

Elles vous permettront gratuitement :

  • D’afficher des enregistrements vidéo, des documents, des diapositives, etc.
  • De vous connecter afin de revoir votre agenda AU 2019 et revoir les classes auxquelles vous avez participé
  • De partager vos sessions AU préférées avec vos collègues, pairs, et/ou amis

Tous les formats disponibles en fonction de la classe sont disponibles tels que les vidéos, support PowerPoint, déroulé de classe, audio, éléments à télécharger, etc.

C’est à vous de jouer ! Connectez-vous en cliquant ici.

Interview Startup Innovante – ETC-TEC, les petits génies du BIM génératif et intelligent

Cette semaine, nous recevons les créateurs d’une petite startup qui monte, ETC-TEC qui développe des applications innovantes pour les Architectes et BET afin de leur simplifier le quotidien : Clara Euler et Amilcar Ferreira !

Bonjour Clara et Amilcar, ravi de vous recevoir sur ABCD Blog. Pourriez-vous svp vous présenter en quelques mots ainsi que votre parcours ?

Bonjour !

Nous sommes les fondateurs de etc-tec, une entreprise qui se consacre aux liens entre BIM et conception générative, à travers la recherche, le consulting et tout particulièrement le développement de logiciels sur les phases initiales de conception, à l’attention de tous les corps de métiers.

Amilcar est le CTO, responsable de la recherche et développement des solutions etc-tec et basé à Paris, tandis Clara est chargée de la communication et business developer, à Londres.

Vous venez d’ailleurs tous deux d’agences d’architecture et vous avez basculé dans le domaine du logiciel ?

Clara : Nous nous sommes rencontrés il y a environ 4 ans, dans un atelier où Amilcar était architecte et responsable recherche et développement des outils paramétriques et où je travaillais à la communication et refonte du site internet. Amilcar avait déjà bien infiltré le monde du logiciel, et je raccroche les wagons !  

A ce propos, Amilcar, votre enfance a été bercée par cette passion pour les technologies n’est-ce pas ?

Amilcar : Enfant j’avais un vieil ordi a la maison et je l’utilisais pour apprendre à écrire et faire des mathématiques… Ma mère, qui était expert-comptable, me laissait gérer ses tableaux Excel alors que j’étais gamin. Depuis mon adolescence et tout au long de mon parcours universitaire et professionnel, j’ai toujours cherché la meilleure façon d’optimiser mes tâches avec la programmation.

Vous étiez des utilisateurs et fans de Revit ?

Clara : Soyons honnêtes, je suis de la team Adobe plus que Revit, mais à force de voir les architectes rivés à leur écran pendant des heures, j’ai forcément été intriguée.

Amilcar : Je connais Revit depuis 2004 et je l’utilise depuis 10 ans, mais au début de ma carrière, j’étais beaucoup plus intéressé par la conception architecturale que par les études et la construction. Du coup, j’étais plus intéressé par des logiciels NURBS, de programmation graphique et script. Puis j’ai eu l’opportunité de suivre plusieurs projets dans toutes leurs phases, j’ai compris la pertinence de Revit, du BIM, du dessin collaboratif, et là je suis devenu un fan de Revit. En plus le fait que Revit propose une API ouverte au public m’a permis de beaucoup m’amuser !

Clara : Amilcar a des hobbies que je qualifierais de “particuliers”.

Quand, comment et pourquoi vous est venue l’idée de créer ETC-TEC ?

Amilcar : etc-tec est un projet que j’ai dans mes cartons depuis 2009. Ça a commencé avec mon projet de fin de Master où j’ai exploré le processus de conception architecturale, et comment y intégrer des algorithmes afin de gagner du temps, optimiser les concepts architecturaux et inspirer l’architecte.

J’avais créé la base et les premiers outils. Je voulais le développer mais à l’époque mes idées n’étaient pas bien reçues par les architectes. Au début de ma carrière, j’ai eu la chance d’être invité par une société de recherche – le studio SEED à Barcelone – où j’ai pû développer un peu mes idées. Mais à cause de la crise financière, j’ai dû mettre de côté mes projets et me dédier à l’architecture de façon plus « traditionnelle ». Même si je n’ai pas toujours eu l’occasion d’intégrer mes idées dans mon quotidien comme architecte, j’ai toujours cru à ce projet et j’ai continué à le développer pendant dans mon temps libre.

En 2018, j’ai fini la première maquette d’un produit qui répondait à cette recherche, et j’ai décidé que c’était le moment de me lancer là-dessus, surtout qu’aujourd’hui le public est beaucoup plus réceptif. Les concepts comme le BIM et la conception générative sont à présent connus et intégrés dans le vocabulaire de presque tous les architectes…

Du coup je me suis lancé et j’ai proposé à Clara de me rejoindre pour travailler sur la communication et le business development.

Vous avez 2 applications : G Algo et G Plus. A qui s’adressent-elles et quelles problématiques résolvent-elles ?

Pour le lancement d’etc-tec, nous avons deux applications qui résultent de ce projet de recherche.

L’objectif principal est d’améliorer l’expérience de l’utilisateur Revit dans les phases esquisse.

etc signifie Expression, Test, Cycle et ce triumvirat s’applique à toutes les phases d’un processus de conception. Le but est de permettre au dessinateur de se dédier uniquement à l’expression et d’attribuer à l’ordinateur les taches fastidieuses et chronophages de test et cycle.

G.Algo est né de ce principe et s’adresse aux architectes mais aussi aux promoteurs, ainsi qu’aux maitrises d’ouvrage.

Il comprend une interface simple pour que l’utilisateur puisse esquisser sur Revit, puis propose la couche “conception générative” pour que le dessinateur puisse poser des questions au logiciel.  Par exemple, comment optimiser la surface. Le logiciel est capable de générer des variantes du projet, de les tester et de procéder à des cycles à répétition ; jusqu’à trouver les solutions qui répondent le mieux à la question posée.

G.Plus est une boite à outils, qui propose des fonctions complémentaires faisant gagner du temps à tous les corps de métier du bâtiment : les liens entre Revit et Microsoft Excel, la duplication simultanée des carnets de vue, la création des schémas de couleur pour repérer visuellement les données dans une ou plusieurs catégories d’éléments… Le but est d’économiser du temps, en automatisant les tâches répétitives et chronophages.

Comment convaincriez-vous un architecte ou un BET de l’intérêt de vos solutions ? Quels sont leurs éléments différentiateurs ?

G.Plus est plus généraliste, les fonctions sont très directes. Vous économisez plusieurs jours de travail chronophage en automatisant la mise à jour des informations des paramètres dans les pièces, la création des plans de repérage ou les vues de coordination.

La communication d’information entre le BET, l’architecte, l’économiste et la maitrise d’ouvrage devient plus facile et plus rapide !

Une journée de travail d’une personne peut être réduite à quelques secondes et libère du temps pour des tâches plus intéressantes !

G.Algo est plus orienté vers les architectes, promoteurs et maitres d’ouvrage qui ont besoin de faire des études de faisabilité, des schémas formels ou fonctionnels des bâtiments, de tester leur concepts et chercher des solutions optimales.

Avec cet outil, un cabinet d’architectes peut faire des dizaines d’études formelles et fonctionnelles en une journée. Grâce au dessin génératif, les équipes peuvent demander à l’ordinateur de tester et optimiser leur concept selon les objectifs du programme et de le tester face au PLU. Une agence d’architecture peut ainsi gagner plusieurs journées de travail dans une phase de concours.

Les promoteurs ou les maitres d’ouvrage peuvent aussi faire de leur côté des études de faisabilité avant le lancement d’un concours.
On peut ainsi partager des maquettes très légères mais très complètes en informations dans les phases esquisse et APS, avec des BET et économistes, ce qui peut leur permettre aussi d’intégrer leurs études dans Revit plus tôt dans le projet.

Notre gros avantage par rapport à d’autres solutions sur le marché, c’est l’attention que nous avons à créer des interfaces simples et intuitives. De plus, nos outils sont vivants et en évolution constante : en fonction des retours de nos clients et de leurs besoins, on intègre des fonctionnalités supplémentaires (par exemple, en ce moment nous travaillons sur un outil de modélisation de volume capable de modéliser selon les règles d’un PLU, une fonction demandée par plusieurs de nos clients). Les mises à jours sont fréquentes ;  GPlus v1 est sorti en septembre et la V2 sort avec deux nouvelles fonctions en 2020.

Et qu’est-ce qu’ETC.app ?

etc.app est une application de bureau très légère et simple d’utilisation, qui permet de télécharger et mettre à jour les applications etc actives sur votre ordinateur.

Ces solutions sont-elles développées sur les APIs de Revit ?

Oui, notre objectif c’est d’intégrer nos outils au maximum dans l’interface de Revit. Nous essayons de « copier » les démarches des autres commandes sur Revit pour que l’utilisation de nos outils soit très intuitive pour un utilisateur Revit.

Soyons honnête, quand un utilisateur nous dit qu’il ne savait pas que nos outils n’étaient pas natifs dans Revit, on est ravis !

Les études de faisabilité chez les architectes, un grand sujet. Et vous semblez le résoudre de manière intelligente. En quoi cela diffère-t-il des volumes conceptuels dans Revit ? Allez-vous plus loin?

Oui, carrément plus loin avec G.Algo. Nous travaillons une nouvelle catégorie dans Revit nommée « Bâtiment » et qui représente un Bâtiment en LOD 100. Malgré sa représentation schématique et simple, nous avons dans une seule entité toute l’information de notre projet : les surfaces, les ratios de surface, les linéaires de façade, ainsi que le programme – les zones du bâtiment, toutes les pièces qui vont dedans, etc…

Cette famille a aussi des types que nous pouvons configurer à l’infini, et qui correspondent à des typologies de bâtiments différentes. On en aura une représentation en plan différente :  par exemple un type Bureaux aura une représentation avec un couloir central, une épaisseur de façade, mais une typologie Equipement aura peut-être en plus un noyau aveugle pour les locaux de stockage et deux circulations parallèles. Du coup, quand on modélise notre bâtiment, nous avons aussi une représentation en plan plus détaillée. Nous pouvons facilement changer le type de notre bâtiment par zones et également ajuster automatiquement les trames et largeurs de couloirs sans être obligé de tout redessiner.

Nous pouvons aussi facilement contrôler le respect des règles d’un PLU.

Faites-vous appel à de l’intelligence artificielle ou une approche similaire ?

Pour l’instant c’est plutôt de la statistique.

L’algorithme génératif ‘etc’ s’appuie sur l’esquisse de l’architecte, et les paramètres variables qu’il a ajouté à l’esquisse, la contrainte du PLU et l’objectif établi : il fait une série de permutations entre les valeurs variables possibles, il génère des solutions, les teste face au PLU et il récupère les solutions qui se rapprochent le plus de l’objectif établi. Parfois, les solutions peuvent surprendre l’utilisateur et l’inspirer.

Avez-vous quelques Clients testant déjà vos solutions et qu’en pensent-ils ?

Oui, et en réalité depuis plusieurs années puisque je l’ai intégré à Revit dans les agences où j’ai travaillé sur des projets réels. Depuis janvier, nous avons eu des retours très positifs d’agences d’architecture, mais aussi de BET et économistes, et suite à cette phase d’essai, nous finalisons la première version de G.Algo, qui sortira en février 2020.

Cette version (G.Algo Phase 1) comprend les fonctions permettant d’esquisser avec la famille bâtiment et de créer des études de faisabilité. La phase 2 sortira pour l’été 2020, et s’y ajouteront les interfaces génératives.

Pour G.Plus les retours ont toujours été très positifs, le gain de temps est assez évident, au bout de quelques clics. On en comprend rapidement l’intérêt.

Pour G.Algo la première réaction est toujours ‘wow’, mais pour que l’outil soit utilisé à sa pleine mesure et qu’il puisse permettre d’économiser des journées entières de travail, nous dispensons une formation d’une demi-journée à l’achat des licences. La méthodologie etc doit être intégrée à la méthodologie des équipes pour pleinement fonctionner – on ne vient pas révolutionner le fonctionnement des agences, mais juste donner un petit coup de fouet pour redonner du temps à la création !

Quel est votre modèle de vente ?

La version 1 de G.Plus est disponible sur l’App store d’Autodesk et sur notre site, et  G.Algo sera disponible le 2 Février 2020.  Il est important de préciser que l’achat de plug-ins fonctionne sur un système de licence annuel et intègre les mises à jour – si vous achetez G.Algo Phase 1, vous bénéficiez automatiquement de la phase 2 mise en vente 6 mois plus tard. Nous souhaitons garder des tarifs raisonnables pour que les petites et moyennes entreprises puissent aussi en profiter et être plus compétitifs.

Nous sommes aussi à la recherche de distributeurs, donc bien entendu, s’ils nous lisent et qu’ils sont intéressés, qu’ils n’hésitent pas !

Comment peut-on vous contacter facilement si l’on souhaite plus d’informations sur vos solutions ?

Clara : Toutes les informations sont disponibles sur notre site www.etc-tec.com, ou sur notre linkedin (https://www.linkedin.com/company/etc-tec/) et sur Twitter bien entendu https://twitter.com/etc_tec_company

Clara et Amilcar, merci beaucoup pour cette présentation de vos solutions innovantes. Nous vous souhaitons un franc succès dans cette belle démarche.

Groupe-6, le BIM sous différentes facettes et une créativité sans limites de ses Architectes

Découvrez le témoignage de l’Agence Groupe-6 Architectes qui pionnière en la matière, s’est emparée du sujet du BIM il y a déjà quelques années.

Découvrez au travers de trois projets emblématiques, l’impact que ce nouveau processus a sur le travail de l’agence. Standardisés sur les solutions Autodesk telles que Revit, Dynamo Studio, Navisworks, 3ds Max et AutoCAD entre autres, ils tirent la quintessence de ces solutions phares du domaine de l’AEC.

En ce qui concerne les projets, il s’agit tout d’abord du CHU de Reims de 55 000 m2 et 472 lits et places réalisé avec EGIS, et dont la taille et la complexité ont pû être gérées grâce à Revit.

Puis le très bel hôtel JW Marriott Bahreïn de 60 000 m2, 36 étages et 340 chambres et suites caché sous une enveloppe de verre aux formes sensuelles de 36 niveaux. Par une savante utilisation de Revit et Dynamo Studio, il a été possible pour les Equipes de Groupe-6 de concevoir une façade haute couture en toute finesse et en toute complexité. Ce projet est le fruit d’une collaboration avec Setec.

Et enfin, le nouveau bâtiment de Schneider Electric – IntenCity – de 25 000 m2 à Grenoble. Groupe-6 a réalisé IntenCity, à Grenoble, les bureaux de la Direction de l’Innovation de Schneider Electric France, dont la livraison est prévue courant 2019. Pour Schneider Electric, l’intérêt de la maquette BIM doit dépasser le seul cadre de la compréhension architecturale. Pour ses futurs bâtiments situés sur les berges de l’Isère, l’industriel a pensé qu’une interconnexion entre la base de données statiques du bâtiment (le BIM), et la base de données dynamique comprenant l’ensemble des systèmes de fonctionnement (la GTB) sera générateur de valeur.

Découvrez ce très beau témoignage ici.

A Autodesk University 2019, Airbus et Autodesk montrent l’impact de la conception générative dans le cadre de la conception de pièces et de bâtiments

Article publié à l’origine en anglais sur le site d’Autodesk ici.

Autodesk et Airbus sont tous deux déterminés à repousser les limites des technologies de pointe dans le cadre de la poursuite de l’innovation et pour un monde plus durable. Il n’est donc pas surprenant que les deux sociétés s’associent pour modifier fondamentalement la façon dont les choses seront fabriquées et construites dans l’industrie aérospatiale dans un proche avenir.

Une usine d’ailes Airbus

La semaine passée, lors d’Autodesk University à Las Vegas, Airbus a révélé comment il utilisait la conception générative pour relever des défis complexes en matière d’ingénierie, d’architecture et de systèmes. Pouvoir résoudre ces problèmes leur permettra d’être plus à la pointe, plus efficaces et plus économes, tout en répondant mieux aux besoins de sa main-d’œuvre et en réduisant l’impact négatif sur l’environnement.

La conception générative inspire l’avenir de l’exploration spatiale.

Dans le cadre d’un effort permanent, Airbus réinvente de nombreux composants structurels d’aéronefs, en appliquant la conception générative d’Autodesk pour développer des pièces plus légères qui dépassent les normes de performance et de sécurité actuelles. Dans une industrie où moins de poids équivaut à moins de consommation de carburant, cette approche offre une énorme opportunité de réduire les effets néfastes du transport aérien sur l’environnement.

Airbus ne se limite pas aux pièces d’avion aux processus et aux espaces de fabrication, il utilise la conception générative pour l’aménagement d’usines adaptables, certifiées DGNB et LEED, avec une logistique rationalisée pour améliorer les conditions de travail des employés et accroître leur productivité.

Partition bionique 2.0

En 2015, Airbus a dévoilé son premier prototype autour de la conception générative. La «cloison bionique» est une version nouvelle génération de la cloison et de la structure de support pour sièges jumps qui sépare l’habitacle de la cuisine d’un avion.

La conception initiale était prometteuse : 45% plus légère que la pièce d’origine mais tout aussi solide. Airbus a estimé que cette nouvelle approche de conception permettrait d’économiser près d’un demi-million de tonnes d’émissions de CO2 par an si elle était déployée dans son carnet de commandes d’avions A320.

Les travailleurs d’Airbus testent l’emplacement de la cloison bionique.

À l’origine, l’intention était de fabriquer la nouvelle cloison en utilisant la fabrication par additif métallique. Mais en raison de toute une gamme de variables sur le marché de la fabrication et des besoins en matériaux, il est devenu évident qu’un processus de fabrication alternatif serait nécessaire. Heureusement, la technologie de conception générative d’Autodesk a poursuivi son évolution et elle est maintenant capable d’optimiser de multiples techniques de fabrication avancées au cours de la phase de conception et de développement de produit.

Pour Airbus, cela signifie qu’ils peuvent utiliser la conception générative pour créer un moule en plastique imprimé en 3D pour la cloison, puis couler la pièce dans un alliage déjà qualifié pour le vol. La partition Bionic 2.0 est aussi puissante et légère que son prédécesseur et peut être fabriquée à une échelle plus abordable.

«La conception mise à jour rend la partition bionique beaucoup plus viable pour la production. Le premier prototype est en production et nous espérons le terminer d’ici la fin de l’année », a déclaré Bastian Schaefer, concepteur chez Airbus, qui dirigeait la collaboration avec Autodesk. «Le processus et la technologie ont évolué et nous pouvons maintenant fabriquer plusieurs unités à un coût considérablement inférieur.»

Airbus utilise actuellement la conception générative pour repenser les autres composants structurels de l’aéronef, y compris le bord d’attaque du plan de la queue verticale (VTP) de l’A320. L’objectif d’un VTP (ou d’un stabilisateur vertical) sur un avion est de fournir une stabilité directionnelle et de réduire l’inefficacité aérodynamique causée par les mouvements d’un côté à l’autre.

Une impression 3D du plan de la queue vertical conçu de manière générative

La conception générative permet à l’équipe d’évaluer des centaines de solutions de conception qui répondent toutes aux objectifs de rigidité, de stabilité et de masse du VTP.

Usine du futur

Les réactions positives à ce que la conception générative pourrait amener pour les composants d’avion ont amené Airbus à explorer les possibilités de cette technologie pour d’autres secteurs de son activité. Plus tôt cette année, l’équipe a commencé à réfléchir à la manière dont la conception générative pourrait être appliquée à la conception, à la disposition et aux flux de travail des bâtiments de ses usines.

Premièrement, ils ont examiné une chaîne de montage d’ailes d’A350 où une main-d’œuvre humaine importante et plusieurs outils différents sont nécessaires. L’objectif était de déterminer comment un aménagement d’usine pouvait être configurée pour de multiples variantes d’ailes des différentes générations de l’A350, avec des emplacements d’outil et des trajectoires de déplacement optimaux, ainsi qu’un encombrement et des goulots d’étranglement minimaux.

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Une vidéo montre les flux logistiques et la configuration de l’usine de l’aile Airbus avec une conception générative.

Airbus s’intéresse maintenant aux concepts possibles pour l’utilisation future de cette technologie dans d’autres hangars de production. L’objectif est au final d’assembler les moteurs plus rapidement avec des flux logistiques plus efficaces et une main-d’œuvre plus riche en contenu, dans une usine extensible et adaptable aux besoins d’Airbus, tant aujourd’hui qu’à l’avenir.

Un moteur Airbus.

L’équipe a identifié 10 contraintes pour l’évaluation par le système de conception générative, certaines pesant plus lourd que d’autres, telles que l’efficacité et le coût.

