Les freins à l’adoption du BIM dans le secteur de la construction sur Geospatial World

image

© Geospatial World 2018

Un article intéressant de Paul Shimonti sur Geospatial World sur l’adoption du BIM dans la Construction.
Le secteur de la construction se digitalise rapidement, et le BIM en est l’un des éléments moteurs. Le BIM permet une utilisation plus intelligente des ressources et l'optimisation des flux de travail, ce qui conduit à plus de productivité et une meilleure rentabilité. Les avantages que le BIM apporte au secteur de la construction sont quasiment illimités, mais malgré cela, l'adoption ne se fait pas au rythme souhaité.
L'adoption du BIM est une tendance en forte croissance car de plus en plus de décideurs ont saisi qu’en prototypant virtuellement leurs bâtiments à construire, ils pouvaient en revoir la conception plus facilement et plus rapidement, mieux maîtriser la phase de construction et, le cas échéant, évaluer des alternatives en termes de coût ainsi que d'autres paramètres. Cependant, quelques défis limitent son développement et on pourrait se demander pourquoi, après tant de bruit, le BIM ne devient pas l'ingrédient nécessaire pour tous les projets de construction. Quelques défis agissent cependant comme des barrières.

Alors, qu'est-ce qui limite l'adoption?
Les cinq principaux facteurs qui affectent principalement l'adoption du BIM dans la construction comprennent : la difficulté à changer les habitudes des personnes, la pertinence limitée de ce processus pour certains, les problèmes d'interopérabilité, les budgets limités et le manque de respect des normes d'exploitation.

Barriers to BIM adoption
Obstacles à l'adoption du BIM dans la construction - © Geospatial World 2018

Résistance aux changements d'habitudes
Nous sommes tous conscients du dicton: "les vieilles habitudes ont la vie dure". Cela est également vrai en cas d'adoption du BIM. L'intégration du BIM dans le processus de construction exige que les personnes impliquées se familiarisent avec les nouvelles technologies et soient formées à celles-ci afin qu'elles puissent les utiliser efficacement. Cela nécessite des efforts supplémentaires et aussi de sortir de sa zone de confort, et on est donc confronté à la résistance. La plupart des personnes impliquées dans le secteur de la construction ont atteint un certain âge ou elles manquent d'enthousiasme pour adopter de nouvelles méthodes, même si elles semblent prometteuses. Cette résistance au changement des vieilles habitudes limite l'adoption du BIM dans la construction.

Des budgets limités
Ce problème affecte particulièrement les petites et moyennes organisations (PME). L'adoption du BIM implique des coûts élevés de formation et de frais de mise en œuvre, comprenant le coût de l'embauche d'experts, de la formation de la main-d'œuvre existante et de l'investissement dans de nouvelles technologies. Les PME n'ont souvent pas assez de budget pour faire face à ces dépenses supplémentaires. Les considérations de coûts prennent souvent le dessus et les organisations préfèrent suivre des méthodes traditionnelles car les coûts associés sont connus et facilement gérés. Les organisations échouent souvent à réaliser les économies à long terme que l'adoption du BIM dans la construction amène et limitent du coup leur vision à des comparaisons à court terme des coûts et des avantages.

Éviter les standards et normes
Selon Mark Bew, président du groupe de travail BIM du Gouvernement britannique: «Les normes jouent un rôle important pour assurer une plus large adoption des technologies, des processus et de la collaboration BIM en garantissant l'accès aux mêmes données précises tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Les standards assurent une continuité pour le projet et permettent de fournir au maître d'ouvrage le format souhaité. Ils ont également un impact important sur la productivité et garantissent que la mise en œuvre globale du BIM est durable et cohérente. Cependant, certains coordonnateurs de projet ou propriétaires ne parviennent pas à établir et appliquer ces normes avec diligence, et parfois même se référer à leurs propres normes, ce qui crée des complications et des erreurs.

 

Problèmes d'interopérabilité
Le groupe de travail interopérabilité AFUL définit l'interopérabilité comme suit : «l'interopérabilité est une caractéristique d'un produit ou d'un système, dont les interfaces sont parfaitement comprises, et qui permettent de fonctionner avec d'autres produits ou systèmes, actuels ou futurs, sans aucune restriction». L’Interopérabilité logicielle offre aux clients la liberté de passer d'un produit à un autre tout en conservant les données intactes après le transfert. Puisque la construction engage de nombreux intervenants, il est nécessaire que les données du projet soient représentées sous une forme interprétable commune, de sorte qu’elles puisse être échangées avec précision entre différents systèmes et plateformes informatiques. Cependant, le BIM souffre de problèmes d'interopérabilité, ce qui limite son adoption dans le secteur du BTP. Certains logiciels ont été développés à l'origine pour fonctionner en tant qu'applications autonomes et ne sont généralement pas conçus pour partager des données avec d'autres programmes. Différents outils auraient normalement leurs structures de données propriétaires et ne fourniraient souvent pas les moyens de relier leur base de données à travers une norme, ce qui crée le plus grand défi à l'interopérabilité. Ces problèmes doivent être résolus pour faire du BIM un choix privilégié parmi les intervenants du secteur de la construction.

Pertinence limitée
Un facteur important qui limite la croissance de l'adoption du BIM dans la construction est son incapacité à créer de la valeur dans l'esprit des petites et moyennes organisations. La plupart d'entre elles pensent que ce n'est pas pertinent. 71% des petites entreprises estiment que le BIM n'est tout simplement pas applicable ou approprié à la nature de leur charge de travail type. Ils ont l'impression que leurs projets ne sont pas assez complexes pour nécessiter le BIM.
Les entreprises de construction peuvent être confiantes que même sans avoir adopté le BIM, elles se sentent à l’aise, mais bientôt cette bulle éclatera. Le BIM permet des économies, augmente la rapidité de livraison et la rentabilité d’un bâtiment. Les expériences de ceux qui ont adopté le BIM confirment que le changement en vaut vraiment la peine et ceux qui résisteront au changement seront laissés pour compte. Tiré de l’anglais ici.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *