Interview BIM Managers – Episode #19 Pervenche d’Audiffret Manager BIM chez AREP

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Architecte et Manager BIM

Société AREP

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Nous avons aujourd’hui le plaisir de recevoir une BIM Manager au parcours intéressant et actuellement en poste dans l’agence d’architecture filiale de la SNCF : AREP.

Pervenche d’Audiffret, architecte, bien connue dans le milieu du BIM, nous parlera à la fois de son riche parcours dans le domaine de l’aérien et de son implication actuelle dans le monde du ferroviaire et des infrastructures. C’est aussi un regard croisé intéressant d’une architecte qui aime profondément son métier et l’architecture, avec l’évolution des technologies et la redéfinition des rôles et périmètres que cela entraîne. Bonne lecture !

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Bonjour Pervenche, ravi de te recevoir sur ABCD Blog. Nous sommes certains tout d’abord que nos lecteurs aimeraient en savoir un peu plus sur ton parcours. Tu es architecte n’est-ce pas ? A quel âge cette passion est-elle arrivée et pourquoi ?

Je suis effectivement architecte. Ce n’était pas prévu. Je devais intégrer une école de commerce, après avoir passé une partie de l’été à passer les entretiens. J’hésitais alors entre Paris et la province pour poursuivre mes études. C’est à ce moment-là, que j’ai reçu une réponse positive d’une des écoles d’architecture où j’avais déposé des dossiers sans trop y croire. Je n’ai pas hésité, et j’ai laissé tomber l’école de commerce pour l’école d’architecture !

 

Où as-tu fait tes études et pratiquais-tu déjà sur les nouvelles technologies ?

J’ai fait mes études à l’école nationale supérieure d’architecture de Versailles.
Je suis rapidement passée du Rotring à AutoCAD que j’ai surtout appris en pratiquant. Nous n’avions pas vraiment le temps d’apprendre pendant les rares cours d’informatique, et devions nous débrouiller. Alors je me suis mise à explorer AutoCAD et la 3D pour générer mes coupes automatiquement. A la fin de mes études, je me suis penché sur Rhinoceros 3D et Flamingo qui ont servi aux images de rendu de mon diplôme.
Mais je me souviens avoir commencé, alors, à entendre parler d’ArchiCAD et d’avoir été très intriguée…

 

Avant d’être BIM Manager, tu es architecte. Est-ce que l’une des passions a pris le dessus sur l’autre ? Comment arrives-tu à ménager les deux ?

J’ai eu la chance de travailler avec des architectes très talentueux pour lesquels j’ai toujours eu beaucoup d’admiration. En devenant BIM manager, j’ai décidé de me mettre au service de ces architectes de talent et de leur architecture. Je combine ainsi mon amour pour l’architecture et la rigueur du BIM.

 

Tu as une splendide expérience, notamment dans le domaine aéroportuaire. Peux-tu nous en parler et nous parler des projets sur lesquels tu as été impliquée ?

J’ai travaillé dix ans dans l’aéroportuaire, ça risque de prendre un peu de temps !
J’ai travaillé sur des projets passionnants avec des gens passionnés. Mon premier projet en tant qu’architecte a été l’aéroport de Benghazi en Libye. Un terminal de passagers de 80 000m², l’un de mes plus petits projets ! Il m’a conduite à passer plusieurs mois à l’étranger et à gérer beaucoup de sujets. Ensuite, nous avons travaillé sur de nombreux projets à l’international, Qatar, Bahreïn, Nigeria, Pakistan, RDC, Iran, Irak… Mais aussi sur des projets Français pour ADP. J’ai ainsi eu la chance de participer au projet de la jonction d’Orly sud / Orly Ouest avec de grands experts du BIM, avant de prendre le BIM management du Siège social d’ADP et de quelques autres projets à Orly et Roissy.

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Le PEM de Lorient – Etat projet – Perspective extérieure de la façade Sud-Est (fév. 2015)
Crédit
SNCF-AREP/ Illustrateur : LAcellule 3D, Olivier Jame
Mention conception
Architectes : Jean-Marie Duthilleul, François Bonnefille, Etienne Tricaud, Olivier Boissonnet

Justement, tu es passée de l’aéroportuaire au ferroviaire. Cela n’a pas été trop dur d’atterrir et de laisser les projets du domaine aérien ?

Si, je conserve une vraie passion pour les projets aéroportuaires. Mais le domaine des gares s’est avéré lui aussi passionnant, car à la fois complexe et très, voire davantage imbriqué dans l’espace public de la ville. De plus, la majorité des projets de gare, en France en tout cas, se situant dans des sites existant et exploités, la question de l’équilibre entre l’avenir que concrétise le projet et le passé est particulièrement sensible.
Mais je crois que ces deux domaines sont intimement liés. L’aéroport est une véritable ville et devient un pôle d’échange multimodal de grande importance. La mobilité y est un enjeu fort. Autant sur la plateforme elle-même que vers les villes. Dans de nombreuses villes du monde l’accès aux aéroports est un sujet sensible. Il faut relier ces plateformes aéroportuaires à la ville, et fluidifier les migrations.

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Axonométrie de la gare d'Auray (Janv. 2017)
Crédit
SNCF-AREP / Illustrateur : Air Studio
Mention conception
SNCF-AREP

Par ailleurs, bien qu’AREP soit une filiale de la SNCF, nous ne sommes pas monoprogramme gare, et nous développons de nombreux projets dans des domaines variés allant du logement au tertiaire en passant par d’autres sujets liés au transport. Ainsi, dans certains de nos projets aujourd’hui, nous intervenons dans les aéroports grâce à notre expertise dans le domaine de la mobilité, mais aussi grâce à nos compétences d’urbanistes et à nos recherches sur les usages menées par notre Design Lab.

 

Y-a-t-il une spécificité du travail en BIM pour chacun des secteurs ?

Ce sont des secteurs qui ne travaillent pas sur les mêmes échelles. Lorsque je suis passée de projets de plus de centaines de milliers de mètre-carrés sur des terrains nus à des projets de milliers ou dizaine de milliers de mètres-carrés en centre-ville, j’ai vite compris que les problématiques n’étaient pas les mêmes. Les interfaces, les interlocuteurs, les objectifs, les besoins ne sont pas les mêmes. Ils ne se servent pas du BIM pour la même chose. Le BIM permet un travail très fin pour les opérations dans les espaces très contraints des centres-villes. Mais dans les deux cas, le BIM constitue une opportunité pour faire du management de projet de qualité et apporter la coordination et la communication nécessaires à des projets de qualité.

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Station "Bruxelles Métro Nord" pour l'extension du métro vers le nord de Bruxelles – Station Verboeckhoven (Avril 2016)
Crédit
AREP / Illustrateur : INUI
Mention conception
AREP-BMN

 

Quand as-tu vraiment commencé à travailler en BIM et sur quel projet ?

Avant de travailler en BIM, j’ai travaillé sur quelques projets en Revit. Ça nous a permis de faire toutes les erreurs possibles, et nécessaires à notre maîtrise des outils et des processus !
Le premier vrai projet en BIM a été le projet de la Jonction Orly Sud / Orly Ouest, début 2013. Tous les lots ont joué le jeu, structure, CVC, CFO, CFa, SSI, Electromécanique, Signalétique, design… et nous avons pu aller jusqu’à faire la présynthèse en BIM. Ça a été un projet très intense, mais qui nous a permis de faire de grands pas en avant.

 

Quel logiciel BIM a changé ta vie et celle des utilisateurs selon toi ?

Pour beaucoup d’utilisateur, dont je fais partie, je dirais Revit.
Passer d’AutoCAD à Revit, c’est changer sa façon de faire, mais aussi de penser et de concevoir. C’est repartir à zéro et tout réapprendre. Difficile ! Mais tellement gratifiant. Je serais incapable de revenir à la 2D. Même pour mes projets personnels, je travaille sous Revit. Ça m’oblige à bien penser mes systèmes constructifs et mes détails avant de me lancer dans la modélisation. Revit a ramené le papier et le crayon dans mes projets !

Une étape de ton parcours a été le Mastère BIM de l’ESTP/ENPC quasiment à sa naissance. Peux-tu nous raconter cette belle aventure humaine ? Et ce que tu en retires en positif et en négatif ?

C’était une année très difficile et en même temps assez dingue. Nous avons, les 72 mastériens, soufferts ensemble mais beaucoup appris. La grande variété des profils m’a permis d’aborder les questions sous de nouvelles perspectives et élargir ma vision des choses. J’ai pu confirmer des intuitions que j’avais, et abandonner de fausses certitudes.
Je garde de ce mastère spécialisé, une belle culture générale, des amitiés fortes et des relations professionnelles qui m’ont permis de monter des projets transverses très intéressants. Ça a été l’occasion d’une prise de recul sur nos pratiques et de prendre le temps de réfléchir grâce à la thèse professionnelle.
L’enseignement aurait sans doute pu être plus innovant, en évitant le traditionnel cours magistral et en reliant les différentes thématiques aux ateliers. Ça aurait permis d’enrichir les uns des autres. Mais le mastère est encore jeune, on ne pouvait exiger la perfection si tôt.

 

Quand as-tu su que tu voulais être BIM Manager ? Et pourquoi ?

Quand j’ai vu qu’il n’y avait plus de langage commun ni de règle du jeu commune, et que j’ai commencé à en souffrir dans mon travail. J’ai vu de magnifiques projets d’architecture se perdre à cause du manque de coordination.
De plus être entouré d’architectes talentueux donne envie de porter leurs projets en facilitant les interactions. Rien n’est plus gratifiant que d’être un facilitateur dans un projet, et de travailler dans l’ombre pour que le projet soit dans la lumière.

 

Diriges-tu une Equipe ? Qu’est-ce qui est le plus difficile selon toi, mais aussi le plus passionnant ?

Je travaille avec une équipe, oui. Le plus difficile est de trouver la juste place pour que chacun se sente bien et puisse évoluer comme il le désire. Mais aussi de trouver du temps à accorder à chacun lorsqu’il y a un besoin.
J’ai la chance de travailler au sein d’une équipe vraiment sympa, volontaire, disponible et autonome. Nous avons souvent des débats passionnants car la multiplicité des profils, cultures, pensées nous ouvre des chemins auxquels nous n’aurions pas pensé. De plus nous avons au sein d’AREP, les conditions idéales pour explorer et expérimenter nos idées. Une équipe de rêve !

 

Il y a de nombreux types de postes de BIM Managers. Que fais-tu dans ton quotidien ?

J’ai un profil plus social en opposition à des profils plus « geek ». Je travaille vraiment dans la gestion BIM des projets. Je m’assure de préparer tous les fichiers de travail en amont pour tous, de façon à ce que tous les intervenants aient le même niveau d’information et puissent démarrer sur de bonnes bases. Je m’assure que tout le monde communique bien les informations et oriente vers les priorités. J’accompagne de près le chef de projet, et fais évoluer les processus au fur et à mesure des besoins. Et comme tous les BIM managers je fais des audits, des détections de clashes, des revues de projets, des familles, de l’assistance…

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Perspective de la gare de Jinan East railway station (nov. 2017)
Crédit
AREP
Mention conception
AREP – China Railway Design Corporation

Je pose souvent la question mais est-ce selon toi plus difficile d’être une Femme BIM Manager ?

Ahah ! C’est ton coté féministe !
Je ne me considère pas féministe, mais il faut reconnaître qu’être une femme dans certains secteurs demande des efforts pour faire oublier qu’on est une et permettre de stabiliser les relations. De façon générale, on doit justifier par nos compétences d’être là où on est. C’est parfois épuisant, mais ce n’est pas plus difficile en tant que BIM manager. Le sexisme ordinaire existe comme partout ailleurs, et quel que soit le sexe. En même temps, le milieu de l’architecture et des bureaux d’études s’est bien féminisé ces dernières années.
Parfois, ça a été un atout d’être une femme, parfois un handicap. Cela dépend des équipes. L’avantage du BIM est qu’il porte un esprit collectif, où le projet est la priorité, gommant peu à peu les ambitions personnelles, et créant une dynamique de groupe. Je dois reconnaître aussi que je suis tombée sur des équipes sympas, et qui de surcroît, avaient besoin de moi, alors ça aide !

 

Quelles sont tes plus belles expériences BIM et tes plus mauvais souvenirs et sur quels projets ?

Mon pire souvenir était un projet sur lequel nous avions un « pro du BIM », qui avait bien fait illusion… J’ai passé plusieurs soirées à reprendre toutes les maquettes, et rattraper toutes ses erreurs. Il a fallu que j’assure les deux rôles, j’y ai passé une énergie et un temps fou ! J’ai été assez vexée d’être tombée dans le panneau alors que je commençais à bien connaître le BIM.
A contrario, je garde un excellent souvenir d’un projet de Hangar au Bourget. C’était un projet fluide, où tout le monde a joué collectif. Il y avait un super esprit, même pendant les périodes un peu délicates. Chacun savait ce qu’il avait à faire et le faisait. Pas besoin de relancer, de rappeler. Pour le moindre problème nous négociions des solutions ensemble. Une belle réussite !

 

Quels sont les projets les plus emblématiques et beaux sur lesquels tu aies travaillé ?

L’un des projets les plus emblématiques sur lequel j’ai travaillé est le projet de terminal passager de l’aéroport Al Maktoum à Jebel Ali. Ça n’a pas duré très longtemps, car à peine tous les fichiers préparés avec l’équipe de BIM management, le projet a été suspendu. Mais c’était un projet incroyable avec près de 1 300 000 m² à modéliser. Les architectes avaient dessiné un projet pharaonique. Les maquettes se comptaient en centaines.
Je garde aussi un souvenir particulier du siège social d’ADP. Quelle émotion lorsque je suis montée sur la terrasse en toiture que nous avons mis tant de temps à caler avec les contraintes de visibilité, d’accessibilité et de sûreté !

 

L’openBIM et le standard IFC est-il très important dans ton quotidien ?

Oui, c’est capital pour respecter les règles d’appels d’offres dans les marchés publics. Un important travail a été mené par la Direction Méthodes et Innovation d’AREP, dont je fais partie, pour bâtir nos DCE dans un esprit openBIM, et ne laisser aucune bonne volonté sur le bord de la route.

 

Sur quels types de projets travailles-tu au quotidien chez AREP ?

Principalement sur des projets de gares ferroviaires mais pas que. La SNCF nous confie également des projets de technicentre destinés à la maintenance des rames, qui sont systématiquement étudiés en BIM. Nous avons aussi des projets tertiaires, des projets d’urbanismes et des projets… aéroportuaires !

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Aéroport de Nice Côte d’Azur, projet d'extension du terminal T2 (Nice, Alpes Maritimes) – perspective d'étude, phase
PC – AVP (déc. 2014)
Crédit
AREP / Illus.Nicolas Donnot
Mention conception
AREP – Agence Duthilleul – Setec et Paul ANDREU (mandataire du groupement)

Quel est le pourcentage de projets traités en BIM et quels process spécifiques avez-vous développé pour y arriver ?

Nous avons environ 50 projets en BIM en cours.
Nous avons bâti toute une méthodologie et des processus pour assurer la réussite de nos projets qui sont rassemblés dans une « BIM ToolBox ». Nous avons voulu cette Toolbox disponible de façon numérique, mais aussi physique. Rappelant à travers cette boite rouge et noire l’existence même de tout ce corpus documentaire et méthodologique.
Nous avons aussi développé des outils spécifiques pour automatiser certains processus.

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Quels outils principaux utilises-tu au quotidien ?

Parmi la myriade d’outils dont nous disposons, j’utilise principalement Revit, Dynamo, Navisworks, Kroqi, Power Bi, Enscape et les outils développés en interne chez AREP.

 

Travailles-tu sur des projets internationaux ?

AREP est présent dans de nombreuses régions du monde, nous avons donc de nombreux projets à l’international. Les stations de métro de la ligne verte de Doha, la gare de l’exposition universelle de Dubaï, mais aussi plus près de nous la gare de Lausanne sont des exemples de projets que nous traitons en BIM.

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Projet Olympic Sports Tower d'Hangzhou (Chine) – Tour des Sports depuis le parc (juin 2011)
Crédit
AREP
Mention conception
AREP – HZDI (institut de Hangzhou)

Qui sont vos clients principaux ? La Maitrise d’ouvrage est-elle selon toi moteur pour l’adoption du BIM ?

Notre principal client est la SNCF. Avec la signature de la charte 2022 et la parution de son livre blanc, la SNCF montre une volonté forte de passer tous ses projets en BIM. C’est en effet un moteur pour l’adoption du BIM mais aussi pour la réussite des projets en BIM. Une maîtrise d’ouvrage bien informée, va se lancer plus facilement et définir des objectifs plus précis et réalistes.

 

Vous avez aussi plusieurs projets du Grand Paris ? Sont-ils tous en BIM et es-tu émue de participer à la construction du Grand Paris du futur ?

Nous travaillons en effet sur plusieurs gares de la SGP notamment en interconnexion avec le réseau existant, et également sur les deux gares souterraines d’EOLE à l’Ouest (CNIT et Porte Maillot). Ce sont des projets qui sont menés en BIM de façon très rigoureuse pour respecter les cahiers des charges de la Société du Grand Paris. Ce sont des projets qui se passent très bien, dans la mesure où les demandes sont claires et précises.
Ça fait effectivement quelque chose d’apporter sa pierre à un projet si ambitieux !

 

Comment se différencient les projets BIM bâtiment et BIM Infrastructure chez vous ?

Les projets bâtiments et infrastructure sont traités par deux entités distinctes. Nous sommes en charges des bâtiments, et nous travaillons en étroite collaboration avec SNCF réseau qui est en charge des infrastructures dans la majorité de nos projets. Nous partageons les informations, ou données qui peuvent nous être utiles à tous.

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Gare de Lyon Part-Dieu – Réaménagement, entrée Béraudier (Oct. 2016)
Crédit
SNCF-AREP / Illustrateur : INUI
Mention conception
Architectes : F. Bonnefille, E. Tricaud

 

Intégrez-vous dès le démarrage d’un projet la démarche gestion et maintenance ? Si oui, comment cela influence-t-il la conception ?

Nous commençons à intégrer cette démarche dans de nombreux projets, et les maîtrises d’ouvrage y voient des gains importants. C’est indispensable pour nous d’avoir connaissance de cette volonté au plus tôt dans le projet, car nous n’allons pas concentrer nos efforts sur les mêmes sujets s’il s’agit d’une maquette pour faire de la communication, ou pour exploiter le bâtiment. De même, de nombreuses informations doivent être intégrées à la maquette et il est plus efficace et moins laborieux de faire ce travail de collecte au fur et à mesure du projet. Enfin, nous avons créé des familles spécifiques épurées géométriquement, mais très riches en information que nous pouvons substituer automatiquement de façon à obtenir une maquette pour la gestion, l’exploitation et la maintenance du bâtiment.

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Gare de Lyon Part-Dieu – Réaménagement, vue de l'entrée Béraudier (Oct. 2016)
Crédit
SNCF-AREP / Illustrateur : INUI
Mention conception
Architectes : F. Bonnefille, E. Tricaud

 

Avez-vous par exemple des solutions GMAO de prédilection ?

Ah, c’est une question qui revient beaucoup ! Désolée de te décevoir, mais nous n’avons pas de solution de prédilection, car tout dépend des processus d’exploitation et de maintenance de nos clients. Ce n’est pas à l’outil d’imposer une façon de faire, mais à l’utilisateur de choisir ce qui convient le mieux à ses processus. Certains de nos clients font développer leur propre système de GMAO pour correspondre à leurs besoins spécifiques. Mais pour avoir travaillé avec beaucoup de solutions, les fournisseurs sont toujours très preneurs de retours d’expériences et de critiques pour améliorer leurs outils.

 

Echanges-tu beaucoup et régulièrement avec les BIM Managers en France ? Et comment t’informes-tu au quotidien de l’évolution des technologies ?

Nous nous rencontrons souvent avec les BIM managers des autres entreprises, et il y a beaucoup d’entraide dans ce réseau. Les technologies évoluent si vite, nous ne sommes pas trop nombreux pour tout tester et analyser. J’ai plusieurs canaux pour m’informer. AREP est très sollicité et nous répondons souvent favorablement à ceux désireux de nous présenter leurs innovations. J’ai des alertes sur les évolutions et nouveauté technologiques dans différents sujets. Enfin, les évènements comme le PRUG ou les rencontres BIM permettent de se tenir informés et de recueillir des retours d’expériences et des avis.

 

Que penses-tu de l’état du BIM en France et que penses-tu qu’il faudrait faire pour que cela avance plus vite ?

La France compte dans ses rangs des grands spécialistes du BIM, des entrepreneurs de génie, et une créativité sans pareil, faisant d’elle un haut potentiel en BIM. Mais nous souffrons malheureusement des vieilles traditions du domaine de l’AEC. Il faut laisser le temps à chacun de s’emparer du BIM mais il faudrait adapter les règlementations pour permettre d’encourager la dynamique.

 

Comment te vois évoluer professionnellement d’ici quelques années ?

J’aime ce que je fais ! Sachant que j’ai été nommée responsable du Studio méthodes d’AREP il y a moins d’un an, j’ai encore pas mal de choses à développer avant de penser à évoluer à nouveau.

 

Connais-tu ABCD Blog et comment penses-tu que le blog pourrait évoluer ?

Bien sûr que je connais ABCD Blog, j’y ai lu de nombreux articles et interviews. Les informations disponibles sont très intéressantes. Une suggestion cependant : il lui faudrait une vraie identité graphique…

Chère Pervenche, nous te remercions vivement pour cette belle interview et te souhaitons de poursuivre tes nombreux succès professionnels.

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