  • Efficacité du terrain – quantité totale et proportion d’espace restant disponible à l’intérieur des limites du site et à l’extérieur de l’empreinte du bâtiment
  • Coût de construction – caractéristiques essentielles à l’estimation du coût de construction d’un bâtiment, y compris l’empreinte totale du bâtiment, le nombre et la taille de structures uniques, ainsi que la surface de divers matériaux utilisés en façade
  • Durabilité – caractéristiques essentielles pour la certification DGNB / LEED, y compris la toiture végétalisée des employés, l’acoustique du bâtiment, le confort thermique, les zones de biodiversité, les surfaces perméables et le stationnement des vélos.
  • Conditions de travail des employés – distance entre les postes de travail et les toilettes (à minimiser); et vues sur les espaces verts extérieurs depuis les salles de réunion, le café, les salles de repos et la cuisine
  • Flux logistique / Flux de peinture / Flux du moteur (trois contraintes distinctes) – chemins de flux entre les stations le long de la séquence de production
  • Expérience client – vues du hall d’entrée et des autres zones clients vers les stations de montage et les espaces verts extérieurs
  • Lumière du jour – quantité de lumière naturelle diffuse dans les espaces critiques pour le bureau, la production et l’expérience client
  • Flexibilité – potentiel d’expansion future du bâtiment, en particulier dans les limites du site d’origine

La conception générative offrait deux directions qu’Airbus envisageait actuellement : un bâtiment plus grand avec une empreinte non conventionnelle ou les mêmes éléments d’usine optimisés pour s’intégrer dans une empreinte rectangulaire plus petite.

«La conception générative nous aide à créer une conception architecturale plus durable tenant mieux compte des facteurs humains et des conditions de travail critiques», a déclaré Schaefer. «Cela a également élargi notre façon de penser et notre approche du design en surmontant les idées préconçues et les angles morts. Quelle que soit la conception choisie, nous savons que l’usine fonctionnera plus efficacement et sera moins coûteuse à construire. ”

Pour Airbus, il semble que le futur de la fabrication et de la construction soit arrivé.

Article publié à l’origine sur le site PR Newswire d’Autodesk ici.

Revivez Autodesk University 2019 en différé et découvrez un contenu et des présentations d’une extrème richesse !

C’est l’évènement phare de la communauté des Experts du digital et de la disruption du monde entier, tous domaines confondus : Architecture, Ingénierie, Construction, Industrie, Média et Divertissement, etc. Revivez-le en différé…

Ce moment que tout le monde attend en chaque fin d’année avant Noël, c’est Autodesk University qui connecte plus de 12 000 professionnels du monde de la construction, de la fabrication, de l’architecture, de l’ingénierie et des médias, avec quatre jours complets de sessions d’apprentissage en classe et d’expériences de mise en réseau. AU vise à doter ses participants des connaissances nécessaires pour assurer un avenir meilleur pour notre planète.

De nombreuses Sociétés françaises telles que Bouygues, Bouygues Immobilier, VINCI, Eiffage, ENGIE, Systra, COLAS, Léon Grosse, et bien d’autres encore, viennent soit présenter une classe et partager leur savoir et leur expérience, ou viennent écouter leurs pairs du monde entier.

Autodesk University 2019

La conférence a débuté par une allocution d’ouverture du président d’Autodesk, Andrew Anagnost, qui a réaffirmé l’engagement continu d’Autodesk de fournir aux différents secteurs, des solutions métriers leur permettant de faire plus, avec un impact moins négatif sur la planète. Lors de la conférence de cette année, l’accent a été mis sur l’opportunité importante d’améliorer les flux de travail, les résultats et le monde dans lequel nous vivons, à mesure que les secteurs évoluent. Il était accompagné de conférenciers invités, dont le Dr Elizabeth Hausler, fondateur et directeur général de Build Change qui oeuvre pour l’habitat des plus pauvres dans les zones défavorisées, ainsi que du directeur créatif de Walt Disney Imagineering, Asa Kalama qui a partagé l’expérience du parc Star Wars.

Deux autres conférenciers au cours de la conférence ont porté respectivement sur les derniers développements pour les clients des secteurs de l’architecture, de l’ingénierie et de la construction (AEC), et de la conception et de la fabrication : Nicolas Mangon, Vice-Président Building Strategy Marketing et Jim Lynch, General Manager Autodesk Construction Cloud. Ces sessions à grande échelle ont présenté la technologie propres à chaque secteur, et ont également fourni une analyse approfondie de la manière dont ces domaines convergent pour permettre une meilleure innovation intersectorielle.

Découvrez et revivez ces sessions passionnantes en différé en cliquant ici.

Et découvrez aussi le keynote AEC de Nicolas Mangon, en cliquant ici.

Exploit, le Hors-Site prend de la hauteur avec le Marriott AC NoMAD, le plus haut hôtel modulaire du monde conçu en BIM !

A lire sur International Offsite Magazine, la success story du AC Marriott NoMAD hôtel conçu en BIM avec Revit !

Il est des exploits qu’on se doit de saluer. Le plus haut hôtel en modulaire de la chaîne Marriott est en cours de construction sur la 6ème avenue à New-York. Avec plus de 168 chambres sur 26 étages et un rooftop demandé par la ville, conçu par l’Agence Américaine Danny Forster & Architecture, il est construit par le contractant général Skystone LLC qui le livrera clé en mains à son propriétaire.

© Danny Forster & Architecture 2019

Une tour modulaire ne doit pas nécessairement ressembler à des boîtes empilées ou à des dortoirs flottants dans le ciel. Il est cependant évident que les grands hôtels exigent une symétrie répétitive et une efficacité opérationnelle, et du coup, la construction modulaire qui est réputée être rentable avec une qualité contrôlée répond parfaitement à ces attentes. Dans la conception de cet hôtel AC de Marriott de Manhattan, une qualité irréprochable associe une expression architecturale inventive à une stratégie de balcon sophistiquée qui élimine l’opprobre de la double largeur préfabriquée et économique.

Le plan d’étage à la fois angulaire mais hyper-symétrique de DF & A tire parti de l’efficacité obtenue par la construction en usine des modules. La conception permet toujours des variantes – chambres King, Queen, compatibles ADA et communicantes – mais avec des largeurs de baie cohérentes et des détails prototypiques permettant de réaliser des économies de coûts importantes. Et avec une façade originale qui capte l’attention.

Ce projet a été réalisé avec Skystone LLC, Epstein, Mandy Li & DMD Modular.

En savoir plus sur le site de l’agence Danny Forster & Architecture ici.

© Danny Forster & Architecture 2019

Les modules de chambres pré-équipées et décorées, ainsi que le bar rooftop et la toiture sont préfabriqués en hors site et seront ensuite montés sur place sur un ancien terrain sur lequel sera démoli un ancien bâtiment des années 80.

Voulu par le maître d’ouvrage qui envisageait de passer au modulaire depuis des années pour des raisons évidentes de coût, de maîtrise du temps et de la qualité, ce projet de 70 millions de dollars a un ratio de coût de 65% sur la partie classique pour 35% pour la partie modulaire. Intégrant 4 étages en béton, ainsi qu’un noyau de circulation en béton, il est conçu en BIM avec Autodesk Revit.

Skystone LLC est un contractant général qui livre ses bâtiments clé en mains, et qui peut construire ce type d’édifices en modulaire un peu partout dans le monde. Ils gèrent à ce titre toutes les inspections, validations et contrôles en cours de chantiers.

Bénéficiant d’années d’expérience dans la production de modules à l’instar de certains fabricants de produits industriels comme les automobiles, Skystone envoit ses modules en fabrication en usine, leur permettant d’en maîtriser la qualité au plus près. Ils ont pour cela mis en place un processus de sélection, contrôle, validation et suivi de leur chaîne d’approvisionnement et sous-traitants afin de garantir une qualité extrème.

La partie la plus délicate de leurs modules est leur structure, fabriquée par STP Elbud qui utilise des robots pour maximiser les soudures des éléments structurels, avec une tolérance maximale de 3mm en X, Y et Z. La finition des façades étant réalisée par Aluprof, des leaders de la fabrication de façades métalliques pour les IGH.

Les modules produits par DMD dans un seul hangar en Pologne seront acheminés depuis les port de Gdansk jusqu’à New-York. Pendant le transport, ils seront équipés de GPS et inspectés afin de contrôler leurs éventuelles déformations durant ce long voyage.

Ce futur hôtel de Marriott sera enfin le moyen de prouver qu’un immeuble de grande hauteur conçu en BIM et en modulaire peut être construit aisément et tout de suite.

Découvrez l’article complet sur la revue International Offiste ci-dessous.

© Offsite Magazine 2019

Amis du hors site, prenez de la hauteur et passez au BIM !